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Bilan de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin : 4
malaises cardiaques, 3 évanouissements et 2 dépressions nerveuses dans les
rangs du…
…Comité britannique d’organisation des Jeux de 2012 !
Tu regardes la cérémonie des Jeux olympiques. Déjà, tu te
pinces pour te demander si tu fais encore partie de la même galaxie, du même
espace temps, de la même dimension. T’as de sérieux doutes. Surtout lorsque
des enfants qui peignaient une superbe fresque au sol s’envolent soudain et
que tout autour d’eux, le ciel de Pékin s’embrase de mille feux d’artifice.
T’es dans cet état d’esprit-là, vacillant presque sur ton appartenance à
cet univers littéralement post-moderne lorsque le téléphone sonne et qu’une
voix haletante t’appelle de M’sila. Sur un rythme d’enfer, tel un staccato
d’arme automatique, ton interlocuteur t’apprend coup sur coup qu’un mec
est passé sur le corps d’un autre mec avec sa voiture, qu’ensuite, la
population d’une localité dénommée Sidi Aïssa s’est dirigée en nombre
pour brûler l’hôtel du père du gars qui a écrasé l’autre gars, vous
suivez ? Ripostant à la tentative d’incendie, le proprio et ses vigiles
tirent sur la foule, tuant 3 personnes et en blessant 56 autres. Au bout d’un
moment et de beaucoup de sang versé, les assaillants, devinant que les
chargeurs étaient vides, investissent l’hôtel, le brûlent et lapident le
papa du gars qui avait écrasé un autre gars avec sa voiture, vous suivez
toujours ? Avant de se retirer des lieux de ce carnage, une partie des
assaillants traîne sur plus de 200 mètres le corps du propriétaire de l’hôtel.
Sous le choc, tu raccroches le téléphone. Pour le reprendre aussitôt. Un
autre appel. Une voix horrifiée t’apprend cette fois-ci que les supporters d’El-Harrach
et du Mouloudia d’Alger se sont affrontés à coups de sabres, de couteaux et
de haches, à Rouiba, en proche banlieue d’Alger. Là, tu raccroches.
Dégoûté, tu éteins carrément ton mobile. Et tu reprends en direct la
retransmission de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Pour
entendre le reporter dire ceci : «Présent à Pékin, le président Bouteflika
a annoncé la construction prochaine par les Chinois d’un grand opéra à
Alger.» Forcément, quelque part, entre l’hôtel brûlé de M’sila, les
portes du stade de Rouiba et le futur gigantesque opéra d’Alger, y a un truc
qui déconne dans cette histoire. Forcément. Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H. L
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