A en croire la chaîne de télévision américaine CBS, Ayman Al- Zawahiri, le numéro deux de l’organisation terroriste Al-Qaïda et bras droit d’Oussama Ben Laden, serait blessé, voire tué il y a une semaine dans une zone tribale pakistanaise où il s’était réfugié. C’est, après 2003, la seconde fois qu’Al- Zawahiri est donné pour mis hors d’état de sévir et de nuire. Le Pakistan, sollicité par l’AFP, a déclaré ne disposer «d’aucune information » à même de confirmer ou d’infirmer la nouvelle.
Sofiane Aït Iflis - Alger Le Soir)- La chaîne de télévision
américaine CBS, qui a répandu la nouvelle de la blessure ou de la mort
d’Al-Zawahiri, a affirmé disposer d’un courrier intercepté émanant d’un
haut responsable taliban sollicitant l’envoi d’urgence d’un médecin pour
soigner le fidèle lieutenant de Ben Laden. Selon les termes du câble
intercepté, Al- Zawahiri aurait été blessé ou tué lors d’un tir
américain de missiles survenu le 28 juillet dernier sur la zone tribale
du Waziristan, dans le sud du Pakistan. Le courrier auquel CBS fait
référence est daté du 29 juillet dernier, soit le lendemain des tirs de
missiles. Il émane, selon la chaîne de télévision américaine, d’un
important chef de guerre taliban pakistanais, Baitullah Mehsud.Le
courrier en question fait, selon CBS, expressément référence à Al-
Zawahiri qui «souffre beaucoup » et dont «les blessures sont
infectées.». Vendredi, le groupe américain IntelCenter, chargé de
surveiller les sites islamistes, a indiqué, pour sa part, qu’il pistait
depuis quelques jours des informations selon lesquelles Al- Zawahiri
aurait été tué ou gravement blessé dans les frappes du 28 juillet. Des
frappes — tirs de trois missiles — qui ont tué six personnes, selon des
responsables pakistanais. Parmi ces personnes tuées, figurerait le
spécialiste des armes chimiques d’Al- Qaïda, Midhat Mursi Al Sayid Umar.
Ces informations n’ont pas été confirmées, cela dit, par l’armée
pakistanaise. Le principal porte-parole de l’armée pakistanaise, le
général Athar Abbas, a déclaré à l’AFP qu’«il n’y a aucune preuve ou
information à ce sujet. Nous ne disposons d’aucune information fiable».
De son côté, un responsable des services secrets pakistanais a avoué à
la même AFP avoir eu vent des rumeurs qui ont circulé au sujet d’Al
Zawahiri mais sans toutefois parvenir à les confirmer. «Nous avons
vérifié mais sans pouvoir obtenir de confirmation», a-t-il affirmé. Cela
étant, pour le groupe américain IntelCenter, la vérité ne tarderait pas
à se manifester. Pour ce groupe spécialiste de la traque des sites
terroristes islamistes, en cas de mort véritable d’Al Zawahiri, Al-Qaïda
«publierait vite une vidéo ou un communiqué écrit». Al-Zawahiri, dont la
dernière intervention médiatique remonte au 5 juin dernier, à travers la
mise en ligne d’un message sur un site islamiste exhortant les
Palestiniens de la bande de Gaza à intensifier leurs attaques contre
Israël, s’est réfugié dans les zones semi-autonomes du Pakistan, après
avoir fui l’Afghanistan en 2001, suite à la chute du pouvoir des
Talibans.
S. A. I.
Qui est Al-Zawahiri ?
Ayman Al-Zawahiri est né un 19 juin de l’année 1951. Il a vu le jour
à Maadi, dans une banlieue du Caire, la capitale égyptienne. Il est issu
d’une famille de classe moyenne. Son père était professeur de
pharmacologie à l’université de médecine du Caire, une faculté qu’il a
fréquentée lui-même et d’où il sortait en 1974 avec le diplôme de
chirurgien. Il était élève et étudiant studieux. Mais aussi militant
fondamentaliste précoce. Il rejoignait, en effet, les Frères musulmans à
l’âge de 14 ans, le plus ancien groupe de fondamentalistes islamistes.
Cet activisme lui valait une arrestation une année plus tard. En 1979,
il se radicalisa davantage et intégra le Djihad islamique. Vite, il prit
des responsabilités, notamment en tant qu’organisateur et recruteur.
Suite à l’assassinat en 1981 de l’ancien président égyptien, Anouar Al
Sadate, il fut parmi la centaine de personnes arrêtées. Il purgea une
peine de 3 années de geôle pour détention illégale d’armes. Il sortait
de prison en 1984. Il échappa au poteau d’exécution. Il quitta l’Egypte
pour Peshawar en 1986 pour soigner les blessés du djihad contre les
Russes. Il finit par lâcher le bistouri et se saisir de la kalachnikov.
C’était sur le front du djihad, au milieu des années 1980, qu’il fait
connaissance d’Oussama Ben Laden. Ce dernier gérait un camp de
moudjahidine appelé «Maktab Al Khadamate. Al-Zawahiri et Ben Laden
officiaient alors sous les ordres d’un certain Abdullah Azzam, un
Palestinien. Al-Zawahiri et Ben Laden quittent le camp de Abdullah Azzam
et s’associent pour créer Al-Qaïda. L’association a résisté au temps et
dure encore. Ben Laden, le chef, a trouvé en Al-Zawahiri un lieutenant
fidèle. Al-Zawahiri serait le principal instigateur et organisateur des
attentats de Louxor en Egypte en 1997. Il a été condamné par contumace à
la peine capitale. Les Américains le soupçonnent d’avoir été impliqué
dans les attentats à la bombe d’août 1998 à Dar Es- Salam en Tanzanie et
à Nairobi, au Kenya. Sa tête est mise à prix à 25 millions de dollars.
Les USA le classent second sur une liste de 22 terroristes jugés les
plus dangereux, en tête desquels se trouve Ben Laden.
S. A. I.
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