samedi 19 juillet 2008
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Monde : KOFI ANNAN :
«Le Zimbabwe "fait honte à la plupart des Africains"»


La situation actuelle au Zimbabwe «fait honte à la plupart des Africains»», a estimé hier l'ancien secrétaire général des Nations-Unies Kofi Annan, tout en se disant optimiste sur la perspective d'une solution politique négociée à la crise.
Le prix Nobel de la paix 2001, qui se propose comme possible médiateur au Zimbabwe, comme il l'a fait en début d'année au Kenya, a imploré l'Occident de ne pas considérer toute l'Afrique à l'aune de la tragique crise zimbabwéenne. «Le Zimbabwe fait honte à la plupart des Africains, mais en même temps il ne faut pas juger tout le continent au regard de ce qui se passe dans ce pays», a-t-il déclaré au journal dominical britannique The Observer. «Le Mozambique s'est admirablement sorti d'une guerre civile. Vous avez le Botswana qui se comporte extrêmement bien, le Malawi qui fait de grandes avancées pour améliorer sa production alimentaire», a-t-il déclaré dans cet entretien paru hier sur le site du quotidien The Guardian, publication sœur de l'Observer. M. Annan a estimé qu'un accord entre le gouvernement et l'opposition au Zimbabwe était «faisable», même si les deux parties n'ont pas encore pu s'entendre sur un accord posant le cadre des négociations. A la question de savoir s'il pourrait lui-même aider à favoriser ces négociations, le diplomate ghanéen a répondu : «Bien sûr j'aiderai, parce ce que je suis un Africain». «Ils parlent d'envoyer des émissaires de l'ONU (...) J'ai parlé aux gens impliqués, et bien entendu j'offrirai mes conseils et services ». «Nous saluons le courage du peuple zimbabwéen», a ajouté M. Annan. «Ils ont participé en masse au premier tour de l'élection pour exprimer leur volonté et nous devons nous assurer que le gouvernement zimbabwéen comprenne que la volonté du peuple doit être respectée.» Le chef de l'opposition Morgan Tsvangirai avait largement devancé le chef de l'Etat Robert Mugabe au premier tour de l'élection présidentielle le 29 mars. Mais il s'était retiré de la course en raison des violences contre ses partisans. Mugabe, seul en lice au second tour le 27 juin, a logiquement emporté un sixième mandat, que l'opposition et l'Occident ont refusé de reconnaître.

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