Lundi 08 Septembre 2008
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UNE IDÉE FOLLE, UN PEU, BEAUCOUP, PAS TROP …

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
 

Communiqué dans l’intérêt des ménages : «Sonelgaz s’excuse
auprès de ses abonnés pour le retour accidentel du courant
électrique. L’entreprise promet un rétablissement rapide…
 

…des coupures !»

Une idée folle. Le genre d’idées folles qui décident toutes seules de vous prendre en traître en se pointant dans votre cerveau et en refusant tout net d’en sortir. L’une de ses idées folles a investi ma caboche, tard dans la nuit, pendant un sommeil pourtant alourdi par une chorba fric carabinée : et s’il y allait sans passer par l’amendement de la Constitution ? Vous voyez le genre d’idées folles. De celles bien vicieuses, bien tordues, bien agrippées une fois dans la place. Dans un premier temps, j’ai essayé de réagir en gus cartésien. Je me suis dit «d’accord, cette idée folle m’a pris en traître, durant la nuit. Là, c’est le matin, je suis réveillé, et donc en mesure de réfléchir, de raisonner». Fort de cette trouvaille, j’ai opposé tous les arguments logiques et usuels à la folie de mon idée folle. Ainsi, j’ai tenté d’imaginer des manifestations monstres d’Algériennes et d’Algériens sortis protester sous les balcons d’El Mouradia contre ce passage en force vers le 3e mandat. J’ai eu beau essayer d’imaginer. Rien ! Walou ! L’image d’une émeute populaire contre un enjambement éhonté de la Constitution ne s’est même pas affichée en face de mes mirettes. Pas plus d’ailleurs que celle de députés et de sénateurs qui dénonceraient bruyamment et vigoureusement l’impasse totale sur la Constitution. J’ai aussi pensé très fort aux réactions internationales. Et là encore, échec cuisant. Très franchement, je ne vois pas l’Amérique de Bush et de sa pianiste Rice ni même d’ailleurs celle d’Obama menacer le palais d’Alger de représailles après ce coup de force constitutionnel. Je vois encore moins le petit prince de l’Elysée s’indigner du fait du prince algérien, Sarkozy ayant d’autres chats à fouetter et d’autres Rolex à astiquer en ce moment. Mon idée folle jubilait littéralement de me voir ahaner à la recherche d’un argument massue qui la chasserait de mon crâne. Plus je cherchais, plus elle ricanait de mes vaines tentatives. Plus je la traitais de folle, plus elle insistait pour déployer sous mon nez ahuri une carte du monde, pointant du doigt l’Algérie. Que fallait-il donc que je comprenne à travers son geste ? Peut-être un truc tout simple, tout bête, aussi bête que l’arbitraire : ce sont les hommes, ces grands fous qui décident seuls qu’une idée est folle ou pas. Depuis cette découverte, je ne touche plus à la chorba fric. Et j’ai doublé la ration de thé que je fume le soir pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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