Vox populi : On enterre le rêve

Neuf mois nous séparent de l’élection présidentielle, le bilan objectif des deux mandats écoulés est le suivant :
- échec politique ;
- la politique extérieure en déphasage quasi complet avec la réalité du monde d’aujourd’hui, dont ils ignorent les clés d’entrée majeures, le président et ses «conseillers diplomatiques» et «ambassadeurs chevronnés (??)» octogénaires et septuagénaires interprètent les tendances fortes des relations internationales à travers leur grille de lecture désuète. Les «papys» se trompent d’époque et font de la résistance passive à tout ce qu’ils estiment contraire à leurs intérêts personnels. Même leur légitimité préhistorique ne peut plus cacher leurs multiples déficiences criantes ;
- émeutes, grèves, manifestations, répression, harraga, drogue, mendicité, rapts d’enfants, criminalité, suicides ;
- une maffia prédatrice, qui transfère illicitement les capitaux et les richesses du pays vers l’étranger ;
- une industrie nationale bradée ;
- une privatisation sauvage des entreprises et organismes financiers publics ;
- une économie en ruine ;
- un chômage endémique ;
- une paupérisation accélérée de la population dont les besoins élémentaires ne sont pas satisfaits ;
- une fuite massive des cadres et des ressortissants vers des horizons meilleurs ;
- incompétence et médiocrité de la classe dirigeante, qui impose à la nation ses «qualités» ;
- bureaucratie et son corollaire la corruption généralisée qui minent et terrorisent la société ;
- terrorisme islamiste «résiduel», qui frappe où il veut et quand il veut ;
- paupérisation de la majorité de la population algérienne, dont plus de la moitié est analphabète ou éduquée selon des normes archaïques. Le tableau est sombre, l’Algérie utile se vide et recule et le mal absolu avance inexorablement. Désolé, que peut-on attendre d’un pouvoir où le pardon, l’amnistie et l’indemnité sont des récompenses à des gens très violents ? Désolé, que peut-on attendre d’un pouvoir qui a enterré le programme de relance d’Ahmed Benbitour, qui s'étale jusqu'à la lointaine perspective de 2017 (…) ? Désolé, nous sommes dans un pays où la raison est l’apanage des riches, ce pays est leur éden, les lois sont faites pour eux, par eux et sur mesure pour leurs maîtres de la finance mondiale ! (…) Désolé, nous sommes dans un pays de paysans sans terres, de travailleurs sans emplois, de patriotes sans patrie et de torches allumées par la misère ! Désolé, nous sommes dans un pays où quelqu’un, quand il échoue, ouvre le droit de recommencer, et rebelote ! Désolé, pour sortir le pays de l’impasse durable dans laquelle il se trouve, nous devrons favoriser d’urgence l’émergence d’un homme dont le discours, objectif et pondéré, pourra remobiliser et redonner confiance au peuple algérien traumatisé par sept ans et demi de lutte féroce pour son indépendance et quarante-six ans de monopoles, de frustrations et de brimades diverses, de corruption, de terrorisme sauvage et de régionalisme néfaste. Entre un arbre qui tombe et une forêt qui pousse, mon choix est vite fait, vive la forêt ! Pour madame Khadija, SVP, dessinez-moi le rêve d’un jeune brûlé, humilié, noyé.
Milo Romayssa

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