«Commission nationale de soutien à la révision de la Constitution et revendication d’un troisième mandat et d’un régime présidentiel». Ce long «paragraphe» est la dénomination officielle d’un comité de soutien à Bouteflika ! Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Bien sûr, agréée alors que le
ministère de l’Intérieur bloque des centaines de dossiers de demande
d’autorisation de constitution d’associations, cette étrange
organisation en est déjà au stade des dissidences ! A travers une pile
de documents, transmis hier à notre rédaction, nous avons ainsi appris
que, d’abord, le président de cette commission a démissionné,
qu’ensuite, les «membres fondateurs» se sont réunis au siège d’un
journal dénommé El izza oual karama, dont le siège est à Sidi-Bel- Abbès.
Et, qu’enfin, ces «membres dissidents», qui ont nommé un vice-président
et un porte-parole, contestent une rencontre devant se tenir,
aujourd’hui même à Biskra, au nom de ce même comité. L’équipe de
Sidi-Bel- Abbès accuse celle de Biskra d’être «des imposteurs et des
régionalistes». Cet épisode offre une parfaite caricature de la
situation politique actuelle. A sept mois d’une échéance capitale,
l’élection présidentielle, le président sortant, que la Constitution
devrait théoriquement écarter du pouvoir dès avril 2009, dispose de
«comités de soutien » qui s’entre-déchirent, alors même qu’aucun
candidat concurrent n’est là ! Des «comités de soutien» en fait non pas
à un candidat mais à un... «changement de régime de gouvernance» afin de
permettre à l’actuel président de demeurer au pouvoir ! Bouteflika, qui
changera la Constitution, qui se présentera à sa propre succession et
qui dispose déjà de tous les partis et des organisations du pouvoir,
avait-il besoin de parasiter davantage la scène politique avec ce genre
de «comités» qui reviennent tout de même assez cher au contribuable ?
K. A.
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