Mardi 26 Août 2008
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DANS QUELLE LANGUE FAUT-IL TE LE DIRE ?

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
C’est la question que tout le monde se pose après l’annonce
par Moussa Touati de sa candidature à la présidentielle
de 2009 : quel va être son poids dans ce
scrutin ?
 

A vue de nez, je dirais… 72 kg.

C’est tout à fait lui ! Je le reconnais bien là mon Belkhadem. Les bombes explosent, et lui, Abdelaziz 2, ministre d’Etat et conseiller d’Abdelaziz 1er, ne trouve d’autre combat à mener que celui de la défense acharnée de la langue arabe. Ya si Mohamed, le kamikaze chargé de TNT, que tu lui cries «halte !» «stop !» ou «qif !», il s’en bat les boucles de sa barbichette. Sa bombe, il la fera péter, que tu lui baragouines, en arabe châtié, en français ou en tamazight ! C’est valable pour les bombes, mais pas seulement. Les Algériennes et les Algériens qui tombent de pâmoison devant la laitue à 160 DA, tu crois qu’ils ont faim et qu’ils salivent leur race dans une langue particulière ? Crois-tu vraiment que si tu énonces en arabe classique le prix du sucre, de l’huile, de la semoule ou des fruits et légumes aux oreilles du populo, il souffrira moins de rentrer à la maison les mains vides ? En arabe, en français ou en javanais, l’expression «couffin du ramadan» sonnera toujours aux oreilles des Algériens comme une atteinte à la dignité dans un pays pétrolier et gazier. Bonté divine ! Comment se fait-il que dans cette salle blidéenne de ton université d’été, il n’y ait eu personne pour se lever et te dire d’arrêter ton char. Le FLN a été certes détourné de sa mission première, accaparé comme un bien perso, perverti par les islamistes et les avatars du baâthisme, mais il doit bien se trouver quelque part, au fond de la salle, dans un coin d’ombre, une voix, ne serait-ce qu’une seule voix, même fluette, même presque éteinte, même craintive pour te dire : «Barka !». Ça suffit ! Patron du parti majoritaire, tu ne peux pas impunément venir prendre la tête aux Algériennes et aux Algériens avec des problèmes d’arabisation, alors qu’eux ne savent pas à huit heures du matin s’ils rentreront chez eux le soir, à 20 heures, vivants et avec un couffin à la main. C’est tout simplement une insulte aux conditions de vie de 35 millions d’habitants de ce pays que d’oser venir leur parler d’arabisation en ce moment. De l’insulte, ou, plus grave, de la provocation. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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