dimanche 03 Aout 2008
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Actualités : PARTICIPATION ALGÉRIENNE AUX JEUX OLYMPIQUES
De Tokyo à Pékin : l’ambition grandissante


En se rendant à Pékin dans le cadre de la délégation sportive algérienne qui comprend 61 athlètes dans 12 disciplines sportives, Mohamed Lazhari doit être vraiment privilégié et ému. Et comment ! Il est le témoin vivant de la participation algérienne qui a eu lieu en 1964 lors des 18es Jeux olympiques abrités par la japonaise Tokyo pour la première fois de sa jeune histoire, à des joutes olympiques.

Depuis Tokyo jusqu’à Athènes, bien des choses ont évolué et l’Algérie a réussi à s’affirmer dans le concert des nations sportives avec de nombreuses médailles obtenues au cours de différentes épreuves olympiques tout en voyant le nombre de ses athlètes engagés augmenter. Bien que présents depuis à ce rendez-vous planétaire, les athlètes algériens ont dû faire l’impasse sur les JO de Montréal de 1976 en raison du boycott suivi par une grande partie des pays d’Afrique, d’Asie et de l’Europe de l’Est, en signe de protestation contre la participation de l’Afrique du Sud, un pays qui pratiquait alors la politique de l’apartheid. Mais il a fallu attendre la 21e olympiade organisée à Los Angeles en 1984, pour voir le drapeau algérien flotter et entendre l’hymne national retentir. C’étaient les premières des 11 médailles, toutes couleurs confondues, qui sont tombées dans l’escarcelle algérienne. Ces médailles, il faut avouer qu’elles ont été l’œuvre de sportifs de deux disciplines que sont l’athlétisme ( 3 or et 2 bronze) et la boxe (1 or - 5 bronze). La première fois où le drapeau algérien fut hissé lors d’une cérémonie protocolaire, c’était à la faveur des superbes boxeurs Mohamed Zaoui (- 75 kg) et Moussa Mustapha (81 kg) qui avaient montré la voie lors des éditions suivantes. Aussi, la moisson de la boxe s’est poursuivie à Barcelone avec feu Mebarek Soltani (médaille de bonze), qui fera mieux quatre ans plus tard à Atlanta (1996) avec une médaille en vermeil, en compagnie de Mohamed Bahari (1996). Mohamed Allalou et Mohamed Bahari les imiteront en 2000 à Sydney. Il ne faut pas oublier l’authentique exploit de ce pugiliste algérien, Soltani, décédé il y a quelques années, le seul sportif algérien à avoir décroché deux médailles en deux éditions, le bronze (1992) et l’or (1996). Mais c’est l’athlétisme qui reste la discipline la plus porteuse, avec ses six médailles, dont trois en or, toutes remportées dans l’épreuve reine du 1500m (hommes et dames). Incontestablement, l’honneur revient à Hassiba Boulmerka qui avait été la première sportive algérienne à faire retentir Kassaman dans l’immense Stade olympique de Barcelone, en 1992, en remportant haut la main le 1 500m (dames). Son compatriote Noureddine Morceli, malheureux à Barcelone, s’est racheté de fort belle manière quatre années plus tard, en 1996 à Atlanta, en montant sur la plus haute marche du podium. L’autre spécialiste de l’épreuve reine, Nouria Benida Merah, remportait, à la surprise générale, la médaille en vermeil aux JO de Sidney. Pour ne pas être en reste, deux médailles de bronze tomberont dans l’escarcelle algérienne grâce aux athlètes Saïd Guerni Djabir (800m) et Abderrahmane Hammad (saut en hauteur).Paradoxalement, aucune médaille d’argent n’a été engrangée par les sportifs algériens des autres disciplines. La seule obtenue par Saïdi-Sief Ali au 5000 m à Sydney (2000), qui aurait pu être la 12e au total, lui avait été confisquée par le Comité international olympique (CIO) pour dopage, ce qui lui a valu une suspension de deux ans, qu’il a purgée la mort dans l’âme.Parmi tous ces illustres sportifs algériens, nous retrouverons avec plaisir ce sympathique athlète, en l’occurrence Saïdi-Sief Ali. Cette douloureuse page tournée, il sera présent à Pékin, huit ans plus tard, avec l’ambition de récupérer, pourquoi pas, «sa médaille» ou à tout le moins bien défendre les couleurs algériennes. Il n’est pas le seul à frémir du désir secret de faire honneur à l’Algérie.
O. K.

 

HOCINE SOLTANI
Un art exceptionnel, une fin tragique

Jusqu’à ces jeux de Pékin, les sportifs algériens retiendront, à coup sûr, les noms de quatre émérites athlètes algériens qui ont fait retentir Kassaman lors des Jeux olympiques. C’est avec fierté que nous revenons sur leur passé sportif, que nous espérons voir renouveler par la nouvelle vague sportive algérienne.
Qui ne se souvient pas de feu Hocine Soltani, le seul boxeur algérien médaillé d’or à une olympiade. Il est le seul à avoir décroché deux médailles, une en or et l’autre en bronze à deux olympiades différentes, en 1992 à Barcelone avec de l’argent et de l’or en 1996, à Atlanta. Avant d’être retrouvé mort, 1er mars 2002 à Marseille, cet excellent pugiliste algérien, natif de Thenia en 1972, a épaté tous les observateurs nationaux et internationaux de par sa boxe. En 1992 aux Jeux olympiques de Barcelone, il prend la troisième place en catégorie plume. Enfin, la consécration arrive aux Jeux d'Atlanta de 1996 en catégorie poids léger où il décroche la première et la seule médaille d'or de son pays et du continent africain dans le noble art, en battant en finale le boxeur bulgare Tontcho Tontchev. Ensuite, il embrassera la carrière professionnelle pro en 1998, mais ne dispute que quatre combats, couronnés par des succès, avant de prendre sa retraite en 2000. En mars 2002, il disparaît dans l'anonymat le plus total et son corps sans vie ne sera retrouvé que 2 ans plus tard. Soltani aura marqué le sport algérien puisqu'il fait partie de cette génération dorée, au même titre que des sportifs comme Hassiba Boulmerka ou Noureddine Morceli, qui se sont distingués aux JO de 1992 et 1996. Que Dieu ait son âme.
O. K.

 

HASSIBA BOULMERKA
Une femme en or

Hassiba Boulmerka, ce petit bout de femme frêle qui subjugua le monde du sport algérien et international grâce à son talent, son audace et son courage, garde toujours cette sympathie auprès des sportifs algériens, tous sports confondus.
Ayant beaucoup changé physiquement depuis sa retraite sportive, elle a intégré le Comité olympique algérien tout en s’activant dans le monde commercial. Modeste comme le milieu familial dont elle est issue, Hassiba se démarque très tôt de ses cinq sœurs et ses deux frères, en optant pour le sport de par ses prédispositions précoces, grâce à son prof Labed Abbou qui l’a détectée à l’âge de 10 ans. Encore adolescente en 1986, elle fait son premier voyage à l’étranger en Irak, à Bagdad précisément, avec un baptême du feu réussi lors des championnats arabes de Bagdad. Aussi, elle surclasse toutes ses rivales, pourtant plus âgées qu’elle. Cette première médaille sonne comme un déclic annonciateur de lendemains qui chantent. En 1986, la FAA l’engage au Championnat du monde à Neuchatel, en Suisse, où elle se débrouille pas mal avec comme coach Amar Bouras, qui a croisé son destin en lui apportant la rigueur et la technicité dont elle avait besoin. A partir de là, ses participations sont couronnées de succès, entre autres à Tokyo, aux Jeux méditerranéens d’Athènes, Barcelone, Stuttgart. Elle ne manque pas, lors de certains moments, de se souvenir de dirigeants qui ne misaient pas beaucoup sur elle. C’est cette donne, au contraire, qui l’a stimulée pour aller de l’avant. Elle les a superbement démentis en accumulant lors de courses marquées par sa rapidité, sa tactique et sa fluidité. Lorsqu’on lui dit qu’elle a marqué, par son style, une époque tourmentée et sanglante, s’érigeant comme le porte-flambeau de la femme, elle n’y voit pas un fait d’armes, encore moins un acte exceptionnel.
O. K.

NOURIA BENIDA-MERAH
Digne héritière de Hassiba

Débutant sa carrière sportive sur de courtes distances dont le 100 m puis le 400 m haies, Nouria Benida Merah change de distances pour se consacrer à deux spécialités plus longues, à savoir les 800 et 1 500 m.
Notre championne doit une fière chandelle à une personne qui l’a continuellement coachée, encouragée et suivie durant la plus grande partie de ses péripéties sportives. Ses résultats nous doivent de citer celui qui a été pour beaucoup dans cette concrétisation olympique, à savoir Amar Benida, qui n'est autre que son mari entraîneur. Elle devient demi-finaliste du 800 m aux Championnats du monde de 1997. Cette même année où elle convole en justes noces avec Amar. …Elle passe une saison blanche suite à une maladie avant de revenir avec la rage de vaincre. L'année dernière, Nouria Benida-Merah réalise l'une de ses meilleures saisons et ce, après avoir raté les Championnats du monde de Séville pour cause de maladie. Elle prend son courage à deux mains et se lance vers les cimes. Benida-Merah pulvérise alors trois records d'Algérie en salle et un en plein air. …Elle avait battu deux records de sa devancière, la première Algérienne ayant participé aux JO, à savoir Sakina Boutamine : celui du 800 m qui était de 2'06 avant que Nouria ne le ramène à 2'00"77 et celui du 500 m qui était de 4'19 et qu'elle élève à 4'11. Et comme elle était subjuguée par la championne olympique Hassiba Boulmerka, elle marche sur les traces de cette dernière en battant d'abord le record détenu par Hassiba dans le 1000 m qu'elle fait passer de 2'49 à 2'39. Nouria bat enfin le record du 1 000 m de la même Hassiba mais, cette fois-ci, en plein air. Elle le fait passer de 2'35"94 à 2'34"60. Benida avait, durant cette même année 1999, amélioré son classement top 50, passant de la 40e à la 20e place. Nouria remporte par la suite une médaille d'argent aux Jeux africains de Johannesburg sur 1500 m. ....Cette année, grâce à sa fougue, son grand courage, sa volonté de fer et l'aide très précieuse de son entraîneur de mari, Nouria Benida-Merah est devenue imbattable sur le 1 500 m. Elle se déplace à Sydney avec la 4e meilleure performance de l'année sur la distance avec un temps de 3'59"12 et le titre de championne d'Afrique acquis à Alger, en juillet de cette même année 2000. C'est à Sydney que Nouria Benida-Merah termine en apothéose sa saison 1999-2000, offrant à l'Algérie le plus beau des cadeaux : la médaille d'or olympique.
O. K.

NOUREDDINE MORCELI
De Ténès à Barcelone

Avec son regard de grand mystique qui semble fixer un horizon dont les merveilles échappent à la vue de ses semblables, impossible de se tromper, Noureddine Morceli est cet homme possédé par quelque chose qui l’a fait courir et poussé à croire en son destin durant les douze années de sa remarquable carrière sportive, allant de 1988 à 2000. Quand il courait sans effort apparent, quand il gagnait sans se forcer et quand il se prosternait naturellement, dans une prière de gratitude, tout devenait clair et évident : Noureddine était habité par la foi, de celle qui soulève des montagnes et celle qui impose le respect. Aussi, cet enfant de Sidi Akacha est devenu le prince de l'athlétisme mondial. Son premier podium remonte aux championnats du monde juniors 1988, où il remporta la médaille d'argent au 1 500 m derrière le Kényan Kirochi qui sera son futur dauphin à Tokyo 91. Son succès aidant, il passe sur le circuit des grands en 1990 et réussit, dès sa première saison, la meilleure performance mondiale de la saison avec un temps de 3:32:60 toujours sur 1 500 m. L’année suivante, il bat le record du monde en salle du 1 500 m à Séville, puis remporte la médaille d'or aux championnats du monde d'athlétisme 1991 en salle et en plein air à Séville et Tokyo. Et ça continue ! Au printemps 1992, Morceli bat le record du monde en salle sur le 1 000 m avec un chrono de 2:15::26. Aux Jeux olympiques d'été de 1992, il est le favori pour la finale du 1500 m ; cependant, le rythme de la course, très lent d’ailleurs, lui cause un passage des 800 m avec un temps moins bon que celui de la course des femmes. Morceli ne termina qu'à une décevante 7e place. Après les jeux, il bat le record du monde avec un temps de 3:28::86. En 1993, il remporte le 1 500 m aux championnats du monde avec, en prime, le record du monde du mile (3.44.39). Elu, cette année-là, sportif mondial de l'année par le journal L'Équipe. Morceli bat également les records du monde du 3000 m en 1994 (7.25.11) à Monaco et celui du 2000 m en 1995 au meeting de Paris (4.47.88). Aux Jeux olympiques d'Atlanta, il décroche la médaille de vermeil qui lui avait échappé quatre ans plus tôt en battant en finale le champion olympique en titre Fermin Cacho, mais sans subir la concurrence de l'espoir marocain Hicham El Guerrouj (victime d'une chute à 420 m de l'arrivée). Morceli arrêta la compétition après la course des Jeux olympiques de 2000 à Sydney, où il était éliminé aux premiers tours.
O. K.

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