lundi 07 juillet 2008
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Régions : MOSTAGANEM
Il était une fois à Sidi-Lakhdar le maître et l’élève...


Emouvante évocation d’un certain Miloud Mérouani de la commune de Sidi Lakhdar sur les ondes de Radio Mostaganem ces derniers jours. Ce dernier fera dès lors un poignant témoignage inhérent aux valeurs humaines, à la bravoure des hommes intègres et consciencieux en ce bas monde, à l’amour du prochain et aux vertus ô combien avérées de son instituteur, M. Gilbert Gavanez, au temps où l’Algérie était sous le joug d’une colonisation on ne peut mieux impitoyable, notamment dans nos contrées et bourgades les plus reculées.
Implacable paradoxe, se dirait-on, n’est-ce pas ? Cela voudrait peut-être dire aussi que les humbles gens épris d’amour et de bon sens au-delà des différences raciales, religieuses ou ethniques, n’avaient rien à voir avec l’esprit de guerre et de violence qui n'ont eu de cesse de caractériser les farouches troupes armées de par le monde et leur détermination à piller, piétiner et exterminer tout ce qui leur est différent... Bref, cette véritable histoire d’amour remonte à bien loin en arrière. L’enfant comblé par son maître que fut Miloud, raconte avec forte émotion, des moments qui à jamais seront gravés dans la mémoire. Près d’un demi-siècle après, l’enfant des monts du Dahra optera pour de sacrées recherches à l’effet de revoir un beau jour l’exemplaire enseignant que fut à ses yeux, M. Gilbert Gavanez. Il s’en ira alors fouiller dans les vieilles archives de son école, dans l’intime espoir de tomber comme par enchantement sur de possibles traces de son ancien «intruizou». C’est ce qui fut fait avec succès. Il finira plus tard par atteindre son «cheïkh» par voie de communication téléphonique grâce au maire de Narbone. Ce dernier finira par lui transmettre les coordonnées de Gilbert qui à l’âge de plus de 80 ans, souffre de rhumatismes aigus. Les retrouvailles inattendues entre le maître et son élève feront alors couler tant de larmes des uns et des autres... Miloud se souvient encore lorsque M. Gavanez considérait tous ses élèves sur un pied d’égalité, entre Arabes et Européens. «Il était juste, dit-il, au point où il lui arrivait souvent d’affectionner plutôt les petits indigènes au détriment de leurs camarades français...» Et puis, le jour où M. Gavanez recevait le coup de fil providentiel de la part de son ancien élève de la vieille école de Lapasset, l’émotion devait être à son comble. Ce dernier, devant tant d’égards et de gratitude exprimés à son endroit, il balbutiera non sans peine à l’oreille de son élève : «Est-ce que je mérite vraiment toute cette attention ?». Les mots devaient se bousculer sur les lèvres de l’un et l’autre mais sans pour autant que l’on puisse être capable de l’exprimer. M. Gilbert n’a fait que du bien dans sa vie d’instituteur en s’occupant de Miloud et de ses pairs indigènes même en dehors de, la mission d’éducateur qu’il lui était dévolue. Tout ce bien, Miloud a su le lui rendre un beau jour...
Sid-Ahmed Hadjar

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