
Vox populi : NOTRE SÉLECTION
Arabe ou Kabyle ? !
C'est vraiment étonnant quand on voit ou on entend des Algériens
débattre d’un sujet portant sur leurs origines : Arabe ou Kabyle ? A
quoi ça sert d'être l'un ou l’autre, si l’on n’a pas encore saisi le
vrai sens de la citoyenneté, de l'amour de ce cher pays ?
Un étranger
servant le pays vaut mieux que mille Algériens ( A ou K ) ne connaissant
que «l'art» d'insulter les autres, de se détester, de se disputer pour
des choses futiles ou de détruire ou brûler une école ou un CEM dans une
manifestation pacifique... pardon : «pas civique» pour un club de
football ! A mon tour, je me demande : est-ce que les Français qui
occupaient presque le monde entier se sont posés la question : Gaulois
ou Français ? Est-ce que les Américains qui sont en train de dominer le
globe se demandent s'ils sont des Américains indigènes ou immigrés ?
Est-ce que les sionistes qui ont confisqué nos terres fertiles se sont
posés la question de savoir s’ils sont Juifs arabes ou Juifs russes ?
Je vous laisse la réponse.
Un lecteur
Je ne pardonne pas
Je ne pardonne ni aux Français colons qui ont détruit notre Algérie
et qui ont fait de nos pères des oubliés et de nous des orphelins. Ni
aux islamistes qui ont égorgé l'Algérie et l'ont entachée de sang et qui
ont fait de moi une personne triste et martyrisée. Ni aux gens qui
pensent que làbas, chez l'extrême droite, nous avons des amis qui nous
veulent du bien. Et puis je ne pardonne surtout pas aux gens qui pensent
qu'au sein de l'Algérie, nous vivons sous différents drapeaux ! Nous
sommes de Algériens, riches de leur histoire et de leurs cultures et
honorés par ses «hommes» autrefois, aujourd’hui et demain ! Vive l'Algerie,
vive Le Soir, la voix du peuple !
K. D.
Un Algérien berbéro-arabo-amazigh
En ces temps d'embouteillage, de «circulation» comme on dit chez
nous, je passe beaucoup de temps à écouter la radio. Il y a quelques
mois, j’ai constaté que la Chaîne II avait un programme particulier.
Diffusant en kabyle, elle multiplie les émissions religieuses, le matin
notamment. Ainsi, à 6h05, ne voilà-t-il pas ce brave «docteur» qui nous
assène son sermon. A 6h30, encore un autre «docteur» qui nous prodigue
des conseils pour l'éducation de nos enfants. Ceci me paraissait anodin
au départ, car, me disais-je, nous sommes dans un pays à majorité
musulmane. Mais comme je changeais de station à la recherche de
programmes intéressants, je ne tombais pas sur ce genre d'émissions.
Pourquoi alors ce deux poids deux mesures ? Tout ceci s'inscrit dans une
stratégie globale car la liberté religieuse jusque-là tolérée en Kabylie
dérange les prédicateurs de la haine. C'est ainsi qu'on assiste à une
chasse aux sorcières qui est sortie de la Kabylie pour toucher dans une
ferveur maccarthyste d'autres régions de l'Algérie et Habiba est un
exemple à méditer. Alors que les intégristes s'offrent des tribunes de
prestige comme Le New York Times et bénéficient d'un soutien en haut
lieu, les seules parcelles de tolérance qui restent sont grignotées de
jour en jour par les «frères vigilants» et «les thérapeutes de
l'esprit». «A quand le tremblement de terre ?»
P. S. : «Quelle fête formidable on peut faire quand plusieurs têtes
entrent dans le jeu... et quel paysage morose, aride, déprimant, quand
il n'y en a qu'une qui pense ou qui fait semblant de penser. Quand mille
voix bêlent à l'unisson la voix de leur maître, quel immense bêlement
bien sûr mais quel bâillement immense.» Mouloud Mammeri.
A. B. universitaire
Arrêtez votre cinéma, M. Djebari !
L’attitude de M. Djebari, président du Mouloudia d’Oran, aussi
pitoyable qu’irresponsable, est en train de mener ce club vers sa perte.
Ne voulant pas admettre que c’est sa gestion, et surtout sa gestion, qui
a causé la relégation du MCO. Après que ce dernier y ait échappé, la
preuve, de justesse l’année précédente, il cherche aujourd’hui toutes
sortes de prétextes et d’artifices pour contraindre les instances
concernées à maintenir ce club en division une. L’ego de ce «grand
dirigeant» en prendrait un sacré coup, paraît-il, si le MCO descendait,
pour la première fois de son existence, sous sa direction en division
deux. D’autres gestionnaires, plus compétents, il est vrai, dans le
football que dans l’import, ont mis à profit cette sanction sportive,
somme toute normale, pour redémarrer sur de nouvelles bases et revenir
plus fort. Les exemples de grands clubs comme l’ESS, le CRB et le MCA
n’ont-ils pas été édifiants, M. Djebari ! Certes deux grands clubs ont
faussé durant les dernières journées le championnat, mais est-ce en
passant son temps à menacer et à geindre que le MCO retrouvera son
lustre ? Non évidemment et vivement le retour de M. Elimam ! Il y a
d’autres moyens plus intelligents pour guérir notre football de tous ses
maux que ces attitudes datant de l’ère de la glaciation.
M. Benrebiai
666 : début de la conquête arabe ! ?
(Le 5 juillet 2008, le Soir d’Algérie,page 15) Le lecteur qui a
évoqué le jour de notre indépendance compare l’intervention arabe, sous
le titre de «conquête», à l’invasion des Romains et à la domination des
titres byzantins ! Pour moi, les Arabes, qui apportaient l’islam chez
nous, étaient les premiers martyrs de l’Algérie. C’est une honte de les
oublier. A mon avis, l’an 666 est notre fierté ! Nous étions sauvés,
nous en tant que Berbères, en embrassant la religion musulmane !
Pardonnez-moi j’aime l’Algérie ; j’aime mes ancêtres berbères mais je
suis enthousiaste à propos de mon honneur : l’islam.
Un musulman algérien
Mes cheveux faillirent s’échapper de ma tête !
Me rendant une fois chez un coiffeur avec un ami étranger, ce
dernier, discutant de l’Algérie durant la décennie noire (pardon la
tragédie oubliée), posa la question au coiffeur, homme d’une
cinquantaine d’années, aimant l’art, étant donné qu’il exposait dans son
commerce, des tableaux de jeunes artistes. La question de mon ami fut
simple : comment expliquez-vous cette période ? Le coiffeur-artiste
répondit : «Nous n’aurions pas dû arrêter les élections, les islamistes
avaient gagné, nous aurions dû les soutenir.» Mes cheveux sous les
ciseaux de son collègue faillirent s’échapper de ma tête, estomaqué,
troublé. Je répondis que si les islamistes avaient pris le pouvoir, les
toiles qui tapissaient son magasin, auraient été arrachées et lui
condamné probablement pour adoration des œuvres de Satan. Mais il
restait convaincu du contraire. Ainsi sont les Algériens, utopiques et
rêveurs, ne pensant pas plus loin que le bout de leurs cils, excusant
les criminels et leurs pires atrocités, parce que spoliés de leur droit
démocratique. Cette démocratie qui, si ma mémoire est bonne, était
considérée à l’époque comme une hérésie.
Habib
Six feet under
Sentant une overdose d'optimisme venir, moi et mes diplômes, nous
nous dépêchâmes de distribuer CV et lettres de motivation dans
différentes entreprises de Blida, nous récoltâmes l'habituel refrain de
téléopératrice : «On les prend mais y'a pas de postes disponibles pour
le moment.» Nous décidâmes finalement de refaire une visite chez
«docteur académie » en espérant un bon diagnostic genre «le concours
s'est bien passé mais renouvelez votre candidature» et oui «bon», parce
que ce concours est un mythe dont très peu de personnes connaissent la
date du déroulement. Quelques heures passèrent, accompagnées de quelques
neurones évaporés, je me souvins de mon diplôme de secourisme, le plus
apte à… me secourir moi même. Dans un pays où l'intellectuel est
toujours un danger imminent, je me vois beaucoup plus dans le tirage au
sort de la tombola US qu'en bas d'une liste de candidatures pour le
concours de l'enseignement.
La surfeuse superstar
Merci Monsieur de nous écouter parce qu'avec tout ce qu'on subit, même
un psy en aura marre !
Le peuple ennemi du peuple ?
Chaque jour, le peuple ne côtoie ni président, ni ministre ni… Quand
je sors le matin, si s'accrochent à mes jambes des sachets en plastique
vides, c’est à mes voisins que je dois la saleté de la cité. Dans la
rue, si le paysage ressemble aux villes en construction après un
bombardement, c’est à mes concitoyens que je dois cette désolation. En
allant travailler, si je me casse la gueule sur un amas de gravier
datant de plusieurs années ou dans un trou, c’est à mes concitoyens élus
que je dois mes souffrances. A mon boulot, s’il y a des tire-au- flanc
et que ça ne marche pas, c’est à mes collègues et à mes semblables par
le corps et non pas par l’esprit que je dois cette désertion. Dans la
rue, jonchée de tessons de bouteilles, si nos enfants se blessent, c’est
à nos ivrognes que l’on doit cette incivilité. Si nos parcs sont
transformés en blockhaus, c’est à nos apprentis- maçons que nous devons
une telle catastrophe. Si nos enfants ne peuvent hausser sur les mâts du
monde les couleurs de notre peuple, c’est à l’obscurantisme et
l’ignorance que nous devons une telle privation. En rentrant le soir, si
je me fais agresser, c’est que personne ne veut faire la lumière sur nos
concitoyens qui ne trébuchent pas, ne tombent pas, ne voient pas, ne
souffrent pas, ne sont jamais là, ne se blessent jamais et continuent à
construire même si cela ne sert pas. Peut-être que les personnes que
nous ne côtoyons pas, qui ne nous voient pas et ne nous entendent pas,
devront changer une partie du peuple…
M. Naoun
Sauvez-moi des griffes de la Sarl X
Aujourd’hui, je n’arrive pas à dormir, je n’arrive pas à évacuer ma
tristesse et ma colère... Aujourd’hui la Sarl : «X» gérante privée, par
la grâce de je ne sais qui, du parking 1er- Novembre place des Martyrs,
a décidé de porter le droit mensuel au stationnement de 2200 DA à 3 000
DA (soit une augmentation de 800 DA). L’année dernière, elle l’a déjà
augmenté de 1 500 DA à 2 200 DA. En voulant avoir un éclaircissement,
j’ai eu comme réplique : «Si t’es pas content, prends ta petite caisse
et casse-toi». En disant que j’allais me plaindre, on m’achève avec :
«Si tu peux faire quelque chose, alors chiche faisle ; wilaya ou
journaliste on s’en tape». La Sarl X… veut grossir, veut grossir vite,
en déplumant les petites gens… Pour ma petite personne, il fait noir
c’est la nuit…, je meurs…, les fins de mois sont déchirantes… Qui
sauvera le millier d’abonnés des griffes de la Sarl X… ? … Qui ?
Merci de m’avoir lu !
Farid Matouk
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