A une semaine du mois du jeûne (ou plutôt de la grande bouffe), les étals du marché couvert sont presque vides. Exemple, la pomme de terre, dont le prix a été revu à la hausse, est passé de 17 à 35 DA ! La tomate aussi ne semble pas rougir du prix affiché depuis le début
de la semaine. Il est passé du simple au double de 15 à 30 DA. Les
autres produits sont restés plutôt stables, en attendant la fièvre de la
veille du mois de Ramadhan. Les viandes rouges, notamment l’ovin, n’ont
pas connu d’augmentation puisque leur consommation est restée réduite
pendant la période des chaleurs. Si l’agneau s’est assagi, le poulet ne
l'entend pas de cette oreille, puisque depuis ce matin, il affiche 260
DA le kg, alors qu’il y à quelques jours il était proposé à 180 DA. Les
spéculateurs se frottent les mains d’autant plus que rien ne pourra les
empêcher de saigner à blanc le consommateur qui reste livré à lui-même
(et bien sûr à ses envies ramadhanesques). Ces derniers jours, nous
assistons à des émissions radio qui appellent à la sagesse aussi bien le
consommateur que le commerçant. Bien sûr, ces appels n’auront aucun écho
quand on sait que même les prêches des imams qui dénoncent la
spéculation restent sans effet. Alors, que faut-il attendre des pouvoirs
publics qui, eux aussi, n’ont aucun moyen de contrôle devant la
politique de l’économie de bazar. Les premiers frissons d’automne
s’annoncent chauds et une rentrée sociale agitée et incertaine. La
rentrée scolaire et le Ramadhan ne font pas bon ménage. Des grévistes
désespérés et une menace terroriste qui prend une forme de psychose
partout dans le pays. Après l’attentat sanglant des Issers, Tlemcen a
enterré ses morts dans un climat de tristesse à la veille du mois sacré.
Pour rappel, parmi les victimes de cet attentat, cinq jeunes sont natifs
de Tlemcen. Ils sont partis à la recherche d’un avenir et servir leur
pays, ils sont revenus dans un cercueil. Nos jeunes semblent condamnés
devant un choix : la harga ou le cercueil.
M. Zenasni
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