|
Algérie. Confirmation de l’information qui circulait déjà
ces derniers jours : début demain à l’aube d’une grève
monstre. Le débrayage devrait durer…
… 30 jours !
Le parallèle est saisissant. Au moment où plus de deux cents jeunes Algériennes
et Algériens, entre mineurs et fraîchement majeurs, tentaient de s’évader
du pays en barque, en flottille de barque, l’UNJA, l’organisation
officiellement chargée des problèmes de jeunesse, se crêpait le chignon et
menait une bataille «homérique» autour d’un sujet ô combien capital :
faut-il oui ou non garder l’actuel secrétaire général de cette organisation
et si non, qui pour succéder à Mohamed Madani ? Appréciez au passage cette
qualité indiscutable de l’UNJA. Elle est en phase avec le quotidien des
jeunes. Eux se jettent en mer par désespoir et «leur» organisation s’étripe
pour un siège, el koursi ! Bon Dieu ! Lorsque qu’on fait de la rigueur son
credo, d’entrée de jeu comme cela a été annoncé avec l’installation
d’Ouyahia, on doit être en mesure de demander des comptes à une organisation
dont l’intitulé exhibe bien en évidence le mot «jeunesse» et qui est
incapable de proposer le bout du bout du soupçon d’une solution à la galère
des harraga. Qu’il s’appelle Mohamed, Saïd, Kaddour ou Saliha, il doit être
possible, normalement, de convoquer le patron de l’UNJA pour lui poser cette
simple question : M’sieur, l’Etat algérien vous finance pour vous occuper
des problèmes de jeunesse. Et plus il vous finance, plus les jeunes fuient ce
pays. Nous voudrions des explications ! Bien sûr, ce genre d’auditions est
valable pour un tas d’autres organisations dont on se demande si elles ont
encore une activité en rapport avec leur intitulé générique. Mais chut ! Ne
dérangeons surtout pas ces messieurs de la «Mounadhama el djamaâouia», ces
fonctionnaires de la jeunesse dans leur fort intéressant débat sur le sort de
l’actuel SG. C’est tellement plus captivant que de prêter l’oreille aux
grondements des flots et aux nuées d’oiseaux qui se partagent, avec les
poissons, les cadavres d’enfants. Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
|