jeudi 31 juillet 2008
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Actualités : RENCONTRE WALI-OPÉRATEURS ÉCONOMIQUES D’ANNABA
Le grand déballage


Purger le monde des affaires des corrupteurs, pousser les structures de l’Etat à mieux appréhender les projets d’investissement et à aider les industriels à s’implanter sur le territoire de la wilaya, écarter définitivement les faux hommes d’affaires et repenser les termes des contrats passés avec les entreprises de construction et les promoteurs immobiliers défaillants, ces préoccupations et bien d’autres ont été notées par M. Mohamed Ghazi, wali d’Annaba.
C’était à l’occasion de la rencontre qu’il a présidée mardi dernier avec les opérateurs économiques de la wilaya. Pour M. Ghazi, Annaba devrait se transformer dans les prochains mois, en un territoire de prédilection des financiers, banquiers et investisseurs nationaux et étrangers. Les problèmes de l’intendance liés aux investissements (gestion du port, aéroport, autoroutes, alimentation en électricité, assainissement, distribution et traitement des eaux, formation professionnelle), ont été abondamment abordés par les opérateurs économiques. Si les chiffres des investissements à réaliser dans la petite et moyenne entreprise ont été évalués à des centaines de milliards de dinars, la création d’emplois est importante. Le doute exprimé par des opérateurs économiques a été suivi par un grand déballage d’affaires toutes aussi louches les unes que les autres. Elles ont été quelque peu explicitées par des hommes d’affaires et investisseurs tel le gérant de l’unité laminoir de sidérurgie du groupe Attia. Il a affirmé : «Parce que la Sonelgaz refuse de nous alimenter en énergie, notre projet de laminoir, prêt à l’exploitation et à la création de 400 postes de travail direct, est toujours à l’arrêt. Cela fait plus de 5 mois que cela dure.» Ainsi, après les plaintes de simples abonnés de l’électricité et du gaz, cette société est également citée pour être à l’origine du blocage du développement socioéconomique local. La corruption et la bureaucratie en vigueur dans d’autres administrations de l’Etat ont été citées et soulignées comme facteurs de blocage. Selon des intervenants à cette réunion, ces facteurs sont pour beaucoup dans la mise aux oubliettes d’importants projets d’investissement. La zone d’activité commerciale d’El-Bouni en compte à elle seule trois en souffrance depuis des mois. C’est ce qu’a dénoncé le P-dg de la société Bitume-Est acquéreur d’un terrain privé. Il a affirmé : «Trois importants projets d’investissement, dont le mien, créateurs de richesse et de 800 emplois directs sont bloqués à la ZAC d’El-Bouni. La cause en est la direction de l’urbanisme dont les responsables appliquent la loi à la tête du client. Ainsi, l’autorisation de lotir sur un même terrain est accordée à certains et pas à d’autres.» Interpellée par un promoteur immobilier comme étant la source de problème, de retard dans la réalisation des programmes de logements dans la wilaya, la Direction du logement et des équipements publics (DLEP) a contre-attaqué. Elle a dénoncé une grave affaire d’infraction aux normes d’architecture, d’urbanisme et de construction dont se serait rendu coupable son accusateur. Ce dernier aurait indûment bénéficié des aides financières de l’Etat pour la réalisation du million de logements dans le cadre du programme présidentiel. «Ce promoteur a perçu des aides de l’Etat auxquelles il n’ouvre pas droit. Les LSP qu’il a livrés à El-Bouni ne sont pas conformes au cahier des charges. Pis encore, il a tenté de nous mettre devant le fait accompli en réalisant dans un total anonymat 14 logements. Ces derniers n’ont jamais été prévus et ne figurent sur aucun plan», accuse publiquement cette directrice. C’est dans le même sens qu’a abondé son homologue des domaines de l’Etat en ce qui concerne les locaux de la Tabacoop. Initialement propriétés du ministre de l’Agriculture et versés aux domaines de l’Etat, ils ont été transformés en locaux commerciaux par des indus occupants. C’est du moins ce qu’a estimé le directeur des Domaines dans son intervention. «L’affaire est actuellement pendante devant le tribunal », dira-t-il. Les réunions sectorielles que le wali s’est engagé à organiser pour approfondir la réflexion, pourraient- elles apporter des solutions aux problèmes soulevés ? Telle a été la question que beaucoup s’étaient posées à l’issue de cette rencontre, même si le secrétariat général de la wilaya a répondu favorablement quant à une disponibilité foncière sur le territoire de la wilaya.
A. Djabali

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