jeudi 31 juillet 2008
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EL MATRAG 1 – ENSEIGNANTS GRÉVISTES 0 !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Après son limogeage, Belkhadem a pris quelques jours de vacances. 

Quelques jours seulement ?

On pensait les sévices corporels interdits dans le monde de l’éducation, les enseignants contractuels grévistes viennent de vérifier douloureusement, dans leur chair que l’Etat est le premier à enfreindre cette loi. Il a donné de la troupe contre une poignée d’enseignants faméliques, réduits à un état de faiblesse extrême par 17 jours de privation de nourriture. Quelle prouesse ! Les «Musclors» du régime ont de quoi «être fiers». Ils ont réussi à faire reculer la dangereuse escouade des «assatidha» affamés qui campait pacifiquement sous les balcons du ministère de l’Education. La matraque contre les affreux gargouillis d’estomac, c’est le combat du siècle, dont la première manche vient d’être auto-attribuée à la matraque. El kallouz 1 – Enseignants grévistes 0 et des bleus au corps et au cœur, comme dirait Voulzy. Sauf que là, nous ne sommes pas dans une sérénade sirupeuse. Nous sommes dans l’acte grave, intolérable et inhumain de répondre par une violence inouïe à une grève pacifique, ne portant préjudice qu’à la santé de ses auteurs. La reporter du Soir d’Algérie et le photographe qui l’accompagnait, deux professionnels qui en ont vu d’autres tout au long de leur carrière, qui ne sont pas nés du dernier conflit social, qui ont à maintes reprises eu à décrire les charges des casques bleus, n’en sont pas encore revenus de la bestialité de celle menée contre les enseignants. Les policiers chargent, parce qu’on leur en donne l’ordre. Qui, en 2008, décemment, sans ciller, sans suer des mains, sans se poser des questions existentielles, sans se préoccuper de ce que penseront de lui ses enfants et ses petits-enfants peut ainsi donner l’ordre de taper sur des maîtres d’école en rupture de nourriture depuis 17 jours, faibles à en être hospitalisés d’urgence, désespérés à en camper sous les fenêtres d’un ministère en plein mois d’août ? Assurément quelqu’un d’assez «compliqué» pour attribuer tous ses échecs de gouvernance aux veilleurs de nuit. Quelqu’un de franchement bizarre, somme toute. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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