jeudi 07 Aout 2008
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Société : BÉNI-SAF
Séduisante et ensorcelante


Découvrir Béni-Saf en plein été est un pur enchantement ! C’est comme un écrin de velours qui s’ouvre sur un joli bijou, offrant mille et une surprises. Une ville balnéaire très hospitalière.
Une ville chargée d'histoire avec les vestiges du gisement de fer, aujourd'hui rongé par la rouille, la petite gare qui, dans le temps, assurait la liaison Béni- Saf-Tlemcen, sa mairie (architecture coloniale) donnant sur une piétonne bordée de palmiers, ses grottes, ses falaises, ses rochers, son port s’ouvrant sur une mer d’un bleu azur, beau à vous couper le souffle. Dès les premières heures du jour, les plages de Béni-Saf sont prises d’assaut par de nombreux estivaliers. On y vient de partout : Aïn- Témouchent, Tlemcen, Oran, Remchi… Pour les Béni-Safiens, la plage de Sidi Boussif reste incontournable. «Tous les enfants de Béni-Saf ont appris à nager dans cette plage, nous révèle Mustapha, notre guide du jour. Peu profonde et située dans une crique, elle n'a jamais causé de noyade». Si tous les rochers portent un nom espagnol et attestent de la présence en force des pêcheurs ibériques durant l’époque coloniale florilège Pedra Plata, Pedra Paloma, Pedra Balcone… Pointant du doigt un autre rocher, ciselé par la brise marine, notre guide poursuit : «Celui-ci est baptisé rocher de Sidi Abdelkader. Les épouses des pêcheurs viennent souvent allumer un cierge et prier pour que la mer leur rende leurs maris sains et saufs.» Dans les falaises ceinturant la plage de Sidi-Boussif, des grottes creusées à même la roche. «Elles servaient d'habitation aux pêcheurs», confie Mustapha. Le quartier de Si- Boussif domine la mer. En sirotant un soda ou un thé à la menthe sur la terrasse du «Café des Falaises», surplombant toute la baie, notre regard s’arrête sur un autre rocher. Il s’appelle «Pain de sucre» et on serait prêt à jurer que des mains d’artiste l’ont sculpté. L’autre merveille est «Layella» : l'île de Rachgoun, petit village balnéaire situé à 8 km environ de Béni-Saf. «Cette île s’étend sur une dizaine d'hectares, nous confie notre guide. En été, des estivants y débarquent en hors-bord pour vivre des aventures à la Robinson Crusoé. D’ailleurs, la région abrite de nombreuses plages sauvages accessibles uniquement par la mer». Le saint patron de la ville, Sidi Boussif, veille au grain à partir de son mausolée perché sur la falaise. Les maisons des mineurs, basses et identiques, défilent sous nos yeux. C’est là que les mineurs venaient trouver le repos auprès de leurs familles après une journée harassante dans la mine de fer située en contrebas. Nous quittons le quartier des mineurs. Direction Sagla, le village des pêcheurs. Un autre quartier perché à flanc de colline dominant la grande bleue. Son architecture est très spécifique. Il s’agit de petites maisons adossées les unes aux autres et séparées par d’étroites ruelles, rappelant un peu celles de La Casbah. Dans son livre intitulé Béni- Saf, le legs du large et des entrailles de la terre, Mohamed Kali en fait la description suivante : «Sagla s’étage à l’indigène, c’est-à-dire sans tracé au cordeau. Elle rappelle étrangement Ghardaïa avec, en contraste, le voisinage du bleu de la mer et le verdoiement en contrebas de quelques palmiers.» L’autre particularité de Sagla et de Béni-Saf en général, c’est la présence de nombreuses marches. Toute la ville est traversée d'escaliers. Sagla offre une vue imprenable sur la mer. Elle surplombe Béni-Saf avec son marché (datant de 1913), son port ouvert à la promenade, sa placette publique, et bien sûr, sa mine de fer. «Ce gisement a nourri de ombreuses familles, raconte Mustapha. Durant la Seconde Guerre mondiale, il a été surexploité. Regardez ces tunnels ! Ils permettaient le passage des wagonnets qui descendaient jusqu'au port, chargés du précieux métal. Cette mine a été fermée au milieu des années 1980», ajoute-t-il. Seul bémol, le taux important de chômage enregistré dans cette région. C’est ce que nous ont confié la plupart des gens approchés : «Nous vivons principalement de la pêche, mais nos jeunes sont confrontés au problème du chômage » ! Cependant, une lueur d’espoir pointe à l’horizon. «Nous attendons avec impatience la concrétisation des projets de construction d’une usine d’aluminium, d’une station d'épuration de l’eau de mer et d’un terminal Medgaz qui devraient résorber cet épineux problème», nous ont confié les Béni-Safiens rencontrés. En attendant, cette région témouchentoise pittoresque et charmeuse continue d'ensorceler et de séduire les nombreux estivants avec ses plages splendides, comme celle de Rachgoun, Madrid, La Marmite, Bokhabora, Zouanif…
Sabrina L.
E-mail : sabrinal_lesoir@yahoo.fr

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