
Sports : L’ATHLÉTISME ALGÉRIEN FACE À SON DESTIN Jour de vérité pour Boukensa et Aït-Salem De notre envoyé spécial à Pékin, Chafik B.
La deuxième journée d’athlétisme prévue aujourd’hui s’annonce palpitante pour les Algériens. Dans l’épreuve du 1500 m, qui amorce déjà les demi-finales, la bataille pour la finale sera âpre. Antar Zerguelaïne (série 1) et Tarek Boukensa (série 2), qui ont assuré lors du premier tour, se jetteront dans le bain. Tous les deux joueront gros. Si Zerguelaïne risque de ne pas atteindre la finale en raison de son manque
de compétition, Boukensa demeure menacé par la concurrence qui prévaudra dans sa
série. Aux côtés du Bahreïni Rachid Ramzi, du Français Mehdi Baâla, de
l’Américain Lagat, champion du monde en titre, Boukensa est tombé sur un terrain
miné. Il ne s’est pas dépensé par rapport à ses concurrents, mais il n’en
demeure pas moins qu’il lui sera difficile de prendre de l’ascendant.
Pourra-t-il réagir à n’importe quelle tactique, qu’elle soit lente ou rapide ?
La course sera sûrement lancée sur des bases rapides par l’ancien Marocain,
Rachid Ramzi, lequel tentera de «tuer» la course. Un choix qui pourrait être
salutaire pour Boukensa. C’est, semble-t-il, le plan qui arrangera Boukensa,
toujours en quête d’un podium olympique. C’est une finale avant la lettre que
Boukensa ne doit pas rater, surtout qu’il n’y a plus de leader dans cette
distance depuis la retraite du Marocain El Guerrouj, double champion olympique.
Rencontré au village olympique des athlètes, Boukensa a donné l’impression qu’il
ne vit pas trop la pression. «C’est une demi-finale extrêmement difficile. Ce
sont pratiquement les favoris au titre olympique qui vont se croiser avant la
finale. A mon avis, la course sera rapide, mais qui prendra le risque de la
lancer ?» s’est-il interrogé. Le Marocain Saïd Aouita, qui suit Boukensa depuis
plusieurs années, dira : «Boukensa a les moyens de s’en sortir, de se qualifier
et même de prendre une médaille. Il ne doit pas rater cette occasion.» Boukensa,
qui reste la seule chance de médaille pour l’athlétisme algérien, n’a pas le
droit de décevoir. Il doit confirmer ses grandes potentialités durant cette
course spectaculaire mais inédite. Parmi les autres participants algériens
engagés aujourd’hui, il y aura Aït-Salem Souad qui se lancera dans la finale du
marathon féminin dont nul ne peut avancer le nom du favori. Aït Salem tentera de
créer l’exploit. Sur les artères de Pékin, la course au podium sera disputée.
Terminant 16e aux derniers Mondiaux d’Osaka, Aït-Salem aura acquis de
l’expérience pour tabler sur un meilleur classement. Ses concurrentes chinoises
emballeront la course. Aït-Salem sera seule contre toutes. Hier, le marcheur
Ameur Mohamed a terminé 48e (1.32.21). Sur 3 000 m steeple, Rabie Mekhloufi,
classé 8e en 8’29’’74, a été éliminé alors que le sauteur Nima Issam a déclaré
forfait en dernière minute à cause d’une blessure qui s’est réveillée lors de la
séance d’échauffement. A signaler, enfin, que l’athlète Khoudir Aggoune, engagé
sur le 5 000 m, a renoncé à la course du 10 000 m. Sa décision intervient suite
à la sommation faite par la FAA, via le chef de la délégation à Pékin, Mohamed
Méridja. L’enfant d’El-Kseur a estimé qu’il est venu aux JO pour une seule
course (5 000 m).
C. B.
SOMPTUEUSE SOMPTUEUSE FINALE DU 100 M FINALE DU 100 M
Titre olympique et record du monde pour Usain Bolt
Le Jamaïcain Usain Bolt est devenu champion olympique du 100 m, en battant le
record du monde (9’’69, vent nul), en devançant en finale le Trinidadien Richard
Thompson (9’’89) et l'Américain Walter Dix (9’’91), hier à Pékin. C'est la
première fois qu'un Jamaïcain gagne la médaille d'or du 100 m aux Jeux
olympiques. Bolt, 21 ans, remporte ainsi son premier titre international, un an
après avoir pris la 2e place sur 200 m aux Mondiaux d'Osaka. Il améliore par la
même occasion de trois centièmes son ancien record du monde (9’’72), qu'il avait
établi le 31 mai à New York. Le Jamaïcain s'est détaché aux 50 mètres. Conscient
de son avance, il a écarté les bras aux 80 mètres et s'est même tapé la poitrine
avant de franchir la ligne. Il a ensuite entamé un tour d'honneur, drapeau
jamaïcain sur les épaules, sur des airs de reggae crachés par la sono du stade.
La surprise est venue de la nouvelle contre-performance de son compatriote,
Asafa Powell, qui a une nouvelle fois craqué sous la pression. L'ancien
détenteur du record du monde termine 5e en 9 sec 95, comme aux Jeux d'Athènes en
2004, alors qu'il visait l'or. Thompson et Dix ont profité de l'absence du
champion du monde américain Tyson Gay, trop court en demi-finale un mois et demi
après sa blessure à l'ischio-jambier, pour remporter leur première médaille dans
une grande compétition internationale. Bolt peut désormais entrer dans
l'histoire en devenant le premier homme à réussir le doublé 100 m/200 m aux Jeux
olympiques depuis l'Américain Carl Lewis à Los Angeles en 1984. L'immense
Jamaïcain (1,96 m, 88 kg) est le grandissime favori du demi-tour de piste qui
est son épreuve de prédilection. Deuxième aux Mondiaux l'an dernier derrière
l'Américain Tyson Gay, qui ne s'est pas qualifié cette année, il possède les
trois meilleurs chronos de la saison sur la distance. Bolt avait disputé son
premier 100 m il y a tout juste un an. C'était très exactement le 18 juillet
2007 à Réthymnon, en Crète. Sa course était passée inaperçue, car il n'avait
couru qu'en 10 sec 03, mais il avait terminé en trottinant selon son agent Ricky
Simms. Le Jamaïcain a véritablement fait irruption sur la planète 100 m le 3 mai
dernier à Kingston, en courant en 9 sec 76, alors 2e chrono de l'histoire à deux
centièmes de l'ancien record du monde de Powell (9’’74). Il ne s'agissait que de
sa troisième sortie sur la ligne droite. Il ne lui en a fallu que deux de plus
pour s'emparer du record du monde à New York. C'est ce jour-là qu'il s'est fait
connaître du grand public, mais le monde de l'athlétisme suivait de près le
phénomène depuis les Mondiaux juniors 2002 à Kingston. Devant son public, Bolt
était alors devenu le plus jeune champion du monde juniors de l'histoire sur 200
m, à même pas 16 ans. Deux ans plus tard, il avait confirmé son formidable
potentiel, en passant sous les 20 sec sur le demi-tour de piste (19.93). Blessé,
il n'avait cependant pas pu défendre ses chances correctement aux Jeux
d'Athènes. L'année suivante, aux Mondiaux- 2005, il avait encore été fauché par
une blessure en finale du 200 m. Selon son entourage, ses problèmes musculaires
ne sont plus qu'un mauvais souvenir depuis qu'il a terminé sa croissance.
MOUSSA AHMED (ENTRAÎNEUR NATIONAL DE JUDO MESSIEURS) :
«Notre réussite est à 100 % algérienne»
L’entraîneur national de l’équipe masculine de judo, Ahmed Moussa, qui
était très en colère contre l’arbitrage, est enfin récompensé. Son protégé Amar
Benyekhlef qu’il coiffe depuis plus de huit ans, a arraché la première médaille
d’argent olympique dans l’histoire du judo algérien. Une distinction que le
sélectionneur national Ahmed Moussa, ancienne coqueluche du judo, a commentée
pour nos lecteurs comme il a analysé la participation d’ensemble de nos judokas.
Le Soir d’Algérie : Parlez-nous de la médaille d’argent arrachée par
Benyekhlef ?
Moussa Ahmed : C’est une médaille qu’on attendait depuis plusieurs années.
Ceux qui ont connu Amar savaient qu’un jour, il ferait parler de lui au niveau
mondial. Il recèle de grandes qualités physiques et mentales. Il est très
discipliné aux entraînements. C’est cela qui a fait sa force.
Le podium est-il programmé dans votre corde ?
Effectivement, on a tracé cet objectifs depuis 2001, c’est-à-dire lorsque
Benyekhlef avait à peine 21 ans. La progression était ascendante sans pour
autant brûler les étapes. A la veille des JO, on a eu les repères nécessaires
pour se mesurer aux grands de la discipline.
Pourquoi les autres judokas n’ont pas réussi leur sortie de Pékin ?
C’est ça le sport individuel. Lorsqu’on décroche deux médailles parmi 210
pays présents à Pékin, c’est un grand exploit qui restera impérissable dans les
mémoires. Beaucoup de pays huppés n’ont pas récolté de médailles. J’ajoute que
l’émergence du judo en terre chinoise est un résultat 100% algérien. Ce qui n’a
pas manqué de frapper les esprits. Je me permets d’évoquer également la 9e place
de Rachid Ouerdane qui est passée inaperçue.
Quels conseils avez-vous prodigués à Benyekhlef avant l’entame des combats
?
J’étais obligé de transmettre des conseils à Amar en fonction de la tactique
adoptée par ses concurrents. Sur ce point, il ne fallait pas commettre d’erreur
qui aurait été fatale pour Benyekhlef. Car il était très attendu par ses
adversaires notamment après avoir éliminé le Suisse et le Français.
Quels sont les prochains objectifs ?
Ce sont les Mondiaux seniors messieurs et dames qui se dérouleront en
octobre prochain en Allemagne. Après une période transitoire, on se remettra au
travail.
Propos recueillis par C. B.
LA GAZETTE DES JEUX
SOLIDARITÉ
Un journaliste québécois a récupéré sa valise totalement détruite à son
arrivée à l'aéroport de Pékin. Seule lui restait une paire de chaussures aux
lacets coupés. Emu par son histoire, et surtout blagueur, un de ses collègues a
publié la mésaventure en lançant un appel à la solidarité des Québécois.
«Envoyez-lui des lacets» a-t-il écrit en substance en donnant l'adresse du
malheureux au village des médias à Pékin. Surpris quelques jours plus tard, le
jeune homme a reçu des paquets contenant les précieux lacets de remplacements.
DATE
Le poids coq (54 kg) Akhil Kumar se souviendra longtemps du 15 août 2008,
jour de la fête nationale (Independence Day) en Inde. Vendredi, il a en effet
battu le champion du monde russe Sergey Vodopyanov en 8e de finale au terme d'un
incroyable suspense. Après avoir été mené 4-6 au milieu du 3e round, Kumar est
revenu à 9-9 au terme du combat qu'il a finalement remporté sur décision des
juges. «J'avais dit que je gagnerais et je l'ai fait», a confié le boxeur
indien. «J'avais confiance en mon étoile et en ce jour de fête de l'indépendance
j'ai offert ce cadeau à la nation».
AMI
A son retour en Espagne après sa 4e place du contre-la-montre des JO, Alberto
Contador a coupé court à une polémique sur le prolongateur qui équipait le vélo
de l'Américain Levi Leipheimer, médaillé de bronze. «Levi est un coéquipier
(chez Astana) et un ami», a déclaré l'Espagnol. «Je ne crois pas qu'il y ait de
raison de remettre en cause le classement. Il a déjà utilisé son vélo dans
d'autres courses et il n'aurait pas été autorisé à prendre le départ si c'était
contraire au règlement».
OISEAUX
Avant que leur Nid ne soit envahi par des milliers de bruyants spectateurs, des
centaines d'oiseaux s'égaillent dans le stade olympique. Pour l'instant, on ne
déplore aucune victime pendant les épreuves de lancer.
MENTAL
Le champion olympique en titre du 400 m haies, le Cubain Felix Sanchez, a été
éliminé dès les qualifications vendredi. Il venait d'apprendre juste avant sa
course, le décès de sa grand-mère. «Dans ce sport, il y a 90% de mental, et je
n'avais plus la motivation. Je ne pensais qu'à une chose, être là-bas avec ma
famille. J'ai même failli ne pas courir. Si je l'ai fait, c'est pour elle»,
a-t-il expliqué.
ISOLÉ
Romain Mesnil, en pointe sur la question des droits de l'Homme en Chine au
printemps, a laissé ses bracelets aux couleurs olympiques à Paris : «Soit je les
gardais mais sans y donner une signification particulière et ce n'était pas
intéressant, soit je revendiquais une signification et je risquais de me faire
taper sur les doigts».
INDISPOSÉE
Shalane Flanagan, médaillée de bronze surprise sur 10 000 m lors de la journée
inaugurale d'athlétisme, a eu à surmonter un adversaire tout aussi coriace que
ses rivales pour accéder à ce podium historique. La fondeuse de Caroline du
Nord, victime d'une sévère crise de gastro-entérite au camp de base des
Américains à Dalian mardi, avait été indisposée pendant les 48 heures suivantes.
Elle s'était même interrogée sur sa participation, avant de se décider à enfiler
les pointes.
CADEAU
En «Une» du Legal Evening News samedi une photo de l'athlète afghane Robina
Muqimyar. Si elle n'a pas réussi à passer le cap des qualifications pour le 100
m, elle s'est vu offrir par une journaliste de ce quotidien du soir de Pékin une
paire de chaussures verte fluo... «On n'a pas de sponsor, on doit tout acheter»,
avait-t-elle expliqué au journal.
BOXE
Kassel mis KO
Le boxeur algérien Nabil Kassel (cat. 75 kg) a été éliminé aux points (21-14)
par l'Irlandais Sutherland Darren John, en match comptant pour les 1/8es de
finale du tournoi de boxe des Jeux olympiques de Pékin, hier.
Le pugiliste algérien, qui a résisté durant les trois premiers rounds, s'est
écroulé lors du 4e et dernier round en subissant un sec (7-1). Les scores des
rounds ont été comme suit : (4-4), (5-6), (5-3) et (7-1).
Trois boxeurs algériens restent encore en lice en quarts de finale prévus lundi
et mardi. Il s'agit de Abdelkader Chadi (57 kg), Noufel Ouattah (+91 kg) et
Abdelhafid Benchebla (-81 kg).
IL NE LUI RESTE QUE L’OR DU 4X100M 4 NAGES
Phelps en route pour l'historique Grand Huit
Sauf accident avec le relais américain du 4x100 m 4 nages, Michael Phelps
deviendra aujourd’hui le premier athlète à remporter huit médailles d'or lors
des mêmes Jeux olympiques après son épique succès sur 100 m papillon hier à
Pékin.
L'autre temps fort de la matinée dans le «Cube» a été l'explication des «gros
bras» sur 50 m libre, avec le premier Brésilien champion olympique de natation,
Cesar Cielo Filho, devant les Français Amaury Leveaux et Alain Bernard, le
champion olympique du 100 m. En attendant son sacre absolu, Phelps a livré un
duel mémorable au Serbe Milorad Cavic pour s'imposer «à la touche». Quelques
millimètres d'avance pour l'éternité. Peut-être perturbé par la provocation du
Serbe le défiant en lui faisant face avant de monter sur le plot, Phelps a
atteint la mi-course en 7e position. Cavic, lui, avait déjà culbuté depuis
62/100e de seconde. Un écart visible à l'œil nu qui laissait croire possible une
défaite de l'Américain. Mais pour sa 16e course en huit jours, il a puisé. Et à
un mètre du mur, Phelps a balancé ses bras pour un ultime mouvement de «pap».
Cavic, lui, a choisi de s'étirer... Et Phelps a gagné.
«Le soleil brille»
pour Cielo Après la course, les Serbes ont bien essayé de faire monter leur
nageur sur le podium aux côtés de Phelps, mais leur réclamation fut vaine. Le
meilleur est bien le «Kid de Baltimore». «Je suis encore sous le choc. Un
centième de seconde, c'est le plus petit écart en sport», a lancé l'immense
champion avant de sourire : «C'est cool en fait». A voir son cri de «Tarzan» et
sa façon de mettre des claques dans l'eau à l'arrivée, on comprend qu'il a eu
peur de l'échec, comme lors du relais 4x100 m libre face aux Français.
Débarrassé de cette épreuve, Phelps peut croire en une apothéose aujourd’hui
avec ses copains de relais 4x100 m 4 nages. Une médaille —quelle que soit la
couleur — lui assurera en plus de devenir l'athlète masculin le plus médaillé de
l'histoire avec 16 médailles (8 à Athènes et 8 à Pékin). Avec le champion
olympique du 100 m dos, Aaron Peirsol, le 3e du 100 m libre, Jason Lezak, le 4e
du 100 m brasse, Brendan Hansen, et Phelps, seul un accident de parcours, comme
une disqualification pour faux départ par exemple, semble en mesure de se mettre
en travers de la route de Phelps.
Adlington efface Evans
Sur 50 m libre, personne n'a pu se mettre sur le chemin de Cesar Cielo Filho.
Totalement bouleversé sur le podium, le plus jeune des engagés de la finale (21
ans) a réalisé la portée de son exploit de longues minutes après. «J'ai de la
chance, le soleil a brillé sur moi. J'ai beaucoup travaillé sur les détails,
j'ai beaucoup observé les différentes techniques permettant de s'améliorer sur
le 50 m. Tout se joue à quelques centièmes de secondes. Le 50 réserve toujours
des surprises. Aujourd'hui, c'était ma journée, j'ai triomphé», a lancé
l'émouvant nageur, vite rejoint au bord du bassin par ses coéquipiers pour de
longues et belles embrassades. En 21 secondes 30/100, il a devancé un duo
français, Amaury Leveaux, bien caché à la ligne n°8 (21’’45) et Alain Bernard
(21’’49), qui remporte sa troisième médaille chinoise après le 100 m libre et
relais 4x100 m libre avec Leveaux. Mais l'exploit est aussi venu de Rebecca
Adlington, déjà sacrée sur 400 m libre. A 19 ans, la jeune Britannique a effacé
l'un des monuments de la discipline, l'Américaine Janet Evans, qui restait la
détentrice du plus vieux record du monde (8’16’’22, le 20 août 1989). Adlington,
en pleurs dans l'eau, a abaissé ce chrono de plus de deux secondes (8’14’’10).
«Je n'arrive pas à croire ce qui m'arrive. Ce n'est pas comme sur le 400. Là,
j'ai su très tôt que j'avais gagné, c'est totalement incroyable», a-t-elle
lâché. Enfin la Zimbabwéenne Kirsty Coventry a, elle aussi, poursuivi sa moisson
avec le titre sur 200 m dos, portant à quatre son nombre de médailles dans le
Cube après l'argent sur 100 m dos, 200 m 4 nages et 400 m 4 nages.
La supériorité de Phelps en 10 points
CORPS : il n'a certes pas le physique d'un mannequin, avec ses
oreilles décollées et son menton en pointe, mais son corps est parfait pour sa
discipline. Avec une envergure de bras de 2 mètres, il a la particularité d'être
«plus large» que haut (1,93 m). Son amplitude lui offre un avantage dans les
bassins, notamment en papillon, à l'image de «l'Albatros» allemand Michael
Gross. Et ses pieds, pointure 49, constituent aussi un atout.
TECHNIQUE : au-delà de son rituel sur le plot de départ (montée par le
côté, mouvement de décontraction du bras puis deux étirements des bras qui se
touchent et claquent dans le dos), la grande différence technique du Phelps se
situe sous l'eau. A chaque coulée, il descend plus bas que ses rivaux (plus d'un
mètre) et ne perd pas de vitesse. La musculature et la forme de son dos (bassin
étroit) lui permettent aussi de se cambrer beaucoup plus pour ressortir de l'eau
et gagner en puissance.
MENTAL : élevé dans le Maryland, Phelps a grandi, comme tous les
petits Américains, avec l'esprit de «gagne». Le doute n'existe pas chez le jeune
homme de 23 ans. Toujours souriant et gentil, le «Kid de Baltimore» résiste
facilement à son statut de star en restant simple. Serein, il peut ainsi être
souriant sur un podium olympique et deux minutes plus tard au départ d'une
demi-finale pour une autre épreuve sans rien perdre de sa concentration.
ENTRAÎNEUR : Bob Bowman, visionnaire, restera à jamais celui qui a
découvert le prodige à 11 ans, lorsqu'il barbotait dans les bassins de
Baltimore. Homme intelligent et aux allures douces, Bowman a su façonner son
poulain pour en faire ce qu'il est aujourd'hui. «Aucun autre entraîneur n'aurait
pu m'emmener à ce niveau», dit souvent Phelps. Pour soulager son nageur de
certaines obligations médiatiques, il est aussi capable de se mettre en avant.
Il aurait reçu des ponts d'or pour entraîner dans des universités prestigieuses.
SOUTIEN : ses parents étant divorcés, Phelps est resté très proche de
sa maman, directrice d'école. A Omaha, lors des sélections olympiques, comme à
Pékin, sa mère Debbie et ses sœurs, dont l'une a raté la sélection olympique de
très peu en 1996, ne sont jamais loin pour recevoir son bouquet de fleurs. Il
est aussi très entouré par les gens de la société «Octogone» qui gère ses
affaires.
PROGRAMME : les mauvaises langues diront que le programme olympique a
été concocté spécialement afin de lui permettre de tenter son pari : remporter
huit médailles d'or et jeter ainsi Mark Spitz et ses 7 titres des Jeux de 1972
aux oubliettes. A l'exception de deux soirées (séries des relais), il a nagé 13
des 15 sessions (matin et soir). Un jour, mercredi, il a même eu deux finales.
Son maximum a été de trois courses en une journée (lundi et mercredi). Vendredi,
il a enchaîné la finale du 200 m 4 nages et la demi-finale du 100 m papillon en
20 minutes, sans en souffrir.
GESTION : avec 17 plongeons en neuf jours, Phelps n'a pas cherché à
gagner toutes les séries, ni même toutes ses courses. Il s'est classé 3e de sa
demi-finale du 200 m libre. Par contre, quand cela compte, plus de calcul, avec
un record du monde sur ses six premières finales. Et il a également soulagé son
calendrier en intégrant les relais uniquement en finale.
EXPÉRIENCE : dans le «Cube», et à seulement 23 ans, il est déjà un
vétéran de l'olympisme. Sa première expérience date de Sydney. En 2000, il a 15
ans et il est le plus jeune sélectionné américain depuis 1932. Il finit déjà 5e
du 200 m papillon. Quatre ans plus tard à Athènes, il éclate avec six titres et
deux médailles de bronze. Les villages olympiques et la routine des JO n'ont
plus de secret pour lui à Pékin. Et ça compte.
SPONSOR : aidé par Speedo alors qu'il est encore adolescent, il quitte
le lycée pour devenir «pro». Avant les JO-2004, l'équipementier, qui sent tout
l'intérêt à retirer d'un tel talent, lui offre 1 M USD s'il égale le record de
Spitz. Echec, il n'en gagne «que» six. Quatre ans plus tard, le défi s'est durci
: huit. Mais la somme en jeu est demeurée la même.
MAILLOT : comme tous les nageurs, Phelps a tiré profit de la
révolution de la LZR, cette combinaison miracle, qui fait tomber les records
depuis le début de l'année. Phelps en est à huit en 2008 (deux relais et six
individuels).
Selon l'épreuve, il porte la version «short», «jambes» ou «intégrale». «Elle
fait la petite différence», répète-t-il souvent.
À LA FOIS MÉDAILLÉE EN AVIRON ET EN CYCLISME
Exceptionnelle Rebecca Romero !
La Britannique Rebecca Romero, assurée, sauf extraordinaire retournement de
situation, de décrocher une médaille aujourd’hui dans la poursuite dames de
cyclisme, va devenir la deuxième athlète à réussir l'exploit rarissime de
décrocher deux médailles dans deux sports différents aux JO d'été. A Athènes, la
jeune femme, qui est maintenant âgée de 28 ans, avait été médaillée d'argent en
aviron avec le quatre de couple britannique. Seule, une Allemande de l'Est,
Roswitha Krause, qui s'est illustrée en natation aux JO de Mexico 1968 (2e) et
en handball aux JO de Montréal 1976 (2e) et de Moscou 1980 (3e), a réussi un
exploit comparable, selon les statistiques olympiques. Pour l'anecdote,
l'Américain Tim Shaw a accédé, lui aussi, au podium, en natation (2e en 1976) et
en water-polo (2e en 1984). La performance est moins rare si l'on prend en
compte les JO d'hiver. Ne serait-ce qu'à cause des analogies entre le cyclisme
et le patinage de vitesse (Clara Hughes, Christa Luding- Rothenburger, Connie
Paraskevin-Young, etc.). Eric Heiden, l'un des héros du sport (quadruple
champion olympique de patinage à Lake Placide 1980), incarne lui aussi cette
dualité. Mais l'Américain n'a jamais connu la consécration sur la route. Romero,
issue d'une mère britannique et d'un père d'origine espagnole, a poursuivi
l'aviron — qu'elle a commencé à pratiquer tardivement à l'âge de 18 ans —
au-delà des JO d'Athènes. En 2005, elle devient même championne du monde dans la
même épreuve, avec le même bateau, avant de devoir prendre du recul à cause d'un
problème au dos. «Je traînais ma misère dans l'aviron, j'avais de moins en moins
de plaisir», raconte-t-elle. «J'ai décidé d'arrêter mais sans avoir en tête à ce
moment-là l'option cyclisme.» Pendant ce temps de réflexion, elle se consacre à
ses études (marketing et communications). «Je me demandais ce que j'allais faire
quand j'ai rencontré l'un de mes amis très impliqué dans le milieu sportif. Je
lui ai dit que j'aimerais bien faire un essai sur la piste. Il a appelé la
fédération britannique.» Après des tests, qui montrent un potentiel intéressant,
la Britannique reçoit en avril 2006 son vélo de piste. Un an plus tard, elle
décroche la médaille d'argent de la poursuite aux Championnats du monde. «J'ai
gagné cette médaille un an exactement après mes débuts», se souvientelle. Encore
douze mois et la voilà médaillée d'or mondiale sur sa piste habituelle
d'entraînement à Manchester. Avant de partir à la conquête de l'or à Pékin.
C’EST LA PÉPINIÈRE DES CHAMPIONS VENUS D’ÉTHIOPIE
Bekoji célèbre le triomphe de Dibaba
A Bekoji, petite ville perchée aux sommets des hauts plateaux éthiopiens,
tous les habitants se sont rassemblés dans les cafés vendredi pour voir l'enfant
du pays Tirunesh Dibaba, 22 ans, remporter la médaille d'or olympique du 10 000
m à Pékin. «Ce n'est pas une surprise. Je n'ai jamais douté qu'elle terminerait
première», assure Sintayehu Eshetu qui avait entraîné la jeune championne à ses
débuts. Après être restée derrière sa rivale Elvan Abeylegesse durant la majeure
partie de la course, Tirunesh Dibaba a mis le turbo dans les derniers 400 m pour
s'adjuger l'or olympique. «Il y avait quand même de la concurrence», souligne
Sintayehu Eshetu en regardant son ancienne protégée poser devant les
photographes sur la télévision du café. Non loin de là, dans un autre café, le
Tola, les clients se lèvent pour regarder le tour d'honneur de la championne.
«Son frère m'a dit qu'il se serait tué, si elle n'avait pas gagné la course»,
confie l'un des supporters de la nouvelle médaillée d'or olympique du 10 000 m.
A Bekoji, les habitants sont habitués aux victoires de leurs athlètes. Située
derrière un volcan endormi, à 250 km de la capitale, Addis Abeba, cette petite
ville de 30 000 habitants est une véritable pépinière de champions.
Après Dibaba, Bekele ?
Elle a vu notamment défiler Derartu Tulu, qui a ramené à l'Afrique subsaharienne
sa première médaille d'or olympique en remportant le 10 000 m à Barcelone en
1992, et Fatuma Roba, victorieuse du marathon à Atlanta en 1996. Mais encore et
surtout Kenenisa Bekele, titré à Athènes en 2004 sur 10 000 m messieurs,
distance dont il détient le record du monde tout comme celui du 5 000 m, et qui
pourrait apporter deux nouvelles médailles à l'Ethiopie, à Pékin. Entourée de
champs de blé et chauffée toute l'année par une température modérée, Bekoji est
un endroit idéal pour l'entraînement des athlètes de fond ou de demi-fond.
Située à 2 800 mètres audessus du niveau de la mer, la ville impose des
contraintes en oxygène aux coureurs et présente des intérêts au niveau de la
préparation. «Les coureurs locaux sont légers. La qualité de leur sang et leurs
autres aptitudes naturelles leur offrent les aptitudes nécessaires pour les
courses de fond», explique un entraîneur local. Bekoji est restée une ville très
rurale. Les routes les plus proches sont situées à 80 km. Les habitants doivent
parcourir de longues distances pour leurs activités quotidiennes. Les enfants en
particulier ont pris l'habitude de courir des dizaines de kilomètres pour se
rendre à l'école et revenir chez eux.
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