Belkhadem n’est plus apparu en public depuis plusieurs jours.
Je suis mort d’inquiétude !
Le chef du gouvernement a raison ! Il est malsain d’ouvrir ses colonnes et
ses pages à des émirs tangos. On n’offre pas de tribune à des bouchers, même
rangés du hachoir. Sauf que – y a toujours un sauf que après un compliment
au Premier ministre — le conseil ferme qu’a donné si gentiment Ouyahia aux
journaux, il devrait d’abord — et c’est un conseil tout aussi gentil —
le formuler à l’Etat qu’il représente. Aux institutions officielles
d’abord de ne pas se donner en balcon aux chefs terros. A ce propos, j’ai
une anecdote que je m’en vais vous narrer. C’est ramadan, nous avons le
temps ! Journaliste à la radio, présentant l’édition matinale de la III,
j’ai vu débouler un jour, aux aurores, mon directeur de l’époque. Il avait
à la main le communiqué officiel portant réédition de l’AIS. J’avais
consigne de le lire. Intégralement. Je le fis. Mais pas intégralement. Jugeant
que je ne pouvais pas prononcer le nom Madani Mezrag sans le faire précéder de
sa fonction, de ce qu’il était et de ce qu’il est aujourd’hui encore.
J’ai donc dit à l’antenne, à haute et à intelligible voix, «le
terroriste Madani Mezrag». C’était le matin, à 7h05. A midi, la direction
de la Chaîne me signifiait ma suspension d’antenne. Plus précisément
l’interdiction durant quatre mois de présenter le journal ou de faire un
papier sur l’actualité nationale. On m’invita alors à m’intéresser au
vaste monde et à la foultitude de choses intéressantes qui s’y passaient.
Mais surtout pas à l’actualité algérienne. Voilà ! Anecdote racontée.
Tout cela pour dire que nos chers dirigeants, toutes périodes confondues, avant
de demander aux plumitifs que nous sommes de ne pas servir de plateforme de
propagande aux groupes terroristes devraient d’abord régler une bonne fois
pour toutes un dilemme qui semble les parasiter depuis un moment : les terros,
c’est des gens bien, des personnalités avec lesquelles on peut dialoguer,
fraterniser, pactiser, exhiber lors des campagnes électorales comme de beaux
bibelots de la paix retrouvée, ou alors c’est de la vermine qu’il faut écraser,
pulvériser, anéantir ? Qu’on nous le dise, bark ! Et je ne terminerais pas
sans rappeler deux autres faits : un émir du GIA a assisté en VIP à
l’enterrement du numéro 2 des Renseignements généraux. Je n’ai entendu
personne dans les rangs du régime rouspéter devant cette tribune mortuaire
ouverte sous les pieds de ce tango. Excepté Ouyahia, je le lui reconnais, pour
la vérité. Deuxio : Belhadj a insulté en public la mémoire du défunt Smaïn
Lamari. Le ministre de la Défense a réagi en promettant que le gnome vert
allait payer pour ses déclarations cruelles et pour cet acte de véritable
profanation. Cette promesse n’a pas été tenue. Je tenais pour ma part à le
rappeler. Pour que le débat autour de la publicité à faire ou à ne pas faire
aux tangos soit un peu plus complet qu’il n’est engagé actuellement. Je
fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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