mercredi 23 juillet 2008
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Actualités : ALORS QU’ELLE A PRONONCÉ, EN 2008, 219 PEINES CAPITALES CONTRE DES TERRORISTES
La justice de Boumerdès face aux pilleurs de sable


«La lutte contre le pillage du sable sera la priorité du parquet général de la wilaya de Boumerdès», clame Boumediène Bacha, procureur général au niveau de la cour de Boumerdès, dès l’entame de son point de presse qu’il avait animé au siège de la cour pour présenter le bilan des activités de son département.
«La lutte contre le pillage du sable sera la priorité du parquet général de la wilaya de Boumerdès», clame Boumediène Bacha, procureur général au niveau de la cour de Boumerdès, dès l’entame de son point de presse qu’il avait animé au siège de la cour pour présenter le bilan des activités de son département. Dans la voix du magistrat, il y a avait, en effet, de la colère, de l’indignation mais surtout de la détermination. Il prend à témoin l’opinion publique pour mener cette bataille jusqu’au bout. «Je poursuivrais tous les délinquants et je veillerais à ce que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur et à tous les niveaux. Je veillerais également à ce que les équipements dont se servent les pilleurs soient confisqués », dit-il avant de demander aux présents de la patience pour juger de son engagement. Il était temps qu’un responsable de la justice fasse cas de détermination face à ce la maffia du sable qui est également la pourvoyeuse d’éléments pour les seriate du GSPC Qaïda Maghreb. Par ailleurs, il n’est un secret pour personne que l’argent sale tiré du pillage de sable alimente directement les caisses du GSPC. D’ailleurs, selon des informations obtenues auprès des services de sécurité, ce sont souvent les «émirs» qui gèrent directement le créneau du pillage. Ce sont eux qui, selon plusieurs sources, attribuent les autorisations de vol et encaissent les droits de passage comme par exemple celui du CW 18 (Sidi-Daoud/Bordj Ménaïel). Il y a même des émirs qui embauchent des jeunes en leur attribuant un salaire pour charger, à la pelle, des camions de pilleurs. «Nos deux patrouilles qui ont fait l’objet récemment d’attentats à l’explosif dans l’est de la wilaya de Boumerdès revenaient d’un contrôle d’une plage», nous confie un officier de la gendarmerie. Selon lui, les terroristes créent un climat d’insécurité en multipliant les attentats à l’explosif pour empêcher les services de sécurité de s’approcher des rivages où ce prélèvement illégal s’y déroule. «Tous les «émirs» encore en activité ont été d’anciens pilleurs de sable», nous a déclaré un autre officier supérieur de l’ANP. La connivence entre le terrorisme islamiste et les trafiquants de sable n’est plus à déterminer. D’aucuns estiment que ce combat contre ces charognards qui massacrent l’environnement, le potentiel agricole et touristique de la wilaya n’est pas l’apanage de la justice mais aussi celui de la société civile, des élus locaux ou des simples citoyens et les agents de l’Etat doivent être inflexibles. Ces parties doivent sensibiliser les autoconstructeurs, les fabricants et les revendeurs de matériaux sur le fait que l’argent du sable servira probablement à financer des attentats.
La justice et la lutte contre le terrorisme
La justice de Boumerdès assume sa part dans la mission de la lutte contre l’insurrection armée des islamistes. Elle juge et rend des verdicts contre les terroristes. Durant les deux sessions de l’année en cours du tribunal criminel, les juges ont eu à traiter 263 affaires liées exclusivement aux actes criminels commis par les terroristes armés ou des individus impliqués dans les réseaux de soutien. Les accusés étaient au nombre de 468. Une majorité, plus exactement 218 d’entre eux, généralement en fuite, a été condamnée par contumace à une peine capitale tandis qu’un outre accusé, présent lors du procès le concernant, a écopé de la même sentence. Les juges du tribunal criminel de Boumerdès ont, en outre, condamné 72 accusés, majoritairement en fuite également, à des peines de prison à perpétuité. Des condamnations variant entre 5 et 20 ans de prison ferme ont été prononcées contre 155 individus accusés de divers actes criminels liés au terrorisme. Par contre, 42 prévenus ont été relaxés par les juges.
L. H.

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