Culture : ABDELMOUMÈNE MOHAMED HAOUA
Un animateur de charme !


Depuis qu’il était enfant, le jeune Haoua rêvait de se voir un jour sur les devants de la scène en faisant de l’animation digne des grands présentateurs. Déjà à l’âge de sept ans, il commençait à affûter timidement ses armes au sein de la troupe théâtrale El Ichara, sous la conduite de feu Boukorba et de Djamel Bensabeur. Quelques années plus tard, il décrochait son diplôme de comédien et prendra part au célèbre festival de Mostaganem de théâtre amateur pour la première fois, alors qu’il n’avait à l’époque que dix ans. Il aura l’occasion durant son parcours de comédien de théâtre, de jouer dans de nombreuses pièces de Kaki ainsi que de Djamel Bensabeur comme Diwan el guaragouz, Der el hob, Karim et les autres, Bin Bam Boum, Tobiza fel fadhaet autres El Haouita.
«Bendaâmache m’a ouvert toutes les portes…»
Lors du festival euro-méditerranéen d’art dramatique qui eut lieu à Mostaganem il y a quelques années, Abdelmoumène Mohamed Haoua en profitera pour subir un stage concernant le jeu du comédien dans la comédie de l’art et ce, auprès de l’homme de théâtre italien Tonio Caferria. Entre-temps, vers 2001, il fera ses débuts au tant que présentateur sur scène. Il animera l’hommage rendu à l’époque à feu Benaïssa Abdelkader, éminent historien, chercheur et homme de culture. Une ambiance extraordinaire a été créée d'ailleurs par Haoua au sein même du domicile du regretté Benaïssa, dans sa belle villa à Hassi-Mamèche. Depuis lors, les contacts se multiplieront et notre tout jeune star commencera à se payer de sacrées soirées ici et là. Par ailleurs, lors des présélections inscrites dans le cadre de «Alger, capitale de la culture en France», Haoua aura eu la chance d’apprendre davantage de Sid Ahmed Guenaoui et de son équipe de l’ENTV. Puis il tentera une expérience à la radio de Mostaganem, plus tard à celle d’El-Bahia d’Oran où il aura eu à animer une émission «Quaâdate Lahbab» aux côtés de Kahina et du réalisateur Bouali. Quelque temps plus tard, il rencontrera l’éminent chercheur en musique, Abdelkader Bendaâmache et le sollicitera gentiment afin de peaufiner ses connaissances et de mieux apprendre encore dans le monde des arts et de la musique notamment. Ce dernier, comme à son habitude, n’a pas hésité pour enrôler notre ami Haoua et du coup le lancer dans le bain. Ainsi, le jeune Abdelmoumène se verra, comme par enchantement, propulsé vers la cour des grands et ce, à la faveur du flair d’un autre artiste nommé Bendaâmache qui a vu en ce jeune talent de grandes qualités d’orateur. Pour ce faire, il lui proposera d’animer sur scène la première édition du festival de la chanson chaâbi amateur ? Dès lors, l’enfant digne des Béni Haoua s’en sortira avec maestria et ce, sous les feux de la rampe, face aux caméras et flashs divers au moment où le public algérois aura eu le temps de découvrir ce soir-là, un nouveau prodige du micro.
Un style d’animation unique en son genre
Rappelons que l’animateur invétéré que reste le jeune Abdelmoumène, a déjà animé ces deux dernières années le festival du hawzi de Tlemcen et ce, avant qu’il se découvre des dons d’organisateur du festival du théâtre professionnel puisque étant actuellement président de section de l’animation culturelle à la résidence des étudiants de Bouraoui à El Harrach (Alger). Haoua, pour ceux qui l’ignorent adopte sur scène un style propre à lui. Il doit être sans doute le seul et unique présentateur à savoir mettre dans un mélange des plus buvables, de sacrés ingrédients au goût des plus belles saveurs… Ainsi, a-t-il le don de transporter le spectateur dans l’espace et dans le temps lorsqu’il s’agit d’évoquer tous les trésors du patrimoine immatériel notamment, que détient Mostaganem et sa région. Il a le cachet au véritable conservateur jaloux des valeurs culturelles et artistiques de son patelin. Il a le don dans son style particulier, de charmer son public en lui déclarant de ces mélodies et paroles justes de notre tradition orale. Le jeune Haoua a en tête en plus une foule de poèmes bradés dans le genre soufi notamment et écrits par nos aïeux. Il le dit avec un charme indescriptible qui ne laisse pas du tout indifférent son auditoire. La poésie Samaâ est également son fort. Aussi, sait-il fouiller dans le riche répertoire de cheikh El-Alaoui avec à la clé « Dekr sbab koul khir…». En plus d la poésie de Sidi Lakhdar Benkhlouf, il y a celle de Mohamed Benslimane, Mbarek Soussi, El-Kababti, Cheikh El- Bouzidi et autre cheïkh Madani. Avec Haoua en tout cas, le spectacle est assuré dans l’ambiance bon enfant des familles et dont il a seul le secret. Sacré Abdelmoumène !
Sid-Ahmed Hadjar

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