Mercredi 27 Août 2008
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Vox populi : L’Algérie, un immense réservoir d’hommes

Un homme est présenté comme un ensemble parfait considéré du point de vue moral, il se caractérise par une panoplie de traits. «As-tu calculé le degré de l'homme ?»
Vois son échelle : l'homme inique, l'homme dépravé, l'homme sensuel, l'homme sensible, l'homme moral, l'homme sapientiel, l'homme spirituel, l'homme devin (Saint- Martin, homme désir, 1790) Où sont les hommes ? Question embarrassante, vous conviendrez avec moi que cette question est fort énigmatique, susceptible de comporter une idée sous-jacente, si je l'appréhende sous l'angle intuitif. Ne désirant pas m'aventurer dans des supputations, je me contenterai de répondre à vos préoccupations dans l'espoir d'assouvir votre curiosité en ne retenant que le grief, objet de votre écrit repris en rubrique. Je comprends votre inquiétude et je m'associe à votre ras-le-bol pour condamner vigoureusement ce genre de pratiques. Ce phénomène urbain n'existait pas par le passé, il a fait son apparition au lendemain des profondes mutations intervenues dans le système économique, socioculturel. Une conception courante de la «culture» consiste à la regarder comme formée de quatre éléments indissociables : les valeurs, les normes, les institutions, les artefacts. Les pays d'Europe occidentale (France, Allemagne, Grande-Bretagne...) puisent leurs valeurs dans la Bible, nous autres dans le saint Coran, mais avec une tendance progressive ces dernières années de les abandonner au profit d'une autre culture apparentée au «diffusionnisme» (F. Boas et w.h.r Rivers) nonobstant, le danger que cela comporte quand ce concept conçoit la rareté du génie humain. Ce qui vous arrive comme ce qui arrive à nos femmes tous les jours, n'est pas sans origine connue. Prions encore Dieu que le harcèlement moral et sexuel au travail n'a pas atteint des proportions alarmantes. Les rapports Nord/Sud, inscrits dans les dossiers prioritaires de la «mondialisation», favorisent la propagation des valeurs occidentales et érodent les langues et les mémoires ancestrales. Les pays décolonisés affichent des réactions contrastées allant du refus de l'impérialisme culturel à l'attirance du modèle occidental. Sans rien vous apprendre, la «mondialisation », supposée constituer un seul pôle de surcroît positif, n'est qu'un leurre, le pôle négatif, mais latent et dont on évite d'en parler, elle est représentée sous la forme de gigantesques tentacules qu'elle étend pour l'internationalisation des langues, des institutions et des modèles de gestion, objectif qu'elle atteindra probablement, mais échouera dans sa tentative de briser le «particularisme culturel» grâce au concours et à la vigilance des hommes opérant au plus haut niveau de l'Etat et dans la vie publique. Les hommes se raviseront pour se réfugier dans ce qui fait leur identité et leur particularité, car l'homme a besoin de ses racines culturelles et s'y attache d'autant plus qu'il se sent menacé par l'hégémonie que représente la puissance étrangère. Comme disait un ami, il n'y a que le passé mémorable qui mérite d'être rappelé au souvenir. Sans les hommes, on n'aurait jamais accédé à notre indépendance, sans les hommes on n'aurait jamais fait l'admiration de l'étranger dans les années 1970 par les prouesses réalisées dans notre développement à l'image du modèle japonais, sans les hommes on n'aurait jamais réalisé l'exploit d'organiser un festival unique en son genre (Panafricain, 1969), sans les hommes pour former des hommes compétents et intègres, sans les hommes, l'Algérie n'aurait jamais retrouvé sa place dans le circuit international est associée aux grandes questions du XXIe siècle, sans les hommes il n’y aurait jamais eu de femmes pour occuper de hautes fonctions au sein de l'Etat et de l'administration et j'en passe. On est homme avant de devenir citoyen. Pour conclure, je vous rassure mesdames, que l'Algérie constitue un immense réservoir d'hommes dotés d'une faculté cardinale, «la raison » pour gouverner les mœurs et régner sur les passions.
Meilleures salutations,
Mohamed (Belcourt)

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