Dans un point de presse tenu lundi dernier par Abdelaziz Belkhadem à l’issue de l’université d’été du FLN qui s’est terminée à une heure tardive, le secrétaire général de l’instance exécutive de l’ex-parti unique a, en réponse à une question posée par un journaliste, argumenté «le silence du président de la République par rapport aux derniers attentats qui ont endeuillé le pays» par le fait qu’Abdelaziz Bouteflika ne peut pas se prononcer après chaque explosion de bombes. Selon l’orateur, «il est naturel que le président de la République,
qui œuvre continuellement pour atténuer l’ampleur du terrorisme par
l’application, en premier lieu, de la réconciliation nationale et
ensuite par la lutte contre le terrorisme, dénonce ses attentats». Au
sujet de la révision de la Constitution, Abdelaziz Belkhadem éclaircit
la position de son partie qui a, dira-t-il, présenté des amendements
uniquement en ce qui concerne le poste de président. Leur proposition
s’articule, fera-t-il savoir, autour de la condensation de la
responsabilité du président qui sera, en d’autres termes, chef d’Etat et
chef du gouvernement en même temps. «Jamais nous avons parlé de
président à vie», soutient Abdelaziz Belkhadem. Tout comme, ajoutera-
t-il, son parti a suggéré le rajout de la fonction de contrôle
institutionnelle dans la constitution et la protection des secteurs
publics. A cet effet, il nie de but en blanc la proposition faite par le
FLN quant à l’option du poste de vice-président. A la question de savoir
si le président de la République présentera sa candidature pour un
troisième mandat, Abdelaziz Belkhadem dira : «Si Bouteflika n’est pas
convaincu pour un troisième mandat, nous le convaincrons car c’est
l’appel de l’Algérie profonde.» Le secrétaire général de l’instance
exécutive du FLN revient sur l’utilisation de la langue arabe dans
l’enseignement à l’université : «Notre démarche s’inscrit dans la
concentration de la langue arabe à l’université et cela ne veut point
dire l’exclusion des autres langues vivantes». Et d’ajouter : «La langue
arabe est loin d’être stérile. La stérilité réside en ses enfants.» Il
donnera l’exemple de certains pays qui utilisent la langue vernaculaire
dans l’enseignement dans les universités tels que la Malaisie ou l’Etat
d’Israël qui est en train de «ressusciter une veille langue juive, celle
du Yiddish pour la mettre au service de l’enseignement». Quand bien même
il dira qu’il n’a rien contre le français et qu’il a fait ses études
supérieures dans cette langue, il ajoutera que sur les deux cents
meilleures universités du monde, aucune n’enseigne en langue française,
laquelle langue ne constitue que 4 % de la banque de données en matière
d’information.
M. B.
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