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On a enfin le détail sur l’attentat qui a ciblé Abdekka à
Batna :
Il a échoué !
Le chef du gouvernement — à ne pas confondre avec le coordinateur à poils — a
réuni un conseil interministériel restreint «spécial sécurité». Face à lui, le
patron des policiers et le patron des gendarmes. Lors de cette rencontre
blindée, on a évoqué la question du terrorisme, et je suppose, la manière d’en
finir avec les tangos. C’est bien. C’est même très bien que l’on trouve enfin
aujourd’hui le temps de se réunir autour d’une question taboue, celle de la
lutte anti-intégriste. Ça nous change un peu des conseils ministériels élargis,
super élargis autour de la question des… élargis et de la longueur et de la
profondeur du tapis rouge à dérouler sous leurs sandales crasseuses. Ceci étant
dit, ce genre de conseils «spécial sécurité» a besoin d’un certain nombre de
clés pour être efficace. Première clé : retirer gentiment le trousseau de… clés
au bonhomme qui s’amuse de manière quasi sadique à ouvrir les portes des
cellules où croupissent les tangos. Deuxième clé : instruire les forces de
sécurité en opération qu’elles ne sont plus tenues de poser la question
préalable aux terroristes accrochés au maquis «souhaitez-vous vous rendre ? Vous
bénéficierez ainsi des lois sur la réconciliation ». Non ! Désormais, cette
question, les forces de sécurité pourront la poser après. Après avoir abattu les
tangos. S’ils répondent, c’est bien. Sinon, tant pis ! Troisième clé : si malgré
toutes ces précautions d’usage, malgré cette manière d’agir, il se trouve que
nos forces de sécurité procèdent à des arrestations, chopent des barbus vivants
(nul n’est infaillible !), veiller alors à sanctionner avec la plus grande
sévérité les membres des forces de sécurité qui se seront rendus coupables de
ces arrestations. Car à ce niveau-là de responsabilité, les fautes
professionnelles, telles que l’arrestation d’un tango vivant, sont intolérables.
Et puis, une clé supplémentaire, en rab, pour la route : supprimer le privilège
de la garde rapprochée accordé à Ali Benhadj. Il a grandi, il a poussé, il est
en âge de maturité, un âge où l’on peut marcher tout seul, sans protection
particulière. Ça lui permettra de mesurer ainsi le degré de «paix» atteint par
le pays. Finalement, à bien y regarder, y’avait même pas besoin d’un conseil
restreint, mais juste d’un trousseau de clés. De ces clés qui libéreront enfin
l’Algérie de la tentation criminelle de pactiser avec les tangos et l’islamisme.
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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