jeudi 07 Aout 2008
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Vox populi : Casino américain ou l’arnaque légalisée

«Professeur», j'aurais tant voulu, à travers l'hospitalité de ces colonnes, vous adresser mes sincères remerciements pour votre dévouement, votre conscience et votre dextérité professionnelle au mieux à soulager, au pire à atténuer la douleur de tout malade.
J'aurais tant voulu également citer en exemple votre humanisme, votre bonté et votre disponibilité à l'égard de votre prochain sans chercher à savoir qui il est, ce qu'il fait et surtout la consistance de son portefeuille. Hélas, mille fois hélas ! vous venez d'administrer la preuve qu'en fait vous n'êtes qu'un arnaqueur, un charognard, un perverti inassouvi dont le seul objectif est de vous enrichir vite fait mais surtout mal fait. Au diable la déontologie médicale et le serment d'Hippocrate car tel un tâcheron sans cesse à l’œuvre, infatigable, désertant à longueur de journée et sans aucun état d'âme le secteur public qui vous emploie et vous rémunère au profit d'une «clinique» privée où le gain est plus rapide, plus conséquent et surtout plus facile. Devrais-je m'étaler sur votre blouse sale qui s'accommode harmonieusement avec votre conscience basse et mesquine et cette salle d'opération qui n'a rien à envier à une remise délabrée ? Devrais-je encore ajouter et décrire cette salle d'attente où sont disposées, dans un désordre parfait, des chaises usées, achetées certainement auprès du brocanteur du coin ? Voilà planté le décor de cette «clinique» privée où il vous est interdit toute remarque ou observation en rapport avec les activités de ce lieu, piétinant les règles d'hygiène élémentaires alors qu'au sein du secteur public vous ne cessez de réclamer plus et mieux, admonestant vos subalternes et vociférant contre votre hiérarchie qui peine à satisfaire vos exigences, copiant maladroitement Docteur Jekkyll et Mister Hyde en reflétant l'image fidèle de la double personnalité. Ce secteur public que vous avez sciemment dévoyé, détournant vos malades vers cette clinique alors qu'en principe votre présence est plus utile et indispensable au sein de ce secteur, malgré certes les insuffisances manifestes, les dysfonctionnements relevés mais que l'Etat aplanit graduellement d'année en année. Ne voit-on pas proliférer, tels des KMS et fast-food, des cliniques où souvent le luxe ostentatoire étalé et la renommée du personnel y exerçant ne sont pas forcément synonymes de qualité de soins, car seul compte l'amortissement des frais engagés. Un malade s'attend surtout à une prise en charge convenable, à tout le moins humaine pour laquelle il débourse une somme faramineuse, collectée trop souvent dans la douleur et la souffrance auprès d'amis et proches. Quant à vous «professeur» sans citer votre nom ni la ville d'implantation de la clinique où vous exercez, vous vous reconnaîtrez sûrement, quels arguments pourriez-vous invoquer d'abord à cette personne malade qui s'est présentée à vous, ensuite et surtout à votre conscience (si vous en avez) car je peine à comprendre comment après avoir procédé à une petite intervention, je m'abstiendrais de donner plus d'information, et devant l'échec de cette tentative, vous osez lui demander, toute honte bue, que vous pouvez la lui refaire mais en ne payant que la moitié du prix initial ? Quel culot ! Quelle outrecuidance ! Vous savez, «professeur », ce que j'ai suggéré à cette personne ? De déposer plainte auprès de qui de droit, de payer s'il le faut un encart d'une page dans les journaux pour ruiner toute votre renommée et pour que tout le monde sache qui vous êtes en réalité. Même en souffrant le martyre et dans son incommensurable douleur, la réponse de cette personne m'a bouleversé par sa foi et sa croyance. «Je m'en remets à Dieu !» m'a-t-elle dit. Quant à moi, bien qu'également croyante, j'y ajouterais encore : «Professeur», soyez certain que sur cette terre vous ne jouirez jamais ni sereinement ni paisiblement de toute la richesse accumulée au détriment de la santé d'un malade.
B. Samah

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