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Belkhadem s’en prend violemment aux francophones
et à la langue française.
Ghalbou ramdhan, bark !
Saluons le retour du porte-parole du gouvernement et de ses points de presse
«traditionnels ». Moi, j’aime bien ces rendez-vous-là. Ça me permet de vérifier
que les «frères du haut» sont encore là, bien là, toujours prêts à nous
étonner et toujours partants pour une sortie désopilante. Et dans ce cadre,
Boukerzaza ne pouvait pas décemment rater sa rentrée. Il a fait fort en déclarant,
à propos des derniers attentats terroristes : «C’est la réconciliation
nationale qui est ciblée à travers ces attentats !» Tu vois, ce genre de déclarations,
tu voudrais les faire toi, que tu n’y arriverais pas. T’auras beau t’entraîner
tout l’été, suer du paletot à répéter, ne t’accorder aucun répit pour
être prêt le jour «J», tu n’y arriveras quand même pas. Lui, si !
Tranquille, reposé, frais, le teint hâlé et l’œil vif, il se plante devant
toi et annonce tout de go que l’objectif des kamikazes, c’était la réconciliation
nationale. Dans un premier temps, tu te pinces en te disant : «On n’a pas dû
vivre le même enfer ni voir le même film d’horreur.» Ensuite, vu que le
gars semble vouloir insister et donne même l’impression d’être sûr de son
fait, t’as plus qu’une seule chose à lui dire : M’sieur, j’ai beau
chercher dans tous les bilans des derniers attentats terroristes, je ne trouve
nulle part trace d’une victime répondant au nom de réconciliation nationale.
J’ai bien là sous les yeux les noms de tous ces enfants bacheliers qui ont été
déchiquetés par la bombe des Issers au moment où ils attendaient d’entrer
dans l’Ecole de gendarmerie pour y subir un test. J’ai aussi sous les yeux
les noms des Algériens travaillant pour SNC Lavalin et explosés dans leur bus.
J’ai aussi les noms des deux militaires responsables des secteurs opérationnels
à Jijel. J’ai tout çà, M’sieur et d’autres noms encore, mais point de
victime identifiée sous le patronyme de réconciliation nationale. On a dû mal
vous renseigner M’sieur. C’est la gueusaille qui crève sous les bombes. La
réconciliation nationale, elle se porte comme un charme. Et pardi ! Comment ne
se porterait-elle pas bien la diablesse qui actionne à chaque fois la ceinture
de ses régiments de fous de Dieu ? Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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