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Bientôt dans les free-shops des aéroports et
ports algériens :
Des voitures en détaxe !
La dépêche APS nous délivre enfin de notre angoissante attente, de notre
lancinante inquiétude : le kamikaze qui s’est explosé contre le bâtiment des
Renseignements généraux à Tizi-Ouzou était dépressif. Ouf ! Alhamdoulillah ! La
voilà donc l’explication officielle qui va tous nous aider à mieux dormir le
soir. C’était donc un chtarbé. Les pièces du puzzle de la normalité reprennent
ainsi leur place, sagement. Il y a une explication à la folie meurtrière des
tangos. Les auteurs sont, soit dépressifs comme le gus de Tizi, soit atteints
d’une grave maladie comme le vieil homme du 11 décembre, et donc, n’ayant plus
rien à perdre et tout à gagner à monter plus vite auprès des houris promises.
Elle est délicieusement tentante cette théorie qui explique le terrorisme par la
dépression ou la maladie incurable. Sauf que (c’est le moment que j’adore dans
la chronique, le moment où le sauf surgit sans prévenir) je disais donc sauf que
si demain, ou après-demain ou dans quelques jours, un kamikaze sain d’esprit, ne
souffrant d’aucun handicap physique ou mental, jouissant de toutes ses facultés
intellectuelles, apte à courir le 100 mètres en moins de 12 secondes, chaussé de
pataugas, capable de soulever 150 kg de fonte sans faire couler une goutte de
rimmel sur ses joues et pouvant aligner 5 parties d’échecs victorieuses face au
dernier champion d’Algérie de la discipline, ce kamikaze donc déclenche sa
ceinture explosive devant un commissariat, une école ou dans un marché, et bien
là, ils seraient bien emmerdés. Comment expliquer que cette personne,
hyper-équilibrée, bien sous tous rapports, le gendre idéal pour un tas de
belles-mères, ait pu commettre un tel acte ? Remarque, même là, ils sont bien
capables de l’affubler d’une tare insoupçonnée, d’un machin chose rare,
dégénérescent ou d’un quelconque déséquilibre non répertorié par les psys. Et il
se trouvera toujours un médecin pour venir en témoigner. C’est une spécialité,
chez nous. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L
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