mardi 08 juillet 2008
Accueil | Edition du jour
 
Actualités
Périscoop
Régions
Sports
Femme magazine
Chronique du jour
Pousse avec eux
Le HIC
Edition du jour
 
Vox populi
Société
 
 
Nos archives en HTML
 

Actualités : CRÉATION D’UN FONDS SOUVERAIN
L’Algérie reste prudente


Il est encore temps pour que l’Algérie crée son propre fonds souverain, se sont accordés à dire les experts dans le domaine de la finance qui ont animé la table ronde, organisée par le centre de presse du journal El Moudjahid. Cette question a été abordée au moment où le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, assiste à Tokyo (Japon), à la rencontre du G8 qui aborde, entre autres, ce sujet qui a fait irruption dans le débat économique et politique en Algérie ces derniers mois.

Lyès Menacer - Alger (Le Soir) - La position du ministre des Finances, Karim Djoudi, qui plaide pour le report de la création par l’Algérie d’un fonds souverain, a été qualifiée de «sage» par M. Djamel Djerad, président d’honneur de l’Ordre national des experts-comptables. L’orateur a salué la prudence du ministre des Finances qui s’est opposé à cette idée, suite aux récentes déclarations du ministre de l’Energie et des Mines, M. Chakib Khelil, qui a fait état de la création d’un fonds souverain par notre pays, dans une période de cinq années. «Nous devrions d’abord investir une partie de nos réserves de change dans la relance de notre économie. Il faudrait d’abord réhabiliter les outils de production au lieu de se risquer dans un marché international dont nous ne maîtrisons pas les mécanismes de fonctionnement. Et puis, qui serait responsable de ces fonds en cas de crise économique mondiale ? A qui doit-on confier leur gestion et comment ?», a-t-il expliqué. M. Djerad cite l’exemple de la Chine qui a perdu les 3 milliards de dollars qu’elle a placés sous forme d’actions suite à la crise financière qu’a connue Blackstone, une entreprise internationale. Cette multinationale a perdu, en fait et d’un seul coup, plus de 65 % de sa valeur dans le marché boursier. La crise des subprimes qui a ébranlé l’édifice économique américain en 2007 pousse à plus de prudence les experts algériens de la finance pour se prononcer en faveur de la création de fonds souverain. M. Boursi, conseiller auprès du P-dg de la Banque de développement local, abonde dans le même sens. «Il faut que nous puissions investir sur le marché local et adopter une réglementation positive qui faciliterait l’installation des entreprises étrangères en Algérie. Nous devrions diversifier notre économie, investir dans le tourisme et développer nos ressources humaines», a-t-il soutenu. «Il faut que notre philosophie et notre stratégie de développement soient définies pour se lancer dans une telle entreprise. Que l’Algérie ait pu rembourser la quasi-totalité de sa dette extérieure est une bonne chose, mais nous n’avons pas suffisamment de capacités pour gérer les fonds souverains», a recommandé M. Inal Meriem, professeur à l’Institut des sciences économiques d’Alger. Notons que l’Algérie s’est dotée d’un fonds de régulation des recettes pétrolières où sont placés actuellement 44 milliards de dollars. Les puissances économiques occidentales appellent à l’intervention du Fonds monétaire international (FMI) et l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour la réglementation de ce vaste marché des capitaux. Ce dernier a accumulé un capital financier de plus de 2 300 milliards de dollars, soit un taux de 1,3 % des actifs financiers qui sont actuellement en circulation sur le marché international. Il atteindrait à l’horizon 2015 un taux de 15%. Les intervenants n’ont pas manqué en fait de souligner la réticence de l’Occident quant aux placements financiers de certains pays dans plusieurs secteurs d’activité économique, considérés comme stratégiques pour la sécurité intérieure de ces Etats. Ces mesures protectionnistes extrêmes sont justifiées par ces Etats comme la France, les Etats- Unis d’Amérique et l’Allemagne, entre autres, par le fait qu’il n’existe pour le moment aucun contrôle sur l’origine de ces fonds et leur gestion par les entreprises où ils sont placés sous formes d’actions, d’obligations, etc. C’est l’idée que soutient le président de la Bourse d’Alger, M. Ferfera, qui estime que «la gestion des fonds souverains doit être transparente, loin des pressions politiques. C’est une raison pour laquelle les Etats doivent accorder plus d’autonomie aux banques centrales. Il faut aussi de la réciprocité dans les investissements», a-t-il enfin suggéré.
L. M.

Qu’est-ce qu’un fonds souverain ?
Les fonds souverains sont des fonds de placement financiers détenus par un Etat. Ils sont souvent investis sous forme d’actions, d’obligations, etc. Les fonds souverains d’un Etat sont constitués de ses avoirs en monnaies étrangères. Ils tirent leurs ressources des réserves des banques centrales, comme cela est le cas en Chine, des réserves pour les retraites, comme en Norvège, ou des fonds tirés de l’exploitation des matières premières. Les exportations pétrolières représentent deux tiers des montants gérés par ces fonds, selon le journal économique britannique The economist.
L. M.

Nombre de lectures : 508

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable

La copie partielle ou totale des articles est autorisée avec mention explicite de l'origine
« Le Soir d'Algérie » et l'adresse du site