dimanche 03 Aout 2008
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Ces phrases-clés qui ne nous sont pas destinées !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Jeux olympiques de Pékin. Les responsables du sport algérien l’ont promis : «Nous essaierons de faire aussi bien qu’aux derniers jeux.» 

Zéro médaille !

J’entends dire que le système communique mal ou pas du tout. Faux ! C’est archifaux ! Le système communique. Il communique même très bien avec… lui-même. Prenez l’autre jour, celui de la bastonnade des profs. A un moment donné, un officier de police, tenant ses ordres d’un talkie-walkie, a crié cette phrase à ces hommes : «Les données ont changé !» Les profs, détenteurs du savoir, n’ont pourtant rien compris au sens de cette phrase. Les amis du CCDR, pétris de grande culture, n’ont rien pigé non plus. Les amis du CLA et des autres syndicats libres n’y ont saisi goutte. Mais, le système et ses appendices, en l’occurrence les flics, ce jour-là ont immédiatement compris. Les données ont changé voulait tout simplement dire «rentrez-leur dans le chou, matraquez dans le tas et ne faites pas de quartier !» Le système venait, là, à cet instant précis de démontrer qu’il communiquait parfaitement. Tout comme l’autre jour, lorsque Abdekka a énoncé cette phrase, en apparence anodine, en apparence vide de sens et en apparence incolore et inodore : «Chaque chose en son temps!» Eh ben, elle était peut-être anodine, vide de sens, incolore et inodore pour vous et moi, mais dans la salle, et hors de la salle, il y avait des gens bien précis à qui elle était destinée et qui l’ont très bien comprise. Contrairement à nous, qui cherchons aujourd’hui encore à savoir de quelle «chose» Boutef’ parlait, et s’il évoquait son «temps» à lui, très élastique, le «temps» universel, moins élastique et plus contraignant, ou un temps dont les moins de vingt ans ne peuvent même plus vous parler, vu que maintenant, la loi algérienne les fait embarquer comme de vulgaires criminels dès qu’ils veulent fuir les vicissitudes de ce pays où les données ont la fâcheuse habitude de changer brusquement. Brutalement. Bestialement. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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