L’opéra d’Alger (aujourd’hui Théâtre national d’Alger, TNA) a été inauguré le 29 septembre 1853. C’est l’œuvre de F. Chassériau et de l’architecte toulonnais Ponsard. Sa réalisation dura trois ans : de mai 1850 à septembre 1853. Certains matériaux de sa façade ont été importés d’Arles et de Valence. Au début, son édification était prévue par l’administration coloniale
sur la place du Gouvernement (place des Martyrs). Finalement, on préféra
l’axe du futur square Bresson (Port Saïd), prévu pour 1 119 places. La
salle de l’opéra est agrandie en 1860 puis en 1871. Elle comptera 1 534
places jusqu’à l’incendie de 1882.
Sur les ruines de la Djenina
L’opéra fut construit sur le terrain d’une ancienne caserne des gardes
turcs. Confié à l’entreprise Sarlin, il fut financé par les ruines de la
Djenina qui avait été bâtie en 1662 par le pachalik Ismaël. La Djenina
s’étendait du centre-ouest de la place du Gouvernement à la rue Djenina.
Elle comptait de nombreux bâtiments dont le palais du sultan construit
par Salah Raïs, de 1552 à 1556, la mosquée Djamaâ Echchouach, Dar Ahmed
: harem du dey Hamed (ex-rue Bruce) assassiné en 1805, les fours et les
magasins de la manutention. Le petit jardin (djenan) donna son nom à
l’ensemble des constructions. Les pachas d’Alger habitèrent la Djenina
jusqu’en 1817. A partir de cette date, Ali Ben Hamed, avant-dernier
pacha d’Alger, se retira à La Casbah. En 1845, un incendie ravagea une
grande partie de ce quartier.
L’incendie de l’opéra
En 1882, un incendie détruisit l’opéra d’Alger. Seuls les murs
extérieurs furent épargnés. L’architecte Oudot y apporta alors quelques
transformations : la scène et les décors de l’arrière-scène sont
agrandis par une salle hispano-mauresque dans les sous-sols du marché de
la Lyre (Bouzrina). Le nombre de places passe à 2 095. La façade
conserve son style et son décor. Taphoureau et Guermonprez donnent une
touche plus moderne à la salle en 1936. Elle sera complètement relookée
en 1969 à l’occasion du festival de la musique panafricaine.
Sabrina L.
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