
Régions : SKIKDA Une famille vit au-dessus d’un puits depuis les années 1970
Une famille de quatre personnes vit depuis les années 1970 au-dessus d’un... puits ! Elle réside dans l’ancienne ferme de Dominique Balestriri, sur les hauteurs de Béni Malek, derrière l’immeuble de l’EPS. La maison, ou ce qui y ressemble, est difficilement repérable, elle
est nichée au milieu d’une série d’autres demeures bâties en parpaing.
Le tout formant un petit douar en milieu urbain caractérisé par une
senteur de moisi et de foin et par une promiscuité invivable. On y
accède par des escaliers aménagés pour la circonstance. D’entrée, c’est
le bêlement des moutons comme générique qui sollicite le système
auditif, un ancien tunnel sert d’abri aux ovins. Quelques effets
vestimentaires suspendus à une corde servent d’agents d’accueil ! La
superficie habitable de la maison implantée sur un puits est de moins de
10 m2, le strict minimum pour contenir du mobilier, deux lits superposés
et un téléviseur 55 cm. L’espace vivable a été aménagé difficilement par
le locataire, Medbouh Madjid, agent à la direction de wilaya de
l’éducation. “Des petits travaux qui m’ont permis d’atténuer l’humidité
et des fissurations facilitant l’accès aux fourmis, rats et serpents” et
d’enchaîner d’une colère retenue : “Malgré cela, la vie demeure très
dure.” La situation dure depuis le milieu des années 1970, où une
famille venue du massif de Collo en quête de stabilité a construit ce
taudis de fortune. Les différentes tentatives de figurer sur une liste
d’attribution de logements sont demeurées vaines. Les commissions en
charge des distributions dans les différentes formules, à savoir
logements sociaux-locatifs, auto-construction, logements aidés et
logements évolutifs ont “oublié” cette famille. Les dates respectives du
dépôt des dossiers, 06/11/93, 12/10/95 et 27/10/96 témoignent de
l’ancienneté de la demande. Certes, et elle est toujours d’actualité,
l’offre a été toujours moindre par rapport à la demande, n’empêche que
l'équité à toujours fait défaut. D’ailleurs, c’est l’une des causes qui
fait que cette famille, qui compte un garçon de 18 ans et une fillette
de 14 ans, vit au-dessus d’un puits en 2008.
Zaïd Zoheïr
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