Le gouvernement Ouyahia a entamé, hier, sa rentrée politique avec le rituel point de presse de son porte-parole, Abderrachid Boukerzaza. Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Occasion pour le ministre de la
Communication de commenter la brûlante actualité nationale de ces
derniers jours. Essentiellement, bien sûr, la dégradation de la
situation sécuritaire et l’affaire du diplomate algérien arrêté par la
police des frontières françaises. «S’agissant de la situation
sécuritaire et pour démentir les commentaires parus çà et là à la suite
des derniers attentats, je tiens d'abord à dire que l’Etat poursuit un
travail au quotidien et inlassable. Et là, je rappelle le contenu du
communiqué du Conseil de gouvernement du 19 août dernier. Aussi, vous me
donnez là l’occasion de faire la déclaration suivante : l’Etat algérien
continuera toujours sa lutte contre le terrorisme jusqu’à son
éradication totale, comme l’a si souvent affirmé le président de la
République.» Ceci étant, Boukerzaza estime que «seule la vigilance reste
l’arme redoutable contre le terrorisme ». «Par leurs actes, ces groupes
ont encore prouvé qu’ils sont au service d’organisations terroristes
mondiales. Mais dans tous les cas de figure, l’Algérie ne renoncera
jamais au choix souverain, car plébiscité par le peuple, qu’est la
réconciliation nationale », dira-t-il. Pour le porte-parole du Conseil
de gouvernement, c’est d’ailleurs «ce choix» qui est la cible des
terroristes, comme ce fut le cas pour la concorde civile ». Des mesures
exceptionnelles ? «Oui, nous avons pris des mesures adéquates pour faire
face aux attentats, mais ne comptez pas sur moi pour vous les dévoiler
ici.»
«Nous prouverons que Hassani est innocent»
Autre affaire d’importance évoquée par le ministre, celle du diplomate
Hassani que les Français ont arrêté le 14 août dernier à Marseille et
accusent d’être impliqué dans l’assassinat d’Ali Mecili en 1987 à Paris.
«Comme beaucoup d’autres affaires du genre, celle de notre diplomate
Hassani Mohamed-Ziane n’a pas besoin de tapage médiatique. Cela dit, les
autorités algériennes ont interpellé les autorités françaises sur cette
affaire et une cellule de crise a été installée au niveau du ministère
des Affaires étrangères. Nous avons fourni des preuves irréfutables
quant à, premièrement, son innocence et, deuxièmement, au fait qu’il
avait été humilié par la police française. » Précisant qu’il avait été
remis en liberté dès le lendemain, soit le 15 août, Boukerzaza affirmera
que via l’ambassade d’Algérie en France, «un comité d’avocats a été
constitué pour sa défense». «D’ailleurs, et j’insiste sur ce point, je
suis convaincu que son innocence sera prouvée dès la prochaine
délibération de l’affaire, à la fin du mois en cours.» S’agissant,
enfin, des travaux du Conseil de gouvernement d’hier, ils ont été
essentiellement dominés par l’examen de l’avant-projet de loi de
finances 2009. «Un avant-projet qui ne prévoit aucune taxe
supplémentaire et établi, pour le moment, sur la base de 37 dollars le
baril de pétrole». «Pour le moment», c’est-à-dire en attendant la
décision de Bouteflika en Conseil des ministres, prévu pour la semaine
prochaine.
K. A.
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