Actualités : BELKHADEM TENTE DE SUSCITER LE SUSPENSE
L’absence de concurrents désoriente le clan présidentiel


Abdelaziz Belkhadem revient à la charge. «Même s’il n’a pas la volonté ou la conviction de présenter sa candidature, nous lui ferons changer d’avis», disait en substance le numéro deux du FLN en marge de l’université de son parti tenue à Blida.
Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Il parlait bien sûr de la candidature de Bouteflika à sa propre succession en avril 2009. Qu’est-ce qui aurait pu motiver cette déclaration ? Bouteflika a-til dit renoncer à son vieux projet de révision de la Constitution dans l’objectif justement de supprimer l’article 74 l’en empêchant ? Pas publiquement en tout cas. Et rien, absolument dans la démarche d’ensemble du pouvoir ne plaide dans ce sens. Ainsi, si Abdelaziz Belkhadem est dans son rôle, lui dont «l’allégeance en permanence» à Bouteflika reste la seule feuille de route tant à la tête du FLN que lorsqu'il était aux commandes du gouvernement, il faut quand même se rappeler les premières déclarations de Ouyahia au lendemain même de son retour à la chefferie du gouvernement le 23 juin dernier. «J’ai aucun complexe à l’affirmer. J’appartiens à un camp politique et à ce titre, j’ai une mission à accomplir (...). L’une des priorités de ce gouvernement, c’est de préparer les prochaines échéances politiques capitales qui nous attendent : la révision de la Constitution et l’élection présidentielle.» Le même Ouyahia, lors d’une conférence de presse en marge du congrès de son parti, le RND, à la fin du mois de juin dernier, annonçait, affirmatif : «Oui, la révision de la Constitution aura lieu. Via le Parlement, inévitablement. » Quant au premier concerné, qui a déjà repris avec ses sorties dans les wilayas, même si «la santé et la sécurité» ne suivent pas souvent lui interdisant par exemple ces «bains de foule spontanés», il avait presque annoncé sa candidature même sans le dire ! Comment ? Un troisième plan spécial quinquennal, doté d'un budget astronomique, sera lancé dès 2009 ! En attendant, les fonds consacrés aux lois de finances, celle complémentaire pour 2008 et celle de 2009, passent, eux, du simple au double. Il s’agit là d’une campagne électorale tellement évidente qu’aucune «grosse pointure » n’a osé s’en mêler. «Le traumatisme 85%» est encore là, en effet, pour dissuader les ambitions politiques les plus coriaces. D’ailleurs, en d’autres circonstances ou sous d’autres cieux, à pareille distance dans le temps d’une échéance présidentielle, la campagne des candidats aurait atteint son paroxysme. Et tout compte fait, c’est cette absence de concurrents et donc de crédibilité qui semble le plus inquiéter le clan présidentiel, incarné par Belkhadem, que le «doute» quant aux intentions réelles de Bouteflika.
K. A.





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