
Régions : AÏN-BEÏDA Bouakkouz, une cité oubliée
Surplombant une colline à l’est de la ville de Aïn-Beïda, Bouakkouz est une cité qui abrite près de 600 familles dont une grande partie est composée de familles relogées après le rasage de la cité Dominique. Les habitants de cette périphérie sombrent sous les problèmes et ne semblent pas trouver d’issue. En compagnie de M. Belkhir H., président de l’association, nous avons visité ce quartier. Pour mieux cerner leurs problèmes et une meilleure prise en charge, les habitants se sont érigés en association et ont pris en main leur quotidien, comme l’attestent les différentes correspondances adressées aux responsables locaux. Malgré l’existence d’un château d’eau à quelques encablures du quartier, l’eau ne coule que dans quelques robinets et très rarement ; l’on évoque même la disparition de vannes de régulation. Par ces chaleurs torrides, les habitants sont contraints de s’approvisionner en citernes dont la qualité est douteuse . En ce qui concerne le gaz, par le canal de leur association, les habitants ont saisi toutes les autorités y compris les plus hautes instances, suite à quoi la Sonelgaz a procédé à la réalisation du réseau principal, sans toutefois entamer les branchements des foyers. Si cette situation perdure, les habitants, à l’approche de la saison hivernale, seront obligés de recourir à la butane à un prix dépassant l’entendement. Plongé dans une obscurité totale, faute d’éclairage public, le quartier est devenu un lieu privilégié des malfaiteurs qui règnent en maîtres. Il est impossible de s’aventurer dehors le soir ou très tôt le matin. Les citoyens sont souvent victimes d’agressions et de vols. Les habitants, conscients de l’importance de l’hygiène, n’ont pu maintenir les lieux propres du fait que les services communaux ne procèdent pas au ramassage des ordures ménagères et l’amoncellement des immondices tout autour du quartier dégagent des odeurs pestilentielles. La cité Bouakkouz souffre d’isolement et ne possède aucun accès aménagé vers la ville de Aïn-Beïda. Le seul chemin qui existe est poussiéreux en été et impraticable en hiver. L’oued jouxtant la cité déborde lors des crues et sépare carrément le quartier de la ville. Quant au transport public, il est inexistant. Une aubaine pour les clandestins qui pratiquent des prix très élevés prétextant l’état des routes. Les écoliers du deuxième palier rejoignent leur établissement scolaire à pied et plusieurs fois par jour. Il faut croiser les doigts pour ne pas tomber malade. La cité ne dispose même pas de salle de soins de première nécessité, les habitants sont contraints de prendre un taxi clandestin (400 DA) pour rejoindre l’hôpital de la ville ; pour les urgences de nuit, il ne faut même pas y penser. L’enseignement est le parent pauvre dans ces lieux aux conditions précaires. Une seule école existe pour toute la cité, pourtant, cet établissement a enregistré de bons résultats scolaires. Lors du passage du ministre de l’Education nationale, instruction a été donnée pour la construction d’une cantine scolaire au niveau de cet établissement, mais aucune suite n’a été donnée. Les 600 familles de la cité Bouakkouz lancent un cri de détresse aux responsables concernés pour mettre fin à leurs souffrances.
Moussa Chtatha
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