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Insolite ! Le kamikaze de Zemmouri n’était ni handicapé, ni
atteint d’une maladie incurable ni dépressif.
Cé bezzarre…
Quelle trouvaille ! Quel éclair lumineux ! Grâce à la plus haute autorité
sécuritaire du pays, les ignares que nous sommes savons maintenant que
l’attentat kamikaze de Zemmouri-El-Bahri est une réponse à l’opération militaire
qui a permis d’éliminer 12 salopards à Beni Douala. Du coup, je me sens moins
bête, moins pataud, plus initié et plus proche du cercle des ceux qui savent.
Mais de savoir que le kamikaze de Zemmouri était chargé (sans mauvais jeu de
mots) d’apporter la réponse du maquis à l’ANP, cela va-t-il ressusciter les
victimes ? Plus inquiétant encore : lorsque la plus haute autorité sécuritaire
vient affirmer qu’en moins de 48 heures, les frères barbus ont répondu à un
ratissage par un attentat au véhicule piégé, n’est-ce pas là le démenti aux
propos antérieurs de cette même autorité sur l’état des maquis ? N’est-ce pas
lui qui dépeignait les terros comme une poignée rachitique d’enguenillés
cadavériques et errant sans but précis ? Ces loosers-là sont-ils alors capables
en 48 heures chrono de bourrer une fourgonnette de 300 kg d’explosifs, de la
faire acheminer du lieu de bidouillage vers le lieu de l’attentat et de semer la
terreur en guise de réponse expresse ? Très honnêtement, je ne m’attendais pas à
ce que la plus haute autorité sécuritaire présente en ce moment en Algérie
vienne m’expliquer les fondamentaux et les motivations du GSPC. Je pense que
chaque Algérienne et chaque Algérien, au bout de 15 ans de terreur, n’a plus
vraiment besoin d’être «briefé» sur la méthode des frères des montagnes. Nous
n’en sommes plus à savoir si le 5 698e attentat kamikaze est la réponse au 5
697e ratissage de l’ANP dans les massifs de Sidali Bouneb. Et nous n’en sommes
plus non plus à prédire d’autres réponses et d’autres échanges «épistolaires».
Par contre, il serait intéressant de savoir si, en août 2008, nous devons encore
cacher honteusement notre option éradicatrice comme d’autres cacheraient une
maladie taboue, s’il est encore mal vu par les milieux de la «bien-pensance»
d’affirmer qu’un bon tango est un tango mort et s’il est diplomatiquement
incorrect et séditieux d’affirmer que rien ne nous oblige, en ces temps de
douleur, à aller faire bisou à Ahmadinedjad. Je fume du thé et je reste éveillé,
le cauchemar continue.
H. L.
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