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Algérie. Canicule. Moins d’incendies de forêt
cette année et plus d’incendies…
…d’hôtels !
Il est important de bien rédiger le texte des communiqués et dépêches
officielles s’agissant des bilans d’attentats terroristes. Est-il encore normal,
en 2008, d’écrire ce qui suit : «8 personnes ont trouvé la mort dans un attentat
terroriste perpétré par un kamikaze contre un poste de gendarmerie à
Zemmouri-El-Bahri» ? Non ! L’information, rédigée de la sorte, est tronquée.
Elle ne désigne qu’un auteur, un seul de l’acte terroriste, le kamikaze. Alors
qu’il y a au moins deux auteurs. Identifiés clairement. Et la formulation la
plus juste, la plus vraie serait la suivante : «Zemmouri-El-Bahri. 8 personnes
ont été victimes d’un attentat perpétré par un terroriste et par la politique de
réconciliation nationale.» Je ne vois pas pourquoi, en vertu de quoi et sous
quel fallacieux prétexte, il faudrait exempter la réconciliation nationale de la
culpabilité qui est la sienne dans les opérations terroristes qui ont lieu
quotidiennement ? Si les recherches en ADN pour identifier les Abou Meriem aux
pieds sensibles, les Abou Houdeïfa au cerveau fragile et les Abou Machin Chose
dépressifs sont fastidieuses, longues et difficiles, l’ADN de la réconciliation
nationale, par contre, est facile à établir. Elle a un père. Ses gènes sont
répertoriés. Et nous savons quand et comment elle a commencé à sévir. Nous
savons où elle se terre. Nous savons de quelles couvertures elle se sert. Nous
savons qui la protège et qui la finance. Chaque civil, chaque militaire, chaque
policier, chaque Algérienne et chaque Algérien qui meurt aujourd’hui de la main
des terroristes est aussi la victime directe — et non plus symboliquement
indirecte — de la réconciliation nationale. La réconciliation nationale est un
auteur à part entière de l’activité terroriste. Elle peut être tantôt complice,
tantôt pourvoyeuse, tantôt soutien logistique et humain, mais elle est toujours
acteur plein et total de la violence terroriste. Même si, en apparence, ça ne
mange pas de pain, même si cela peut paraître désuet pour beaucoup, ici, dans
cet espace, à partir d’aujourd’hui, et dans tout compte-rendu d’un attentat
terroriste, la double signature de cet acte immonde sera clairement établie et
soulignée : les morts et les blessés sont les victimes d’un couple infernal à
égal degré de responsabilité : le terrorisme et la réconciliation nationale. Je
fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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