Mercredi 27 Août 2008
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Y A ERREUR SUR LA CIBLE, M’SIEUR !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
 

Belkhadem s’en prend violemment aux francophones
et à la langue française.
 

Ghalbou ramdhan, bark !

Saluons le retour du porte-parole du gouvernement et de ses points de presse «traditionnels ». Moi, j’aime bien ces rendez-vous-là. Ça me permet de vérifier que les «frères du haut» sont encore là, bien là, toujours prêts à nous étonner et toujours partants pour une sortie désopilante. Et dans ce cadre, Boukerzaza ne pouvait pas décemment rater sa rentrée. Il a fait fort en déclarant, à propos des derniers attentats terroristes : «C’est la réconciliation nationale qui est ciblée à travers ces attentats !» Tu vois, ce genre de déclarations, tu voudrais les faire toi, que tu n’y arriverais pas. T’auras beau t’entraîner tout l’été, suer du paletot à répéter, ne t’accorder aucun répit pour être prêt le jour «J», tu n’y arriveras quand même pas. Lui, si ! Tranquille, reposé, frais, le teint hâlé et l’œil vif, il se plante devant toi et annonce tout de go que l’objectif des kamikazes, c’était la réconciliation nationale. Dans un premier temps, tu te pinces en te disant : «On n’a pas dû vivre le même enfer ni voir le même film d’horreur.» Ensuite, vu que le gars semble vouloir insister et donne même l’impression d’être sûr de son fait, t’as plus qu’une seule chose à lui dire : M’sieur, j’ai beau chercher dans tous les bilans des derniers attentats terroristes, je ne trouve nulle part trace d’une victime répondant au nom de réconciliation nationale. J’ai bien là sous les yeux les noms de tous ces enfants bacheliers qui ont été déchiquetés par la bombe des Issers au moment où ils attendaient d’entrer dans l’Ecole de gendarmerie pour y subir un test. J’ai aussi sous les yeux les noms des Algériens travaillant pour SNC Lavalin et explosés dans leur bus. J’ai aussi les noms des deux militaires responsables des secteurs opérationnels à Jijel. J’ai tout çà, M’sieur et d’autres noms encore, mais point de victime identifiée sous le patronyme de réconciliation nationale. On a dû mal vous renseigner M’sieur. C’est la gueusaille qui crève sous les bombes. La réconciliation nationale, elle se porte comme un charme. Et pardi ! Comment ne se porterait-elle pas bien la diablesse qui actionne à chaque fois la ceinture de ses régiments de fous de Dieu ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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