Mardi 26 Août 2008
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Régions : SOUK-AHRAS
L’abattage clandestin fait des ravages


Malgré les nombreux contrôles effectués par les services de la répression et de la protection du consommateur, le commerce de la viande issue de l’abattage clandestin a la part belle. Certains consommateurs ont cru cependant que l'importation des viandes fraîches va circonscrire le phénomène de l'abattage clandestin. Chose qui n’est pas évidente à Souk Ahras.
Seulement 1 800 bêtes sont passées par l’abattoir communal de Souk Ahras pendant le premier semestre de cette année dans une wilaya qui consomme 14 500 q de viande rouge par an. Sur les 55 bouchers de la ville de Souk Ahras, une vingtaine au moins évitent l’abattoir pour plusieurs raisons, dont la recherche du gain facile, affirme un vétérinaire du secteur privé. L’opération est estimée coûteuse par les commerçants qui doivent payer la taxe d’abattage réévaluée à 5 DA le kg de bête contrôlée par le vétérinaire qui refuse dans tous les cas d’antenaises destinées à la reproduction. Les abats sont, dans leur majeure partie, confisqués. «Ils constituent un apport financier conséquent, selon un boucher, car ils sont prisés d’une part et, d'autre part, bien écoulés». A vrai dire, le citoyen n’a qu’à arpenter la ruelle avoisinant le marché des fruits et légumes situé à la rue Arirèche- Abdellatif pour voir que la viande rouge non estampillée se liquide à 350 DA le kilo. Un vaste champ est transformé en gigantesque boucherie à ciel ouvert. A deux heures du coucher du soleil, des marchands ambulants viennent proposer aux clients des bêtes qu’ils ont égorgées dans des endroits non conformes sur le plan d’hygiène, puis céder de la viande à des prix dérisoires à une clientèle de plus en plus nombreuse. Au fil des heures, les deux entrées de ce souk sont envahies par ces clients qui s’arrachent les meilleures parties. Le plus choquant à quelques encablures de l’abattoir communal du chef-lieu de la wilaya se trouve une vieille bâtisse au lieudit El Rahba, utilisée comme local d’abattage clandestin. L’affluence sur ces lieux s’explique par les prix pratiqués nettement plus avantageux par rapport à ceux du boucher normal. Il faut le dire, si l’acheteur gagne en fin de compte sur le prix, il se fait toutefois arnaquer par ces bouchers ambulants qui font preuve d’un pouvoir de persuasion très efficace. Le client, convaincu de faire une bonne affaire, essaye d’acheter le maximum mais, malheureusement, il ne faut pas oublier l’adage «à malin, malin et demi». Les bouchers font passer les carcasses de brebis et même de chèvres pour celles d’agneau. Cette tromperie marche très bien, parce que rares sont ceux qui parviennent à faire la différence. Dans la pratique, la brigade des contrôleurs de la DCP a réussi, lors d’une sortie pendant ce premier semestre, à mettre la main sur plus de 100 kg de viande rouge. Il s’agit d’une vache abattue clandestinement, dans les parages de la ville de Souk Ahras. Malheureusement, la quantité saisie est réellement insignifiante par rapport à celle proposée à la vente et les conséquences que cela pourrait avoir sur les citoyens sont lourdes de connotations, car une bête vendue non estampillée, sans certificat sanitaire, véhicule un risque réel sur le consommateur qui est réduit à une panse gloutonne. Le moins que l’on puisse dire est que la louche est loin de la bouche, car les règles d’hygiène ne sont pas respectées par ces spéculateurs.
Barour Yacine

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