Vox populi : Ben, je vous aime !

Que puis-je donc dire sur ce valeureux bonhomme qui a propulsé nos jeunes vers les sommités de la gloire ? Comment puis-je le remercier ?! Je n’en sais fichtrement rien ! Dois-je crier son nom haut et fort sur tous les toits algériens ? Le clamer sans relâche ?
Ça ne saurait être qu’insuffisant ! Le combler de louanges sur nos forums algériens... là où on prône la liberté ? (Ô que ce mot m’est devenu étrange... constituant —ce qui me semble irrémédiable — une véritable utopie !), cela suffit-il peut-être ? Non ! Évidemment que non ! Bon ! Et si nous nous exprimions correctement, à présent que nous avons quelque peu ironisé la situation afin de détendre l’atmosphère. Eh oui !... Bien des jeunes sont sérieusement abattus en ce merveilleux été caniculaire grâce à ce vaillant monsieur ! Bien des jeunes ont vu leurs rêves s’évaporer d’une manière si soudaine qu’on aurait cru à un tour de magie ! (Ce qui m'aurait paru plus plausible ! ). A moult reprises, j’ai pu recueillir sur vos colonnes divers avis émanant de nombreuses personnes aux archétypes assez similaires : «Des jeunes désespérés, anéantis par les aléas de la vie algérienne, cherchant par-dessus tout à s’exprimer, parler de ce qui les turlupine tant !» Nous aurions été de l’autre côté de la Méditerranée, toutes les plaintes auraient pointé du doigt le chômage, la pauvreté, la législation régissant le marché du travail, mais presque jamais la «médiocrité du système éducatif», encore moins la santé – eux, ils n’ont pas de choléra ! De là à évoquer le palu... !). Une question me tourmente énormément ; M. Ben croit-il que les Algériens sont dupes ? De simples pions ingénus aisément maniables sur l’échiquier dont il gouverne la tutelle ? Cela me paraît assez probant. Autrement, aucun homme d’un sens respectable n’aurait osé s’exposer en public se permettant par là même de se jeter des fleurs grâce à son projet innovateur (ô malheureux projet réformateur !!). L’un de vos correspondants (du Québec, si ma mémoire est bonne) avait certifié l’échec qu’avait enregistré le même système mis à l’essai outre-Atlantique, cette déchéance- là avait été immédiatement suivie par la «mise au placard» – je me permets de paraphraser notre enseignant... – de ce même programme ! Mais non ! M. Ben ne semble pas se soucier de ces remarques-là — je doute qu’elles n’eussent pas été nombreuses ! —, selon lui «tout va bien» ! (Ne me lancez pas là-dessus, tous les porte-parole des autres très distingués départements gouvernementaux profèrent cette même locution !), eh oui ! Pour Benbouzid, une pauvre élève, ayant pour seul souhait de se lancer dans une carrière brillante dans le secteur médical (tout aussi maladroitement géré que celui cité en sus) tout comme son frère aîné fraîchement diplômé,... elle qui a obtenu son baccalauréat à treize et demi de moyenne (note fort honorable, si l’on prend en considération le fait que les élèves de l’ancien système avaient été outrageusement lésés). Et alors, tout va bien voyons ! Tout va bien aussi pour les professeurs qu’il a lâchement abandonnés face à une faim inassouvie, non pas dus à leur honorable et courageuse grève de faim mais plutôt à une envie impérieuse d’être considérés, respectés ! De faire valoir leurs droits ! Où va donc notre pays ? Que doit-on faire pour pallier cela ? Des manifestations ? Elles seront certainement réprimées et nous opprimés ! Supplier nos gouverneurs ? Supplier notre guide suprême (Monsieur le président)… qu’il intervienne en «proposant» de nouvelles directives à Ben, lui qui paraît se sentir si mal dans sa fonction de ministre de l’Education ? Monsieur le président a certainement plus important à faire… un troisième mandat en perspective, des galas auxquels il doit assister, et des ministères à gérer en assurant la rotation des postes gouvernementaux ! Que nous reste-t-il donc ? Prier le Tout-Puissant ? Eh bien ! Il ne nous reste plus que la force divine pour espérer jouir de cette paix libératrice. Je prie donc Dieu pour vivre assez longtemps afin de voir nos jeunes diplomates tout fraîchement diplômés de l’ENA prendre place au gouvernement, bousculant ainsi ces éternels ministres singeant High Lander (des immortels dignes d'être comparés au comte de Saint Germain !). Enfin, ce n’est qu’en voyant Ben partir que je pourrais dire : «Ô joie... Ben, merci d’avoir cédé place ! Je vous aime… !) Post-scriptum : ils osent s’interroger sur l’émigration, ses causes (conséquences ? Ils n’en ont bigrement rien à faire !), c’est à cause de toutes les niaiseries qui ont été citées plus haut que nous, jeunes Algériens blasés, préférons vivre avec le minimum vital de dignité chez nos compères étrangers que souffrir opprimés sous la gouvernance de vieux malheureux amers s’agrippant aux hauts postes avec une hargne sans aucune commune mesure.
Joey Tribbiani

Nombre de lectures :

Format imprimable  Format imprimable

  Options

Format imprimable  Format imprimable