Mardi 19 Août 2008
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INAÂL BOUHA MAKLA !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Grave crise chez les scouts. Il paraît que rien ne va plus à la
tête de cette organisation. Faut dire aussi que quand des
sexagénaires se promènent encore en short avec les deux
doigts en l’air, forcément, y a…

 

… un truc qui ne tourne pas rond !

 

Ça y est ! Ça recommence ! Faut vite que je retrouve mon flacon de Primperan. Il me faudra bien ça ou quelque chose d’un peu plus fort pour tenir la distance. Des jours, des semaines même avant le 2 septembre et le début du Ramadan, ils nous bombardent. D’abord au Soir. En Une. Bien dégoulinante. De la zlabia bien gluante, bien sucrée et sentant presque le recuit à travers le papier. Ensuite partout, dans les autres quotidiens : «Les prix des fruits et légumes flambent !» «L’UGCCA s’insurge contre la hausse des prix !» «Un Ramadan chaud en perspective !» Un déluge de feu et de fer. Un bombardement au B52. Un raid commando. Une déferlante de bouffe, de prix, de colères à venir, de protestations des petites bourses et de budgets impossibles à tenir. J’en suis même presque étonné de ne pas lire un sujet ou deux sur l’arrivée en force de la viande congelée qui va «aider les ménages à faire face». Comment aussi ne pas s’interroger devant le mutisme de l’office national de la pomme de terre. Allez les copains ! Vous aussi, faites un effort pour rejoindre l’orchestre des litanies pré-ramadanesques. Du coup, plus rien ne marche. Ni Primperan ni autre médication. Je passe à la bassine en plastique que je coince entre les genoux. Et vas-y que te dégobille mon quatre-heures. Bon Dieu ! Sommes-nous donc condamnés à élever au rang de sujet d’intérêt national la réglementation autour de la fabrication de la zlabia ? Sommes-nous condamnés aussi à supporter le reporter de l’ENTV soudain hardi et qui s’en va au marché demander aux vendeurs de fruits et légumes pourquoi ils augmentent leurs prix à quelques jours du mois sacré pour s’entendre répondre la même réponse, l’immuable réponse entendue depuis le premier reportage fait sur cette question à l’approche du premier Ramadan de la première année d’indépendance : «C’est pas de notre faute à nous les vendeurs ! Faut voir avec les mandataires et les grossistes.» Y’en a maaaaaaaaaaaaaarre ! C’est plus un pays, c’est une panse, un énorme et monstrueux estomac. Entre un massacre et un attentat, entre deux égorgements et trois kidnappings, il y a un rot. Un énorme rot. Un rot indécent. Inaâl bouha makla ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

 

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