Le Soudan a demandé à la Russie de défendre son président Omar El-Béchir qui risque d'être poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes au Darfour, a indiqué hier l'ambassadeur soudanais en Russie, Chol Deng Alak. «Nous avons demandé à la Russie en tant que membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU d'utiliser son influence, ses liens et ses contacts pour dissiper la menace qui pèse sur le Soudan», a dit l'ambassadeur, cité par l'agence russe Interfax. Luis Moreno-Ocampo, procureur de la CPI, a demandé lundi, à La Haye, aux juges de la Cour pénale internationale d'émettre un mandat d'arrêt contre M. Béchir, l'accusant d'avoir orchestré une campagne génocidaire au Darfour (ouest du Soudan). S'il était accordé, ce serait le premier mandat émis par la CPI contre un chef d'Etat en exercice. Cette initiative «est très dangereuse, car il s'agit de l'arrestation du président d'un Etat souverain qui n'avait pas signé le Statut de Rome (sur la CPI) et n'est pas membre de la CPI», a estimé Chol Deng Alak. «Cette demande (du procureur de la CPI) fait douter de la confiance que l'on peut avoir dans la justice internationale (...) A quoi bon s'en prendre à un pays qui avance vers la démocratie ?» a-t-il ajouté.
Nombre de lectures : 156
|