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Bizarre, tout de même ! Cela fait plus de deux semaines qu’aucun
Algérien n’a été chopé en possession de bibles.
Attention les mecs,
y a baisse de vigilance !
Bien sûr qu’il ne faut pas s’arc-bouter. Bien sûr qu’il faut tourner la page.
Bien sûr que les nouvelles générations n’ont rien à voir avec le passé. Bien sûr
qu’il faut regarder vers l’avenir. Bien sûr qu’on ne peut pas être plus
palestinien que le Palestinien Abbès qui rencontre régulièrement l’Israélien
Olmert, lui serre la main, négocie avec lui et pose à ses côtés pour les
photographes. Bien sûr tout ça et plus encore. Faut pas se tromper. Ce ne sont
pas les possibilités de nouvelles passerelles, de zones de contact qui sont
critiquées ici. Il y a fort longtemps que nous «militons» pour l’ouverture et
pour les espaces de cohabitation intelligente. Non ! C’est juste que pour ce
sommet de Paris, cette rencontre autour de l’UPM (anagramme de UMP?), j’ai plus
l’impression d’une convocation, d’un coup de sifflet qui bat le rappel des
troupes disciplinées plutôt que d’un forum entre nations souveraines. Bon Dieu !
Même si les réserves de brut ne sont pas éternelles, je note que le baril a
franchi le week-end dernier le seuil historique des 147 dollars sur le marché de
Londres. Je note aussi qu’il n’y a même plus assez de coffres ici même pour y
ranger nos réserves de change que nous devions les stocker dans les banques
étrangères. Je note également que le pays est devenu une formidable aubaine pour
les entreprises étrangères, un marché proprement fabuleux. Pourvu (eh oui !
parce qu’il y a un pourvu) que nous ne soyons pas dans la peau du petit émergent
qui se la rapplique dès qu’on le siffle. Pourvu que nous ayons juste conscience
de notre position. Partir à Paris, oui ! Sans problème. Mais sans permettre à
personne de me tirer l’oreille. Je ne supporte pas le tirage d’oreille. Je l’ai
sensible ! Partir à Paris, re-oui ! Mais pour y dire «voilà ce que je veux !»
«Voici mes conditions !» Ou alors, si avec tous ces atouts, nous ne débarquons
quand même pas à Paris en gonflant un petit chouïa des pectoraux, c’est qu’il y
a des choses qu’on ne nous dit pas, car peu avouables. Je fume du thé et je
reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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