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Boutef’ aux jeunes : «Vous n’avez pas de pays de
rechange ! »
Effectivement, eux n’en ont pas
«Les portes de l’Algérie vous seront toujours grandes ouvertes !» Ainsi
s’adressait Abdekka aux terroristes le 5 Juillet. Ainsi s’adresse Abdekka aux
terroristes à chacun de ses discours. Il est le gardien des portes. Un gardien
jaloux de ses prérogatives, celles de toujours garder les portes ouvertes. Je ne
l’ai jamais entendu dire que ces portes pouvaient se fermer un jour au nez et à
la barbe des tangos. Il les a fermées à la face des démocrates extrémistes. Il
les a fermées à la gueule trop hurlante des journalistes. Il les a fermées à la
figure des familles victimes des tangos. Mais au minois des barbus, jamais. A
ceux-là, aux frères de la montagne, c’est opération «portes ouvertes 24/24».
D’où l’embarras des forces de sécurité face à cette manie du raïs de laisser les
portes ouvertes. Eh oui ! En termes de lutte antiterroriste, il y a un
sacro-saint principe. Lorsqu’on mène une opération de ratissage, on se doit de
fermer toutes les portes, afin d’empêcher les terroristes de s’enfuir par l’une
d’elles. C’est le principe de la nasse. Ce principe n’est valable, opérationnel
et efficace que s’il n’y a pas quelqu’un, quelque part, loin du théâtre des
combats qui prendrait un malin plaisir à ouvrir grand les portes. Après ça, t’as
beau avoir l’armée la plus aguerrie du monde, t’as beau recevoir les
félicitations d’une Condoleezza Rice en extase devant l’expérience algérienne en
matière d’éradication du fléau vert, si tu ne contrôles pas tes portes, c’est
râpé! T’aurais même tendance à passer pour un rigolo si, avec ton mégaphone, à
la tête de ta section tu cries aux barbus que tu penses avoir coincé dans un
cul-de-sac : «Rendez-vous ! Vous êtes cernés ! Toutes les issues sont fermées !
» L’émir et ses hommes vous riraient au nez et se taperaient les cuisses en
pensant que vous n’écoutez même pas votre président lorsqu’il prononce un
discours important. Le comble, c’est qu’ils auraient raison, les frères ! Je
fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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