Des citoyens de la ville de Rouïba (wilaya d’Alger) dénoncent le manque d’hygiène et la prolifération des moustiques en cette période de grandes chaleurs. Il semblerait que la municipalité soit victime des appétits de certains qui souhaiteraient s’occuper du nettoyage de l’agglomération moyennant des contrats juteux. Serait-ce le syndrome de Naples ? «C’est anormal, la commune la plus riche du pays est sale !» crie ce
citoyen de la ville de Rouïba au téléphone. Un autre constate que les
moustiques n’ont jamais aussi bien proliféré dans l’agglomération. Un
tour en ville, du côté de la gare ferroviaire et la cité EPLF, entre
autres, indique que la situation n’honore incontestablement pas la
municipalité où sont implantées de grosses entreprises donnant ainsi le
plus grand budget communal du pays. «Les moustiques font courir à mes
gamins le risque des pires maladies», dit ce commerçant de la cité EPLF.
Le commun des citoyens de la ville ne que peut s’irriter de cette
situation pour le moins paradoxale. L’APC est la mieux indiquée pour
donner des réponses. Pour M. Lakrouz, premier magistrat de la commune,
les citoyens ont raison de protester contre ce manque d’hygiène mais
notre interlocuteur qui nous a reçu dans son bureau a tenu à donner à
ses administrés certaines précisions. «Ils nous ont élu pour résoudre
leurs problèmes non pas à entendre nos lamentations. Cependant, je tiens
à les informer des difficultés que nous éprouvons particulièrement en
matière d’hygiène.» Pour lui, la commune (60 000 habitants) ne manque
pas de moyens matériels ni financiers pour une bonne prise en charge du
nettoyage de la ville. M. Lakrouz dresse une longue liste d’équipements
dont dispose son institution avant d’asséner : «Nous manquons seulement
de personnel. Nous ne disposons actuellement que de 15 agents. Or
lorsque j’ai assumé le poste de DEC en 1992, ils étaient au nombre de
36. J’ai demandé l’autorisation pour recruter 30 agents que nous
prendrons sur le budget communal, par quatre fois, la tutelle a rejeté
la demande. » Il nous signale par ailleurs que la commune dispose de
pulvérisateurs et de produits efficaces contre les moustiques mais
qu’elle ne pourrait malheureusement pas utiliser. «Nous voulions acheter
un véhicule léger coûtant seulement 99 millions de centimes et qui
pourrait atteindre les endroits les plus étroits. Nous attendons
l’établissement d’un chèque de Trésor depuis plus d’un mois.», dit-il.
Nous sortons du bureau du P/APC en ayant la nette impression qu’il ne
nous a pas tout dit. C’est finalement un cadre administratif qui , après
avoir eu l’assurance de l’anonymat, finit par nous confier que «par le
passé, la commune sous-traitait tous les travaux. Chacun y trouvait son
compte. On veut absolument pousser la commune à signer des contrats de
sous-traitance. Des pressions viennent de partout». Il introduit en
outre une remarque d’ordre politique : «Certains ne verront pas d’un bon
œil la réussite d’un élu de l’opposition.» Dès lors, les citoyens de la
commune de Rouïba ne peuvent que s’interroger. Leur municipalité
s’acheminerait-elle vers le cauchemar vécu par la ville de Naples
(Italie) ? Pour la petite histoire, la maffia de la ville italienne a
durant de longs mois bloqué le ramassage des ordures et ce, pour des
raisons financières.
Abachi L.
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