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Communiqué dans l’intérêt des ménages : «Sonelgaz s’excuse
auprès de ses abonnés pour le retour accidentel du courant
électrique. L’entreprise promet un rétablissement rapide…
…des coupures !»
Une idée folle. Le genre d’idées folles qui décident toutes seules de
vous prendre en traître en se pointant dans votre cerveau et en refusant tout
net d’en sortir. L’une de ses idées folles a investi ma caboche, tard dans
la nuit, pendant un sommeil pourtant alourdi par une chorba fric carabinée : et
s’il y allait sans passer par l’amendement de la Constitution ? Vous voyez
le genre d’idées folles. De celles bien vicieuses, bien tordues, bien agrippées
une fois dans la place. Dans un premier temps, j’ai essayé de réagir en gus
cartésien. Je me suis dit «d’accord, cette idée folle m’a pris en traître,
durant la nuit. Là, c’est le matin, je suis réveillé, et donc en mesure de
réfléchir, de raisonner». Fort de cette trouvaille, j’ai opposé tous les
arguments logiques et usuels à la folie de mon idée folle. Ainsi, j’ai tenté
d’imaginer des manifestations monstres d’Algériennes et d’Algériens
sortis protester sous les balcons d’El Mouradia contre ce passage en force
vers le 3e mandat. J’ai eu beau essayer d’imaginer. Rien ! Walou ! L’image
d’une émeute populaire contre un enjambement éhonté de la Constitution ne
s’est même pas affichée en face de mes mirettes. Pas plus d’ailleurs que
celle de députés et de sénateurs qui dénonceraient bruyamment et
vigoureusement l’impasse totale sur la Constitution. J’ai aussi pensé très
fort aux réactions internationales. Et là encore, échec cuisant. Très
franchement, je ne vois pas l’Amérique de Bush et de sa pianiste Rice ni même
d’ailleurs celle d’Obama menacer le palais d’Alger de représailles après
ce coup de force constitutionnel. Je vois encore moins le petit prince de
l’Elysée s’indigner du fait du prince algérien, Sarkozy ayant d’autres
chats à fouetter et d’autres Rolex à astiquer en ce moment. Mon idée folle
jubilait littéralement de me voir ahaner à la recherche d’un argument massue
qui la chasserait de mon crâne. Plus je cherchais, plus elle ricanait de mes
vaines tentatives. Plus je la traitais de folle, plus elle insistait pour déployer
sous mon nez ahuri une carte du monde, pointant du doigt l’Algérie. Que
fallait-il donc que je comprenne à travers son geste ? Peut-être un truc tout
simple, tout bête, aussi bête que l’arbitraire : ce sont les hommes, ces
grands fous qui décident seuls qu’une idée est folle ou pas. Depuis cette découverte,
je ne touche plus à la chorba fric. Et j’ai doublé la ration de thé que je
fume le soir pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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