Origine Le Champ-de-Manœuvres (place du 1er Mai). Ce terrain s'appelait ainsi car il servait aux manœuvres du personnel des régiments militaires. Il accueillait également les entraînements militaires à l’époque coloniale : exercices de trot, galop, attaque au sabre sur mannequin, saut d’obstacles, leçons d’équitation pour nouvelles recrues. Un terrain libre en 1928
Dans les années 1920, le carrefour du Champ-de-Manœuvres comprenait
essentiellement la rue Sadi-Carnot (aujourd’hui Hassiba-Ben-Bouali).
Celle-ci commençait à partir du carrefour de l’Agha, en direction d’Hussein-Dey
et de Maison-Carrée, en passant par la rue de Lyon (Mohamed-Belouizdad).
Le terrain militaire du Champ-de- Manœuvres d’une superficie de 25
hectares environ était entièrement libre jusqu’en 1928 date à laquelle
la ville d’Alger lança le projet de construction des premières citées
HBM appelées plus tard les HLM. Le programme des 650 logements du
Champ-de-Manœuvres fut achevé en décembre 1955.
Les cirques Amar, Zavatta et Fedrizzi
Sur une partie du Champ-de- Manœuvres avaient été installés des
manèges de chevaux en bois, des balançoires, des baraques de loteries de
vaisselle, des tirs à la carabine. Les cirques Amar, Fedrizzi, Joyat,
Zavatta y installaient leurs chapiteaux. En 1922, le Champ-de-Manœuvres
abrita la foire d’exposition d’Alger. Ce lieu était aussi destiné au
sport. En effet, des équipes de football des clubs algérois : le Red
Star, le RCA (Racing Club Algérois), le Gallia Sport Algérois… venaient
y disputer des matches de football.
Petit jardin public
La ville d’Alger avait aménagé un jardin public face aux rond-point
(parallèle à l’hôpital Mustapha). Des massifs de plantes décoratives
(bigaradier, bambou, ficus), des fleurs (canna et aubépine) l’ornaient.
Le sol était en terre battue de tuf. Un vaste kiosque à musique de
polygone multiplans surélevé y avait été installé ainsi que des bancs en
bois. Ce square drainait tous les habitants du quartier. Pendant que les
enfants jouaient, les adultes faisaient un brin de causette ou
écoutaient les concerts de l'orchestre de la société philharmonique,
l’Africaine de Mustapha, ou l’Estudiantina, sous la direction d’Henri
Siacci, le chef d’orchestre. Le kiosque à musique vibrait au son de la
polka, java (masurka), scottish, valse. Des jeux étaient organisés pour
les enfants : course en sac, mât de cocagne, jeu de matraquage à
l’aveuglette de marmites suspendues et lachers de montgolfières. Les
concours de boules n’était pas en reste. Ceux-ci se tenaient à
l’extérieur du jardin. L’Association sportive de la boule algéroise
(ASBA) avait son siège en face de ce jardin, au 91, rue Sadi-Carnot.
Le rond-point
Le rond-point du Champ-de- Manœuvres connaissait une activité
fébrile à cause des lignes des tramways de CFRA dont le dépôt était
situé rue Sadi-Carnot (Hassiba-Ben-Bouali) près de l’Arsenal, où les
rames venaient se garer chaque soir. Ce rond-point était même doté d’une
gare des CFRA d’où les trains desservant les lignes Alger-Fort de l’eau,
Aïn Taya, Larbaâ embarquaient les voyageurs. A côté de la gare des CFRA
se dressait la baraque du père Tanzi, sorte de kiosque à journaux.
Les trams à chevaux
Un autre type de transport existait aussi : les trams à chevaux des
Messageries de Belcourt, descendant à la fois d’omnibus (hippomobiles
parisiens du XIXe siècle) et des carricolos de Cagayous. Ces véhicules
dans lesquels on entrait par l’arrière étaient dotés d’un couloir
central et deux rangées de sièges latéraux parallèles. Ces trams étaient
tirés par 3 chevaux attelés en limonière. Mais un cheval de renfort sous
la conduite d’un cocher, attendait au bas de la côte de Mustapha chaque
véhicule allant vers Belcourt. Il aidait alors l’équipage à gravir la
côte jusqu’au rond-point où ce cheval était décroché. Le cocher
redescendait ensuite au bas de la côte pour attendre l’arrivée du
prochain véhicule.
La tour de l’école de parachutage
La tour de l’école de parachutage du Champ-de-Manœuvres se dressait
non loin du Foyer civique. Cette tour servait à l’entraînement des
troupes françaises.
Le Foyer civique
Il abritait expositions et activités culturelles. Exemple : la foire du
Trône d’Alger s’y déroula le samedi 2 septembre 1961. Les Chats
sauvages, le groupe d'Eddy Mitchell devait s’y produire mais se
décommanda à la dernière minute. Néanmoins, les Blackers, rois du rock
oranais ainsi qu’un groupe de jazz enflammèrent la scène entre 17h et
23h30. Le Foyer civique (inauguré en 1935) était également le siège
d’activités à caractère syndical.
Sabrina L.
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