Régions : AEP AUX AGHRIBS
Mécontentement des comités de village de la wilaya de Tizi-Ouzou


«Au moment où l’Etat prétend engranger et disposer de ‘‘beaucoup d’argent’’ pour prendre en charge les problèmes des citoyens, nous constatons avec regret des retards dans les réalisations, la dilution des responsabilités (qui doit faire quoi ?), des interférences dans la gestion, des lourdeurs administratives inimaginables, des dotations financières insuffisantes et une planification aléatoire.»
C’est en ces termes que la coordination de plusieurs comités de village des Aghribs qualifie, dans une requête transmise au wali de Tizi-Ouzou, le quotidien alarmant de leurs concitoyens qu’ils résument en onze préoccupations essentielles dont le point d’orgue est, sans nul doute, la situation catastrophique de l’AEP. Plusieurs comités de village de la commune des Aghribs, 50 kmà l’est de Tizi-Ouzou, se sont réunis le 14 juillet dernier au siège de l’APC. Une ultime réunion pour discuter des actions à entreprendre pour protester contre la situation catastrophique de leurs villages, notamment en ce qui concerne l’alimentation en eau potable. Un rendez-vous qui fait suite à une série de concertations portant sur le même objet, dont la première rencontre remonte au 17 juillet 2006, sanctionnée alors par une déclaration qui fait mention des doléances relatives à l’AEP et auxquelles les pouvoirs publics avaient opposé l’insuffisance des ressources du forage de Oued Sebaou. Ils les avaient exhortés à attendre le transfert des eaux du barrage Taksebt. Une échappatoire, estiment les protestataires car deux années après cette première requête adressée aux différents responsables, dont le wali, soit une année après l’adduction dudit barrage qui a permis l’arrivée du précieux liquide, la population souffre toujours. Une véritable cacophonie car actuellement, avec l’arrivée des nouveaux pompages conséquents, tous les problèmes et les insuffisances de cette chaîne longtemps enfouis ressurgissent. Pourtant, ajoutent-ils, les différentes instances ont été avisées de l’état de délabrement du réseau. D’ailleurs, depuis les premières entrevues avec le P/APC, des études de tous les villages ont été faites et qui montrent qu’il faut engager beaucoup de moyens financiers pour espérer tenir la promesse de raccorder tous les villages. «A part quelques petits acquis, rien de concret n’a été fait, et situer administrativement les responsabilités est une chose difficile», reconnaissent-ils. En effet, dans leurs différentes demandes, les comités font référence aux réseaux datant des années 1970 et surtout le fait qu’ils soient non opérationnels depuis 1993. Une vétusté telle que les canalisations, c'est-à-dire les conduites de refoulement ou de distribution, sont entièrement corrodées, les réservoirs dégradés et insuffisants au vu de la multiplication de la population, l’unique station de refoulement sise au village Boudjellil est abandonnée, les équipements dégradés, des canalisations ont disparu et des branchements coupés ou même illicites. «Certes, quelques villages reçoivent de l’eau, en quantité qui reste tout de même insuffisante, mais quand on sait que 70 % de la population ne sont pas concernés, il n’y a pas lieu de s’en réjouir», conclut un membre du comité du village. Pour le P/APC, qui nous apprend qu’il a engagé la somme de 700 000 DA pour l’achat de la tuyauterie en PEHD pour parer au plus urgent, tous ces faits sont conjugués à un découpage administratif éculé sans résultat probant, et ce, malgré la bonne volonté constatée chez le DHW. Le président de l’exécutif local insiste sur la nécessité de prévoir une agence ADE de proximité qui sera installée à Fréha et non à Azeffoun comme c’est la cas. D’ailleurs les concernés eux-mêmes approuvent le fait. Concernant le financement, il ajoutera : «Nous suggérons au wali de nous accorder une subvention exceptionnelle sur les fonds de la DUC qui dispose de programmes d’amélioration urbaine consistants et de budgets non injectés qu’il y a lieu de régulariser avec la DHW dont les budgets sont consommés.» En outre, il nous apprend que même les projets de captage d’eau lancés sur le sectoriel le 31 mai 2008 ont été déclarés infructueux le 27 juillet de la même année, soit un peu moins de deux mois après. Pourtant, suggère-t-il enfin, nous n’avons aucun PCD à lancer pour le moment, les accorder en PCD aurait été plus judicieux. Les comités de village, qui ont saisi le wali à travers son chef de cabinet auquel ils ont remis leur requête, comptent le ressaisir une prochaine fois jusqu’à faire aboutir leurs revendications.
F. B.



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/08/07/article.php?sid=71868&cid=4