Actualités : BOUTEFLIKA PARTICIPERA AU SOMMET DE L’UPM
La fin d’un faux suspense


Le président français serait-il devenu porte-parole de Bouteflika ? Tout porte à le croire, puisque ce dernier s’est gardé d’annoncer lui-même sa participation au sommet de l’Union pour la Méditerranée à Paris et a chargé Sarkozy de mettre un terme au faux suspense au sujet de sa participation.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Au terme d’un tête-à-tête qui n’a pas duré plus de trois quarts d’heure, c’est un Sarkozy triomphant qui a déclaré : «Le président Bouteflika m'a demandé de rendre publique sa réponse. Il sera présent à Paris pour le sommet de l'Union pour la Méditerranée.» De quels arguments a-t- il usé pour convaincre son homologue ? Sarkozy a été avare en détails mais Bouteflika a bien parlé de «pourparlers » et on sait d’ores et déjà que la photo de famille qui semblait poser problème à beaucoup de pays arabes ne sera pas prise. Bouteflika n’aura donc pas à poser aux côtés d’Olmert et du roi du Maroc. La France aurait également assuré que la question du choix de l’emplacement du siège de l’UPM n’était pas encore tranchée, pas plus que celle de la présidence qui semblait irriter Bouteflika mais certainement pas au point de décliner l’invitation, comme le laissaient penser les nombreuses déclarations des différents responsables algériens. Après le ballet diplomatique des ministres français puis du Premier ministre François Fillon, le président de la République s’était contenté d’un «chaque chose en son temps». Ce temps est finalement arrivé avec la tenue du Sommet du G8 qui a offert une opportunité à Bouteflika et Sarkozy de s’entretenir à ce sujet. Visiblement soulagé du oui de Bouteflika, le président français a expliqué : «C'est extrêmement important, d'abord parce que l'Algérie joue un rôle central, et le président Bouteflika lui-même a une expérience, une autorité qui font que sa présence autour de la table pour le sommet de l'Union pour la Méditerranée est un élément décisif pour son succès, et je l'en remercie. » Bouteflika, qui a gardé le silence à ce sujet, a également délégué Sarkozy pour dire qu’il se rendrait en France «dans le courant de l'année 2009» en réponse à la visite d’Etat qu’il avait effectuée en décembre. A quelle période Bouteflika effectuera-t-il ce déplacement ? En tant que candidat à sa propre succession ou fera-t-il une visite d’adieu à son «ami» Sarkozy ? Aucun détail n’a été livré par Sarkozy ou Bouteflika. Ce dernier s’est contenté de dire devant la presse qu’«il n'y avait pas de réticences, il n'y avait que des pourparlers ». Une déclaration qui s’inscrit en faux avec la position jusque-là adoptée par la diplomatie algérienne. Mourad Medelci, qui présidait le Forum des pays de la Méditerranée le 6 juin dernier, avait bel et bien parlé de réticences. Le ministre des Affaires étrangères est même allé jusqu’à déclarer que l’Algérie se posait des questions sur l’appellation de cette union. Il avait également indiqué que l’Algérie attendait des éclaircissements de la part de la France sur beaucoup de points. Le temps des réticences est visiblement révolu. Alger n’a pas l’intention de tourner le dos à l’UPM et sera au même titre que les 44 chefs d’Etat présente à Paris pour un sommet dont Sarkozy n’acceptera aucune défection. Pour l’heure, tous les invités ont dit oui à l'exception du Libyen Mouammar Kadhafi, qui n'y déléguera qu'un simple observateur. La Libye s’était sans ambiguïté opposée au projet français. Beaucoup d’observateurs prédisent néanmoins que tout comme le processus de Barcelone, l’UPM est vouée à l’échec pour des raisons évidentes liées au manque de coopération Sud- Sud, aux divergences de positions au sujet du Sahara occidental sans compter la question palestinienne. Autant de problèmes en suspens qui vont miner l’UPM, comme ils avaient auparavant freiné l’élan du processus de Barcelone.
N. I.



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