Jeudi 21 Août 2008
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Régions : EL-TARF
Un jardin public à l’abandon et une mémoire souillée


La bêtise humaine n’a pas de limites et les responsables locaux ne prêtent guère attention à leur environnement et celui de leurs concitoyens. C’est réellement leur dernier souci.
Le meilleur exemple est, sans conteste, le jardin public de la commune de Ben- M’hidi, hérité de l’époque coloniale, qui s’est transformé, au cours de ces dernières années, en un véritable dépotoir à ciel ouvert. Le jardin en question contient des espèces d’arbres rares et centenaires. C’est un véritable paradis. Censé être un lieu de détente et de récréation pour les familles en mal de farniente, malheureusement son état délabré et les odeurs nauséabondes et repoussantes qui s’y dégagent rebutent le plus téméraire. Lors d’une émission de Radio-Annaba, en octobre 2007, l’ex-maire qui était en poste en tant que premier édile de la ville, poursuivi par la justice actuellement pour plusieurs chefs d’accusation gravissimes pour sa gestion antérieure, a évoqué l’érection d’une stèle à la mémoire des chouhada de la région et un taux d'avancement des travaux d’aménagement de cet espace de l’ordre de 80%, alors que la réalité était tout autre. Ironie de la situation, le jardin en question qui dispose d’une aire de jeux pour le sport de boules et d’un foyer pour les retraités est mitoyen des bureaux de la daïra de Ben-M’hidi. Il semble que le chef de daïra a d’autre souci que de prendre ce problème à brasle- corps, dénotant par ailleurs son degré de compétence à prendre les doléances des citoyens en charge. Par ailleurs, il faut savoir que l’article n° 34 (Journal officiel n° 31 mai 2007) relatif aux dispositions pénales concernant l’usage des espaces verts est explicite concernant le rôle de la police : «Sont habilités à rechercher et à constater les infractions aux dispositions de la présente loi, les officiers et agents de la police judiciaire et les fonctionnaires dûment mandatés, agissant en vertu des pouvoirs qui leur sont conférés par les lois et règlements en vigueur.» Par ailleurs, dans la même commune, les vestiaires du stade communal Djendli Ali, exécuté par l’armée française dans ce même stade, ont été transformés en bureaux pour la FNTR (Fédération nationale des travailleurs retraités). Ainsi, ce lieu historique et mémorable, qui aurait dû être préservé pour l’histoire et les générations futures, vient-il d’être transfiguré par l’ignominie, la bêtise et l’indifférence de responsables qui n'ont aucun sens de l’histoire et de la mémoire et son importance dans la vie d’un peuple. Reste l’évidence que dans la commune de Ben-M’hidi, les responsables locaux ont assassiné une deuxième fois le moudjahid et martyr Djendli Ali.
Daoud Allam

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