Le JT présidentiel
Je voulais seulement voir ce que nos jeunes sportifs ont fait au
cours de cette journée à Pékin. D’autant que la petite Sonia Haddad nous
a ouvert l’appétit et fait rêvé à d’autres médailles. J’ai donc allumé
ma télévision pour regarder le JT de 20h sur l’unique. Ce que je n’ai
pas fait depuis des années. 16 min, c’est la durée qu’a mis le
journaliste pour nous informer de la visite de notre président en Iran.
Embrassades, hymnes nationaux, marche le long du tapis rouge, réunion
dans le salon présidentiel et le dîner donné en son honneur. Tout a été
montré. Est-il nécessaire de prendre un temps aussi long pour annoncer
une visite présidentielle dans un autre pays ? Et quand, enfin, on passe
au deuxième sujet, j’entends, monsieur le PDG de l’ENTV, dire qu’au mois
de Ramadan les programmes de l’unique seront en majorité une production
nationale. Je cours flasher mon démo !
Robin Dubeton
La rumeur ne tue pas
«Cette année, ce sera entre 4% et 6%, c’est un responsable de la CNR
qui nous l’a dit.» «Non, rétorque un autre, notre Président va nous
donner 8 % d’augmentation, c’est écrit dans son programme.» «C’est vrai
dans la perspective du 3e mandat», intervient un troisième. La
discussion s’échauffa quand l’un d’eux sortit de sa torpeur pour leur
dire : «Celui qui compte seul…» Il est interrompu sèchement par un autre
: «Laisse-nous au moins rêver pour continuer de survivre.» C’est la
discussion d’un groupe de retraités, agglutinés autour d’un semblant de
banc public, rapportée telle qu’entendue. On dit que la rumeur tue, là
au moins elle trouve crédules et affabulateurs qui en jouissent et la
véhiculent pour réduire leur inconfort psychologique et leur état de
misérables.
M. Benrebiaï
La médaille dort
Evitant le sprint car les Américains y sont imbattables, ne parlant
surtout pas du judo devant les Japonais, et de grâce pas de lancer de
poids en présence d’un Belarusse, qu’ont-ils de plus que nous pour
prétendre à l’or ? Des jambes, des bras, des cœurs ? On en a tous,
qu’est-ce qui fait la différence ? Pourquoi ils ont 100 médailles,
messieurs les responsables sportifs, alors qu’on a que dalle ? Ne vous
dérangez pas, je vais répondre à votre place. Moyens, encadrement,
motivation sont leurs maîtres mots. On est à des années lumière de ces
nations ; elles ont fait le triple-saut et se sont retrouvées de l’autre
côté, dans la cour des grands. Une perche pourrait nous hisser en haut,
encore faut-il qu’on veuille y arriver. Alors, dort médaille d’or, tu ne
nous es pas destinée, on n’a pas mis assez d’argent pour te décrocher. A
l’heure où les autres travaillent, nous on bronze. Ça expliquerait
peut-être qu’on ait souvent la cuillère de bois.
Osman C.
Folie à Merouana
Des jeunes voyous, qui coupent exprès les pots d’échappement des
motocyclettes pour faire de la journée et de la nuit un enfer en toute
impunité et en passant même sur les services qui sont supposés les
interpeller, en sachant que ces sans-scrupules ne possèdent aucun papier
légal de leurs machines à bruit. Une formation d’un groupe nommé El
Fantazia. Par malheur, les fêtes de nos jours ne sont plus les jeudis
mais toute la semaine, ces groupes tirent avec des engins qui
ressemblent à des mortiers et qui donnent à Merouana quotidiennement le
visage de Kaboul en plein bombardement, en sachant que les terroristes
peuvent profiter de ces tirs pour perpétrer des carnages. Une autre
question se pose là-dessus à messieurs les «Fantazimen» : où étiez-vous
en 1994 pour tirer dans les fêtes et au moins défier les terroristes
islamistes ? Et est-ce que cette pratique est légale ou est-ce qu’on est
dans une jungle ? Les routes de la ville sont devenues plus rapides que
les circuits de Formule 1 avec des inconscients qui roulent à une
vitesse vertigineuse malgré les nombreux accidents qui ont coûté la vie
à des enfants innocents et en toute impunité. Des disquaires qui ne
possèdent même pas des registres du commerce et qui mettent la musique
si fort que la sieste est devenue un luxe pour la population de Merouana.
Merouana qui était belle et paisible est devenue de nos jours un enfer
où toutes les folies sont permises, ses citoyens ne savent plus à quel
saint se vouer. Est-ce que l’Etat va intervenir un jour pour mettre un
terme à cette anarchie dont souffrent les Merouaniens ou est-ce qu’ils
leur reste juste l’alternative de fuir la ville pour aller s’établir
dans les montagnes avoisinantes ?
B. Habib Merouana
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