La bêtise humaine n’a pas de limites et les responsables locaux ne prêtent guère attention à leur environnement et celui de leurs concitoyens. C’est réellement leur dernier souci. Le meilleur exemple est, sans conteste, le jardin public de la
commune de Ben- M’hidi, hérité de l’époque coloniale, qui s’est
transformé, au cours de ces dernières années, en un véritable dépotoir à
ciel ouvert. Le jardin en question contient des espèces d’arbres rares
et centenaires. C’est un véritable paradis. Censé être un lieu de
détente et de récréation pour les familles en mal de farniente,
malheureusement son état délabré et les odeurs nauséabondes et
repoussantes qui s’y dégagent rebutent le plus téméraire. Lors d’une
émission de Radio-Annaba, en octobre 2007, l’ex-maire qui était en poste
en tant que premier édile de la ville, poursuivi par la justice
actuellement pour plusieurs chefs d’accusation gravissimes pour sa
gestion antérieure, a évoqué l’érection d’une stèle à la mémoire des
chouhada de la région et un taux d'avancement des travaux d’aménagement
de cet espace de l’ordre de 80%, alors que la réalité était tout autre.
Ironie de la situation, le jardin en question qui dispose d’une aire de
jeux pour le sport de boules et d’un foyer pour les retraités est
mitoyen des bureaux de la daïra de Ben-M’hidi. Il semble que le chef de
daïra a d’autre souci que de prendre ce problème à brasle- corps,
dénotant par ailleurs son degré de compétence à prendre les doléances
des citoyens en charge. Par ailleurs, il faut savoir que l’article n° 34
(Journal officiel n° 31 mai 2007) relatif aux dispositions pénales
concernant l’usage des espaces verts est explicite concernant le rôle de
la police : «Sont habilités à rechercher et à constater les infractions
aux dispositions de la présente loi, les officiers et agents de la
police judiciaire et les fonctionnaires dûment mandatés, agissant en
vertu des pouvoirs qui leur sont conférés par les lois et règlements en
vigueur.» Par ailleurs, dans la même commune, les vestiaires du stade
communal Djendli Ali, exécuté par l’armée française dans ce même stade,
ont été transformés en bureaux pour la FNTR (Fédération nationale des
travailleurs retraités). Ainsi, ce lieu historique et mémorable, qui
aurait dû être préservé pour l’histoire et les générations futures,
vient-il d’être transfiguré par l’ignominie, la bêtise et l’indifférence
de responsables qui n'ont aucun sens de l’histoire et de la mémoire et
son importance dans la vie d’un peuple. Reste l’évidence que dans la
commune de Ben-M’hidi, les responsables locaux ont assassiné une
deuxième fois le moudjahid et martyr Djendli Ali.
Daoud Allam
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