|
En Conseil des ministres, ensuite devant les maires, Abdekka a déclaré la guerre à la corruption. C’est donc
clair ! Il ne…
... briguera pas de 3e mandat.
Non ! Assurément, il va falloir nous habituer à bien vérifier ce qu’il y a
dans nos voitures, pour ceux d’entre nous qui possèdent un véhicule. Je dis ça
parce que je viens de lire que le directeur d’Amnesty International Algérie a
été arrêté par les forces de sécurité alors qu’il roulait en voiture, véhicule à
bord duquel les gendarmes ont trouvé des exemplaires du dernier rapport d’Amnesty
sur l’état des droits de l’homme dans le monde. Ainsi donc, s’il était admis
depuis plusieurs mois déjà qu’il n’était pas très sage de circuler en voiture ou
en autobus avec des bibles et autres matériels religieux hors islam, il semble
bien, au vu de ce que vient de subir le patron d’Amnesty International Algérie,
qu’il n’est pas non plus conseillé de laisser traîner le rapport annuel de
l’organisation dans sa teuf-teuf. Et mon petit doigt, athée, sans signe
extérieur d’appartenance religieuse, sans tee-shirt d’A.I. me dit que la liste
des objets interdits de voiture n’est sûrement pas limitée à une bible et au
rapport annuel d’une ONG. Fort de ce constat et de cette réflexion, ô combien
profonde, j’arrive tous les matins en retard au boulot, et je me fais vertement
engueuler par mon rédacteur en chef. J’ai beau lui expliquer, il ne veut rien
comprendre. Pourtant, ce n’est pas sorcier : si j’arrive en retard au travail,
c’est tout simplement parce que je prends tout le temps nécessaire, avant de
démarrer ma voiture, pour vérifier qu’il ne s’y trouve pas quelque chose que les
gendarmes pourraient me reprocher de transporter. Côté religion, pas de danger !
Ni Bible, ni Coran, ni Torah, ni aucun autre texte sacré. Pas de rapport annuel
d’Amnesty International non plus. A peine lu, je l’ai fait circuler, trouvant
tout de même dommage de le laisser traîner sur le tapis d’une voiture. L’autre
jour, en nettoyant sous ces tapis, justement, j’ai bien trouvé des jouets de ma
petite fille, des figurines représentant l’ogre Shrek, sa femme, la princesse
Fiona et leur inénarrable et fidèle petit âne. Prudent, je les ai ramassés et
rangés dans la chambre des enfants. On ne sait jamais, des fois que les
gendarmes les prennent pour des signes ostentatoires d’appartenance culturelle.
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L
|