L'opposition zimbabwéenne a accusé hier le parti au pouvoir d'avoir tué deux opposants la semaine dernière en dépit de la tenue de négociations entre les deux camps en Afrique du Sud. «La violence et les meurtres continuent malgré le dialogue», écrit le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) dans un communiqué. «Deux militants du MDC ont été tués la semaine dernière par des partisans de la Zanu- PF», l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique, ajoute l'opposition. Selon le MDC, ces nouveaux morts portent à 122 le bilan des morts depuis les élections générales de la fin mars, où le régime du président Robert Mugabe avait essuyé un sérieux revers. Une militante du MDC, Fungisai Ziome, a été enlevée le 23 juillet et son corps «mutilé et violé» a été retrouvé le 26 juillet dans un champ de maïs dans la province du Mashonaland (centre), selon le communiqué. L'autre victime, Kingsley Muteta, un agent de police, a été attaqué «par un groupe de 12 sympathisants de la Zanu- PF» à Mudzi, également dans la province rurale du Mashonaland. Il est mort samedi dernier à l'hôpital, selon le MDC. Le MDC et la Zanu-PF ont entamé la semaine dernière sous l'égide de la médiation sud-africaine, des discussions sur une formule de partage du pouvoir au Zimbabwe, paralysé depuis la réélection controversée du président Mugabe, fin juin. Le cadre du dialogue impose aux deux parties de condamner les violences. «Ces morts montrent qu'il n'y a aucune sincérité de la part de la Zanu-PF», assène le MDC. Le dialogue est suspendu depuis deux jours. Malgré les assurances du président sud-africain Thabo Mbeki et de son homologue zimbabwéen, selon lesquels les pourparlers se déroulent «bien», le MDC a évoqué une «impasse», notamment sur le rôle proposé à son chef, Morgan Tsvangirai, dans un éventuel gouvernement d'union.
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