Grave crise chez les scouts. Il paraît que rien ne va plus à la
tête de cette organisation. Faut dire aussi que quand des
sexagénaires se promènent encore en short avec les deux
doigts en l’air, forcément, y a…
… un truc qui ne tourne pas rond !
Ça y est ! Ça recommence ! Faut vite que je retrouve mon flacon de Primperan.
Il me faudra bien ça ou quelque chose d’un peu plus fort pour tenir la distance.
Des jours, des semaines même avant le 2 septembre et le début du Ramadan, ils
nous bombardent. D’abord au Soir. En Une. Bien dégoulinante. De la zlabia bien
gluante, bien sucrée et sentant presque le recuit à travers le papier. Ensuite
partout, dans les autres quotidiens : «Les prix des fruits et légumes flambent
!» «L’UGCCA s’insurge contre la hausse des prix !» «Un Ramadan chaud en
perspective !» Un déluge de feu et de fer. Un bombardement au B52. Un raid
commando. Une déferlante de bouffe, de prix, de colères à venir, de
protestations des petites bourses et de budgets impossibles à tenir. J’en suis
même presque étonné de ne pas lire un sujet ou deux sur l’arrivée en force de la
viande congelée qui va «aider les ménages à faire face». Comment aussi ne pas
s’interroger devant le mutisme de l’office national de la pomme de terre. Allez
les copains ! Vous aussi, faites un effort pour rejoindre l’orchestre des
litanies pré-ramadanesques. Du coup, plus rien ne marche. Ni Primperan ni autre
médication. Je passe à la bassine en plastique que je coince entre les genoux.
Et vas-y que te dégobille mon quatre-heures. Bon Dieu ! Sommes-nous donc
condamnés à élever au rang de sujet d’intérêt national la réglementation autour
de la fabrication de la zlabia ? Sommes-nous condamnés aussi à supporter le
reporter de l’ENTV soudain hardi et qui s’en va au marché demander aux vendeurs
de fruits et légumes pourquoi ils augmentent leurs prix à quelques jours du mois
sacré pour s’entendre répondre la même réponse, l’immuable réponse entendue
depuis le premier reportage fait sur cette question à l’approche du premier
Ramadan de la première année d’indépendance : «C’est pas de notre faute à nous
les vendeurs ! Faut voir avec les mandataires et les grossistes.» Y’en a
maaaaaaaaaaaaaarre ! C’est plus un pays, c’est une panse, un énorme et
monstrueux estomac. Entre un massacre et un attentat, entre deux égorgements et
trois kidnappings, il y a un rot. Un énorme rot. Un rot indécent. Inaâl bouha
makla ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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