N’étant plus à présenter, Hadjazi Saïd est un des nombreux entraîneurs forcés à s’exiler et faire le bonheur des équipes étrangères. En vacances à Alger, il en profite pour se confier à nos lecteurs. D’un flash-back à une projection sur l’avenir, il aborde plusieurs aspects de sa carrière handballistique. Le Soir d’Algérie : Alors de retour en Algérie, pour des vacances
?
Hadjazi Saïd : Oh oui, je suis en vacances pour un mois et demi.
J’espère passer des moments agréables avec ma famille et mes amis. C’est
un plaisir de profiter du soleil de Aïn Taya.
Il faut avouer que vous avez disparu du circuit algérien depuis 2004.
La dernière année où j’ai exercé en Algérie remonte à 2004 où j’ai
remporté le titre de champion d’Algérie avec la formation de l’US
Biskra. La saison d’après, en participant au championnat arabe de
Sousse, en Tunisie, les responsables du club Nadi Slikhibat m’ont
proposé de driver leur équipe. J’y suis resté quatre saisons et j’ai
remporté cinq titres. Sans prétention aucune, je peux dire que ces
quatre années constituent une période de rêve et pour moi et pour le
club. D’abord, la première saison a été conclue par le doublé (coupe,
championnat), la 2e saison est ponctuée par la coupe du Golfe, la 3e
saison avec le championnat et la 4e saison par la coupe de l’Ittihad. En
outre, j’ai été 2 fois finaliste du championnat d’Asie. Enfin, cette
saison, ma formation a disputé et perdu la finale de la coupe du Koweït.
Après ce repos, quelle sera votre prochaine destination ?
Tout en gardant d’excellentes relations avec les responsables du club de
Slibikhat qui veulent prolonger mon contrat, je sens la nécessité d’un
changement. Il s’impose de lui-même pour les deux parties. Aussi, pour
la prochaine saison, je serai au club du Shahil, le champion sortant du
Koweït. J’espère avoir fait le bon choix.
Après avoir exercé en Algérie et en Orient, quelle comparaison
faites-vous de ces deux handballs ?
Dans les pays du Golfe, le meilleur handball est celui du Koweït. Je
pense qu’il y plus de rigueur et d’assiduité dans le travail
d’entraînement en Algérie que dans ces pays où les moyens matériels y
sont pourtant plus conséquents. Au Koweït, le championnat national est
disputé par 14 équipes. Chaque saison, le titre est joué entre au moins
huit équipes et le suspense y est garanti jusqu’à la dernière journée.
Les équipes recèlent des joueurs pétris de qualité. Actuellement, la
fédération nationale réfléchit sur la professionnalisation du
championnat. Cela relèverait sa cote.
Après cette comparaison, quelle est votre appréciation précise du
handball algérien ?
Franchement, je ne suis pas de près la compétition en Algérie pour
apprécier le niveau technique. Sur un autre plan, la compétition jouit
au Koweït d’une bonne couverture télévisée contrairement en Algérie où
c’est rare qu’il y ait des retransmissions, en dehors des finales. Donc,
pour apprécier le handball, il faut aller dans les salles. Sans jeter de
fleurs à votre journal, je peux dire qu’il est parmi les rares
quotidiens qui médiatisent régulièrement cette discipline. Je peux dire
que le handball a régressé ces dix dernières années. Il faut plus
d’organisation à partir de la base qui est le club. Malheureusement, la
formation y est insignifiante. C’est le moment de se retrousser les
manches et se remettre au travail. Cette régression de dix ans ne pourra
être comblée en une année. Il faut être patient et ne pas brûler les
étapes.
Mais c’est regrettable de voir les meilleurs entraîneurs algériens
exercer à l’étranger.
C’est regrettable pour notre handball. C’est malheureux que des équipes
étrangères profitent de ces compétences avérées alors que normalement ce
sont les formations algériennes qui devraient en bénéficier.
Que faudrait-il faire pour qu’ils reviennent exercer en Algérie ?
Il faut beaucoup de choses pour les inciter à retourner au pays.
Personnellement, les raisons qui m’ont poussé à aller au Koweït sont
autres que financières. Pour rappel, j’ai exercé dans des conditions
très difficiles et certaines personnes malintentionnées m’ont causé des
problèmes et entravé mon travail. Malgré tout, il y avait un travail qui
a été effectué à Biskra et la preuve est le suspense qui était de mise
alors. Pour la petite histoire, j’étais dans cette formation en tant que
coach, magasinier, kiné et même transporteur. Qu’importait cette charge
de travail, l’essentiel est que le résultat soit positif à la fin avec
le titre de champion comme compensation. Le comble est que, du temps de
l’ancienne fédération, j’ai été traduit à deux reprises en conseil de
discipline car j’avais dénoncé certaines pratiques de cette période-là.
C’était un manque de respect envers des gens actifs et serviteurs de
cette discipline. Cela m’a poussé à m’exiler. Pour moi, mon retour et
celui des autres techniciens doit s’effectuer sur la base du respect
mutuel.
Quel message lancez-vous au prochain président de la FAHB ?
Je souhaite qu’il n’y ait pas de bouleversement. Le futur président et
son équipe fédérale devraient consolider ou améliorer les acquis. La
force des équipes nationales devra passer par une compétition nationale
relevée. Les clubs ont besoin d’orientation dans leur gestion. D’aide
multiforme. Aussi, les responsables de ces clubs devront être
sensibilisés pour qu’ils ne pensent pas seulement ramener des stars et
gagner des titres mais effectuer un travail de formation de longue
haleine. Il faut élargir la pratique handballistique dans toutes les
régions.
Propos recueillis par Ouahid Karimi
Nombre de lectures : 215
|