La Commission européenne a proposé hier de mettre en place «un instrument financier de réaction rapide à l'envol des prix des denrées alimentaires dans les pays en développement », doté d’un montant d’un milliard d’euros pour les années 2008 et 2009. Cette somme serait octroyée aux pays en développement qui en ont le plus besoin en fonction d'un ensemble de critères dont la dépendance aux importations de produits alimentaires, le taux d'inflation des prix alimentaires et la vulnérabilité sociale et fiscale. Il sera également tenu compte des autres financements reçus de la communauté internationale par le pays concerné ainsi que de la capacité de celui-ci d'augmenter sa production agricole. L'instrument financier permet, par ailleurs, la mise en œuvre de programmes au niveau régional, couvrant l'ensemble des pays en développement de la région en question. Les initiatives prises au niveau mondial pourraient également être financées lorsqu'elles sont mises en œuvre par l'intermédiaire d'une organisation régionale ou internationale. La priorité serait donnée à des mesures relatives à l'offre, à une amélioration de l'accès aux intrants agricoles comme les engrais et les semences, éventuellement par le crédit, et à un dispositif de sécurité visant à améliorer la capacité de production dans l'agriculture. La hausse des prix des denrées alimentaires en 2007 et 2008 a provoqué une aggravation de la pauvreté pour des centaines de millions de personnes et les avancées récentes vers l'accomplissement des Objectifs du millénaire pour le développement sont menacées, note l’exécutif européen. Cette hausse des prix a provoqué des troubles et des émeutes et engendré l'instabilité dans plusieurs pays, mettant en péril les progrès réalisés depuis des années grâce à des investissements sur le plan politique aussi bien qu'en matière de développement et de maintien de la paix. Toutefois, cette nouvelle situation pourrait également offrir une occasion d'inciter les agriculteurs des pays en développement à produire davantage. Elle génère de nouvelles possibilités de revenus qui permettraient aux communautés rurales de sortir de la pauvreté, en fournissant des incitations à l'investissement et à l'amélioration de la productivité, estime la commission européenne. Cette aide serait versée par l'intermédiaire d'organisations internationales, y compris régionales, selon la commission dont la proposition devrait être avalisée par le Parlement et le Conseil en novembre prochain. Elle transiterait par la FAO (programme d'aide d'urgence), le FIDA (pour le financement rural), l'Unicef (nutrition des enfants, filets de sécurité nutritionnelle), le PAM (aide alimentaire humanitaire, filets de sécurité transitoires), le CICR (aide alimentaire) et la Banque mondiale (gestion des risques fondés sur le marché, filets de sécurité).
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